משנה ברורה

Michna Beroura — siman 574

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Lois des jeûnes pour celui qui voyage : Les rigueurs du lieu qu'il a quitté ou du lieu où il va
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Règles applicables à une personne voyageant d'une ville qui jeûne à une autre qui ne jeûne pas (ou vice versa), et les restrictions associées (manger, boire, rapports, etc.).

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETVoyageur — rigueurs du lieu quitté et du lieu d’arrivée
À FAIRERigueurs du lieu quitté
S’il compte y revenir et qu’il y était à l’acceptation : il les prend (techouva ou détresse à prévenir).
À FAIREJeûner avec la ville
Même s’il a mangé avant d’entrer, il achève avec eux et ne mange plus (Elya Rabba).
À FAIRES’associer à la détresse
Interdit de manger même en privé. Hors tehoum : manger avec mesure, sans délices (visage réjoui en ville).
À FAIRES’interrompre dès qu’on se souvient
Même au milieu du repas, même sans acceptation personnelle (Maguen Avraham).
À ÉVITERSe séparer de la communauté
Interdit de se retirer de ce qui peut aider : tefila, jeûne ou argent.
À ÉVITERRapports conjugaux
L’homme s’afflige. MA interdit même la nuit de mikvé ; Nehar Chalom / Bigdei Yecha s’appuient sur le SA pour alléger, surtout hors année de famine.
OUIJeûne déjà fixé (ex. 20 Sivan)
Statut de jeûne public : rigueurs du lieu quitté s’il compte revenir, sans nouvelle acceptation. Acceptation personnelle : il jeûne même sans intention de revenir.
OUIEncore hors tehoum
Permis de manger, même s’il ne compte pas revenir au premier lieu. Certains : s’il est ressorti hors tehoum après être entré.
NONAbsent à l’acceptation, ou entré sans intention de revenir
Absent : le décret de sa ville ne le lie pas. Entré pour rester : l’obligation du lieu s’applique, interdit de manger.
REMADétresse déjà passée : MA envisage de manger en privé s’il compte revenir ; ER est strict. Taz / ER : présent à l’acceptation = lié automatiquement, même hors tehoum. Rapports permis jusqu’à grossesse (BY) ; enfants qui profanent Chabbat + intention d’enfants justes = comme sans enfants. Autres délices : siman 568,12. Lit : siman 240,12.
Qui compte revenir prend les rigueurs du lieu quitté s’il y était à l’acceptation. En ville, on jeûne avec eux même après avoir mangé. Hors tehoum on peut manger sans délices. Ne pas se séparer de la communauté pour tefila, jeûne ou argent.

Glossaire

Aharonim
Décisionnaires des générations ultérieures
tehoum
Limite (généralement du domaine sabbatique ou de la ville)
mikvé
Bain rituel pour l'immersion de pureté

(א) שקבלו עליהם - בני עירו שכיון שדעתו לחזור צריך מדינא לקבל עליו חומרי מקום שיצא משם. ומיירי שהיה במקום שמתענין בשעת קבלת התענית דאל"כ ודאי לא חלה עליו גזירת קהל שלו כיון שלא היה אז שם. [ודוקא שהתענית הוא בשביל תשובה או על כל צרה שלא תבא אבל אם התענית נקבע על גזירה שעברה כמו כ' סיון בפולין וכדומה אז א"צ קבלה כלל דת"צ חשיב ויש לו דין ההולך ממקום למקום שנותנין עליו חומרי מקום שיצא משם אם דעתו לחזור] ואם קבל בעצמו התענית עליו אז אפילו אם אין דעתו לחזור צריך להתענות [אחרונים]:

« Qu'ils ont pris sur eux » - Les habitants de sa ville ; puisqu'il a l'intention de revenir, il doit de par la loi accepter sur lui les rigueurs de l'endroit qu'il a quitté. Et l'on parle d'un cas où il se trouvait à cet endroit au moment de l'acceptation du jeûne, car sinon, le décret de sa communauté ne s'appliquerait certainement pas à lui puisqu'il n'y était pas alors. [Et cela uniquement si le jeûne est en vue du repentir ou pour toute détresse afin qu'elle ne survienne pas, mais si le jeûne a été fixé pour un décret déjà passé, comme le 20 Sivan en Pologne, etc., alors aucune acceptation n'est requise car il est considéré comme un jeûne public, et il a le statut de celui qui va d'un endroit à un autre, à qui l'on impose les rigueurs du lieu qu'il a quitté s'il a l'intention d'y retourner]. Et s'il a accepté le jeûne sur lui-même, alors même s'il n'a pas l'intention d'y retourner, il doit jeûner [Aharonim].

(ב) יתענה עמהם - אף שאכל היום קודם שבא לעיר מ"מ משלים עמהן ואינו אוכל [א"ר]:

« Il jeûnera avec eux » - Même s'il a mangé aujourd'hui avant d'arriver en ville, il termine néanmoins avec eux et ne mange plus [Elya Rabba].

(ג) אפילו דעתו לחזור - משום דצריך להשתתף עם הצבור בצרתם וע"כ אפילו בצנעא אסור לאכול. וכשמתענים על צרה שעברה כבר אפשר דמותר לאכול בצנעא אם דעתו לחזור [מ"א] והא"ר מצדד להחמיר אף בזה ע"ש:

« Même s'il a l'intention de revenir » - Car il doit s'associer à la communauté dans sa détresse, et par conséquent il est interdit de manger même en privé. Et lorsqu'ils jeûnent pour une détresse déjà passée, il est possible qu'il soit permis de manger en privé s'il a l'intention de revenir [Magen Avraham]. Et le Elya Rabba incline à être strict même dans ce cas, voir là-bas.

