משנה ברורה

Michna Beroura — siman 571

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Qui sont ceux qui pèchent en s’astreignant au jeûne
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Qui peut jeûner est appelé saint ; qui s’affaiblit sans le pouvoir est appelé fautif. Un talmid hakham dont l’étude en pâtit, et les ouvriers salariés, n’ont pas à jeûner, sauf fautes déterminées. Le jeûne de la parole vaut mieux que celui de la nourriture. Neder de jeûne d’un garçon de treize ans et un jour ou d’une fille de douze ans et un jour : le vœu tient ; le père n’annule les vœux de sa fille que jusqu’à douze ans et six mois.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim. [SUJET] Qui pèche en s’astreignant au jeûne [FAIRE] Faute « du talon » | Jeûner purifie ; on l’appelle saint (Rachi) [FAIRE] Fautes connues (Rokeah, Ari) | Jeûner même s’il ne peut affliger son âme [FAIRE] Retirer la main au repas | Au milieu, alors qu’il a encore envie : compte comme mortification [FAIRE] Jeûne de la parole | Freiner bouche et désirs plutôt que la nourriture (Gra) : pas de dommage au corps [EVITER] Jeûne volontaire trop dur | Affaiblit les forces : on l’appelle fautif [EVITER] Talmid hakham sans faute connue | Interdit : l’étude diminue, même s’il supporte le jeûne [EVITER] Ouvriers / métier du Ciel | Din comme les talmidé hakhamim : diminuent l’œuvre et spolient (HM 333,5) [CAS:OUI] Neder d’un jeune | Garçon 13 ans + 1 jour, fille 12 ans + 1 jour : le neder tient. Père annule la fille jusqu’à 12 ans et 6 mois, en langage précis d’annulation ; le père seul est cru sur les années [CAS:NON] Étudier plus sans quitter le mal | Comme se plonger en tenant un sherets [REMA] Fautes connues : même le talmid hakham jeûne, mais moins dur, et il étudie plus (Tanhuma : un chapitre → deux). Si l’on connaît le Nom, neder de Torah un an plus tôt (12+1 / 11+1). Bogueret dès 6 mois après 12 ans, même année embolismique. Âge inconnu et taille petite : le neder n’est peut-être pas un neder. [SYNTHESE] Jeûner pour les fautes légères purifie ; trop affaiblir est une faute. Le talmid hakham et l’ouvrier jeûnent surtout pour fautes connues. Un neder de jeune tient dès 13/12 ans ; le père annule la fille jusqu’à 12 ans et 6 mois.

Glossaire

talmid hakham
érudit
talmidé hakhamim
érudits
téchouva
repentir
moussar
éthique / morale
neder
vœu
nedarim
vœux
bogueret
jeune fille devenue majeure (douze ans et six mois)
sherets
bestiole impure
hafara
annulation paternelle des vœux

(א) נקרא קדוש - שמתוך כך מתמרקין עונותיו בשביל שמתענה [רש"י] ולא מיירי בעונות הידועים המבואר ברוקח ובכתבי האר"י כמה ימים צריך להתענות עליהם דבזה צריך להתענות אפילו לא מצי לצעורי נפשיה אלא מיירי כשמתענה משום תשובה על עונות שאדם דש בעקביו:

Il est appelé saint - car par là ses fautes sont purifiées, du fait qu’il jeûne [Rachi]. Il ne s’agit pas des fautes connues, exposées dans le Rokeah et dans les écrits de l’Ari, pour lesquelles on indique combien de jours il faut jeûner : en cela il faut jeûner même s’il ne peut pas affliger son âme. Il s’agit plutôt de celui qui jeûne par téchouva pour les fautes que l’homme foule du talon.

(ב) נקרא חוטא - על שמחליש כוחותיו וכתבו ספרי המוסר דאם באמצע אכילתו בעוד שהוא מתאוה לאכול מושך ידו ממנו זה נחשב ג"כ לסיגוף ומתכפרים עונותיו. וראיתי כתוב בספר אחד שכשאדם רוצה להתנדב תענית טוב יותר שיקבל תענית מן הדבור ממה שיקבל עליו מן האכילה כי ממנו לא יהיה לו נזק לא בגופו ולא בנשמתו ולא יחלש עי"ז וכעין זה כתב הגר"א באגרתו שצריך האדם לייסר עצמו לא בתענית וסיגופים כ"א ברסן פיו ובתאותיו וזהו התשובה וכו':

Il est appelé fautif - pour avoir affaibli ses forces. Les livres de moussar ont écrit que si, au milieu de son repas, alors qu’il a encore envie de manger, il retire sa main, cela compte aussi comme une mortification et ses fautes sont expiées. J’ai vu écrit dans un ouvrage que lorsqu’un homme veut offrir un jeûne volontaire, il vaut mieux qu’il accepte un jeûne de la parole plutôt que de la nourriture, car il n’en aura de dommage ni au corps ni à l’âme, et il ne s’affaiblira pas par là. De même le Gaon de Vilna a écrit dans sa lettre qu’il faut que l’homme se discipline non par le jeûne et les mortifications, mais par le frein de sa bouche et de ses désirs, et c’est là la téchouva, etc.