(ד) מותר לאכול וכו' - דוקא בשדעתו לחזור אבל אם אין דעתו לחזור אסור כיון שכבר בא לתוכה חל עליו חובת המקום ואם לא בא לתוכה והוא עדיין חוץ לתחום העיר מותר אפילו אין דעתו לחזור למקומו הראשון ויש מקילין בחזר ויצא חוץ לתחום אף כשכבר בא לתוכה:

« Il est permis de manger, etc. » - Précisément lorsqu'il a l'intention de revenir, mais s'il n'a pas l'intention de revenir, c'est interdit car puisqu'il y est déjà entré, l'obligation du lieu s'applique à lui. Et s'il n'y est pas entré et qu'il se trouve encore en dehors de la limite (tehoum) de la ville, c'est permis, même s'il n'a pas l'intention de retourner à son premier endroit. Et certains sont indulgents s'il est retourné et est sorti en dehors de la limite, même lorsqu'il y était déjà entré.

(ה) צריך לקבל וכו' וצריך להשלימו - עיין בט"ז שדעתו דאפילו לא קבל עליו בפירוש כיון שהיה שם בשעת קבלת הצבור ממילא חל עליו התענית אף שדעתו לחזור ואסור לאכול אפילו חוץ לתחום העיר וכן מצדד בא"ר:

« Il doit l'accepter, etc., et il doit l'achever » - Voir le Taz, dont l'opinion est que même s'il ne l'a pas accepté explicitement, puisqu'il était là au moment de l'acceptation de la communauté, le jeûne s'applique automatiquement à lui bien qu'il ait l'intention de revenir, et il est interdit de manger même en dehors de la limite de la ville ; et le Elya Rabba incline également en ce sens.

(ו) אוכל הרבה - אלא צריך להפסיק באותה סעודה מיד כשנזכר ואפילו לא קבל התענית עליו [מ"א]:

« Mange beaucoup » - Mais il doit plutôt s'interrompre lors de ce même repas dès qu'il s'en souvient, et ce même s'il n'avait pas accepté le jeûne sur lui [Magen Avraham].

(ז) אסור לנהוג עידונין בעצמו - היינו אפילו במה שמקילינן לאכול חוץ לתחום מ"מ אל יתעדן באכילתו דאם יבא לעיר יהיה פניו צהובין [מ"א] ויש אחרונים שפירשו כפשטיה שלא ינהג עידונין בשאר דברים וכנ"ל בסימן תקס"ח סי"ב:

« Il est interdit de se comporter avec délices » - C'est-à-dire que même lorsque nous sommes indulgents pour lui permettre de manger en dehors de la limite, il ne doit néanmoins pas se délecter de sa nourriture, car s'il vient en ville son visage sera réjoui [Magen Avraham]. Et certains Aharonim ont expliqué selon le sens simple, qu'il ne doit pas se comporter avec délices dans les autres domaines non plus, comme mentionné plus haut au siman 568, seif 12.

(ח) להרעיב וכו' - דהיינו שיאכל בצמצום:

« D'affamer, etc. » - C'est-à-dire qu'il mangera avec modération.

(ט) ואסור לשמש וכו' - דצריך האדם לנהוג צער בעצמו:

« Et il est interdit d'avoir des rapports conjugaux, etc. » - Car l'homme doit s'affliger lui-même.

(י) מטתו - ועיין לעיל סימן ר"מ סי"ב ובמ"ב שם:

« Son lit » - Et voir plus haut siman 240, seif 12 et dans le Michna Beroura là-bas.

(יא) חוץ מליל טבילה - המ"א אוסר אף בליל טבילה אכן בנהר שלום ובבגדי ישע הסכימו שנוכל לסמוך להקל כדעת השו"ע ובפרט אם אינו שנת רעבון אלא שאר צרות בודאי יש לסמוך להקל בליל טבילה ועיין בשע"ת:

« Sauf la nuit de l'immersion (mikvé) » - Le Magen Avraham l'interdit même la nuit de l'immersion. Cependant, dans le Nehar Chalom et le Bigdei Yecha, ils ont convenu que l'on peut s'appuyer pour être indulgent selon l'opinion du Choulhan Aroukh, et en particulier si ce n'est pas une année de famine mais d'autres détresses, il y a certainement lieu de s'appuyer pour alléger la nuit de l'immersion. Et voir dans le Chaaré Chouva.

(יב) מותר - עד שתתעבר [ב"י] ואם יש לו בנים מחללי שבת וכונתו רק כדי שיוליד בנים כשרים מסתברא דדינו כחשוכי בנים:

« Est permis » - Jusqu'à ce qu'elle tombe enceinte [Beit Yossef]. Et s'il a des enfants qui profanent le Chabbat et que son intention est seulement d'engendrer des enfants justes, il est logique que son statut soit comme celui qui est sans enfants.

(יג) הפורש מן הצבור - דוקא דבר שיוכל באולי להועיל הן בתפלה הן בתענית הן בממון:

« Celui qui se sépare de la communauté » - Spécifiquement pour une chose qui pourrait peut-être aider, que ce soit par la tefila, par le jeûne ou par l'argent.