(ג) ת"ח וכו' - ומי שתורתו אומנתו נקרא ת"ח לענין זה אף בזה"ז [אחרונים]:

Un talmid hakham, etc. - et celui dont la Torah est le métier est appelé talmid hakham à cet égard, même de nos jours [Aharonim].

(ד) אינו רשאי וכו' - היינו אפילו אם יכול לסבול התענית שאינו מזיקו ומ"מ מתמעט לימודו עי"ז. וכ"ז בשאין לו עונות ידועים אבל ביש לו עונות ידועים שצריך להתענות עליהם גם ת"ח צריך להתענות ואפילו היכי שקשה לו התענית ומ"מ א"צ לסגף עצמו כ"כ בתענית וילמוד יותר ממה שהיה רגיל וכעין זה איתא בתנחומא אם חטא אדם ונתחייב מיתה לשמים מה יעשה ויחיה אם למוד לשנות פרק אחד ישנה שני פרקים ואם דף אחד ישנה שני דפין [וכ"ז הוא לאחר ששב מדרכו הרעה דאל"ה הרי הוא כטובל ושרץ בידו] ועיין מש"כ בזה בביאור הלכה:

Il n’est pas autorisé, etc. - c’est-à-dire même s’il peut supporter le jeûne sans qu’il lui nuise, son étude en diminue néanmoins. Tout cela lorsqu’il n’a pas de fautes connues ; mais s’il a des fautes connues pour lesquelles il doit jeûner, même un talmid hakham doit jeûner, même si le jeûne lui est difficile. Toutefois il n’a pas besoin de se mortifier autant par le jeûne, et il étudiera plus qu’il n’en avait l’habitude. De même on trouve dans le Tanhuma : si un homme a fauté et s’est rendu passible de mort envers le Ciel, que fasse-t-il pour vivre ? S’il avait l’habitude d’étudier un chapitre, qu’il en étudie deux ; s’il [étudiait] une page, qu’il en étudie deux [et tout cela après qu’il s’est repenti de sa mauvaise voie ; sinon, il est comme celui qui se plonge en tenant un sherets]. Voir ce que j’ai écrit à ce sujet dans le Biour Halakha.

(ה) דינם כת"ח - דאיכא בהו תרתי שממעטין במלאכת שמים וגוזלין את הבריות דאפילו שארי פועלים אסורים להתענות כמ"ש בח"מ סי' של"ג ס"ה וכ"ש בהם. קטן בן י"ג שנה ויום אחד וקטנה בת י"ב שנה ויום אחד שקבלו על עצמן תענית נדרן קיים [אפילו אין יודעין לשם מי נדרו דאם יודעין נדרן חל מן התורה בשנה אחת מקודם דהיינו בקטן משנעשה בן י"ב ויום אחד ובקטנה משנעשית בת י"א ויום אחד] ואין האב יכול להפר נדרי בתו אלא עד שתהא בת י"ב שנה וששה חדשים דעד אותה הזמן היא ברשות אביה [ומכאן ואילך נעשית בוגרת ואינה ברשותו. ואפילו השנה י"ג היא שנה מעוברת כיון שהגיע הששה חדשים הויא בוגרת] וצריך שיאמר לה דוקא בלשון הפרה [מ"א]. עוד כתב דהאב נאמן לבד על שנותיהם אפילו הוא קטן מאוד לפי הנראה ואחר אינו נאמן אא"כ יש שני עדים. ומשמע קצת בגמרא דאם אין יודעין שנותיו אין נדרו נדר ואפשר דהיינו אם לפי הנראה בקומה שלו הוא קטן שלא הגיע לכלל שנותיו דאל"כ הוי ספיקא דאורייתא:

Leur din est comme celui des talmidé hakhamim - car il y a en eux deux [torts] : ils diminuent l’œuvre du Ciel et ils spolient les créatures. Même les autres ouvriers ont interdit de jeûner, comme il est écrit dans Hochen Michpat siman 333 seif 5, et à plus forte raison eux. Un garçon de treize ans et un jour et une fille de douze ans et un jour qui ont accepté un jeûne : leur neder tient [même s’ils ne savent pas au nom de Qui ils ont voué ; car s’ils le savent, leur neder prend effet de la Torah une année auparavant — c’est-à-dire pour le garçon dès qu’il est devenu âgé de douze ans et un jour, et pour la fille dès qu’elle est devenue âgée de onze ans et un jour]. Le père ne peut annuler les nedarim de sa fille que jusqu’à ce qu’elle ait douze ans et six mois ; jusqu’à ce moment elle est sous l’autorité de son père [et dès lors elle devient bogueret et n’est plus sous son autorité. Même si l’année de ses treize ans est une année embolismique, dès que les six mois sont atteints elle est bogueret]. Il faut qu’il lui parle précisément en langage d’annulation [Maguen Avraham]. Il a encore écrit que le père seul est cru au sujet de leurs années, même si [l’enfant] paraît très petit ; un autre n’est pas cru à moins qu’il n’y ait deux témoins. Il ressort un peu de la Guemara que si l’on ne connaît pas ses années, son neder n’est pas un neder ; et il se peut que ce soit lorsque, d’après sa taille, il paraît petit et n’a pas atteint l’âge — sinon ce serait un doute de Torah.