משנה ברורה

Michna Beroura — siman 581

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Lois des jours de supplications et de la veille de Roch Hachana
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Coutumes d'Eloul jusqu'à Yom Kippour : se lever à la dernière veille pour les Seli'hot, sonner le chofar, dire Tehilim et « Le-David ה' ori », choix de l'officiant, jeûnes, toilette, tevila et visite des tombes la veille de Roch Hachana.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETJours de supplications d’Eloul et veille de Roch Hachana
À FAIREEloul dès Roch Hodech
Se lever en fin de nuit (moment de faveur) ; sonner le chofar chaque matin après la tefila (certains dès le 1er jour de RH, d’autres le 2e) ; Le-David ה' ori matin et soir jusqu’à Chemini Atseret inclus, puis kaddish ; dix Tehilim en public les jours de semaine
À FAIRESeli’hot
Un particulier dit celles sans les 13 Attributs (sinon il saute ces mots) ; demandes araméennes seulement avec minyan ; kaddish si le minyan était là au début, même si des gens sont partis
À FAIREVeille de RH
Jeûne même des jeunes de 13 ans (g.) et 12 ans (f.), sans acceptation ni complément ; le particulier dit Anenou à Min’ha dans Choméa Tefila (l’officiant ne le dit pas dans la répétition) ; lessiver, se couper les cheveux, tevila (9 kavim si le froid empêche)
À FAIRETombes des justes
Faire le tour, donner la tsédaka, demander à ה' d’avoir pitié en vertu des justes — sans diriger l’intention vers les morts
À ÉVITERJour même de RH Eloul
Ni Seli’hot ni tahanounim ; ceux qui disent Tehilim avec tahanounim tout Eloul ne commencent pas ce jour-là
À ÉVITERVeille de RH
Pas de Vaye’hal ni « barkhénou vaberakha » (ce n’est pas un jeûne public) ; pas de néfilat apayim ; pas de chofar, pour séparer facultatif et obligatoire
OUIEndeuillé
Seli’hot, veille de RH et dix jours de techouva : il peut officier ; RH et Yom Kippour : non (statut de fête), sauf s’il n’y a personne d’autre
OUIAvant l’aube
Café ou thé permis avant d’aller aux Seli’hot, même après un sommeil fixe, sans condition ; dès la pointe de l’aube, manger et boire sont interdits
OUIBrit mila ce jour-là
Père, sandak, mohel et l’invité du maître de maison peuvent manger — c’est leur jour de fête
NONOfficiant
Pas digne, ou a plaidé chez les non-Juifs sans techouva, ou la tefila suscite une querelle : il n’officiera pas à RH/YK
REMAQuatre jours de jeûne dès le dimanche avant RH (2 RH + chabbat Chouva + veille YK manquent). 1er jour des Seli’hot : la plupart jeûne. Jour de Moussaf : Le-David après Chaharit avant Ein Kamokha, le soir après Min’ha. Talit aux 13 Attributs avant le jour : pas de berakha ; Taz : talit d’un autre, intention d’honneur. Officiant et sonneur : baalé techouva ; 30 ans et marié de préférence, mais un ben Torah craignant le péché passe avant. Qui a commencé à prier ou sonner garde la mitsva. Tevila : pas 1 h avant midi. Vêtements blancs beaux, pas trop prestigieux. Relations : s’abstenir les 2 nuits sauf nuit de tevila ; se replonger le matin. Pas deux fois la même tombe le même jour. S’exercer au chofar : chambre fermée selon l’Eliya Rabba. Un peu malade : souple sur ces jeûnes.
Eloul : fin de nuit, chofar, Le-David jusqu’à Chemini Atseret, Seli’hot avec minyan pour les 13 Attributs. Pas de Seli’hot le jour de RH Eloul. Veille de RH : jeûne (dès 13/12 ans), pas Vaye’hal ni néfila ni chofar ; café avant l’aube ; lessive, cheveux, tevila ; tombes + tsédaka. Endeuillé OK aux Seli’hot, pas à RH/YK s’il y a un autre officiant.

Glossaire

ashmoret
dernière veille de la nuit
et ratson
moment de faveur
Seli'hot
prières de pardon des jours d'Eloul
tahanounim
supplications
Yehi ratson
formule « que ce soit Ta volonté »
Treize Attributs
les treize attributs de miséricorde
minyan
quorum de dix hommes
teiva
estrade de l'officiant
chabbat Chouva
chabbat entre Roch Hachana et Yom Kippour
shogeg
par erreur
ba'al yahrzeit
celui qui a l'anniversaire de deuil ce jour-là
Anenou
prière du jeûne insérée dans la tefila
Tahanoun
prosternation / prière de supplication quotidienne
ba'alé berit
père de l'enfant, sandak et mohel
sandak
celui qui tient l'enfant à la circoncision
mohel
circonciseur
tevila
immersion rituelle
neuf kavim
mesure d'eau valant immersion de fortune
hatara
annulation d'un vœu ou d'un jeûne

נוהגים לקום באשמורת - דסוף הלילה הקב"ה שט בעוה"ז והוא עת רצון ומה שנהגו מר"ח שאז עלה משה בהר סיני לקבל לוחות אחרונות והעבירו שופר במחנה משה עלה להר שלא יטעו עוד אחר ע"ז והוי עת רצון. ואיכא אסמכתא מקרא אני לדודי ודודי לי ר"ת אלול וס"ת עולה מ' כנגד ארבעים יום מר"ח אלול עד יוה"כ כי באלו ארבעים יום התשובה מקובלת להיות לבו קרוב אל דודו בתשובה ואז דודו קרוב לו לקבל תשובתו מאהבה ועוד סמך מקרא ומל ד' אלקיך את לבבך ואת לבב זרעך ר"ת אלול: (א) אלול ואילך - אבל בר"ח גופא א"א סליחות ותחנונים וכן הנוהגים לומר תהלים כל אלול עם תחנונים יה"ר אין להתחיל בר"ח [פמ"ג]:

On a coutume de se lever à la dernière veille — car à la fin de la nuit le Saint béni soit-Il parcourt ce bas monde, et c'est un moment de faveur. On a pris l'habitude dès roch hodesh, car c'est alors que Moïse monta au Sinaï recevoir les dernières Tables ; on fit sonner le chofar dans le camp : « Moïse est monté à la montagne », afin qu'on ne s'égare plus après l'idolâtrie ; c'est donc un moment de faveur. Il y a un appui scripturaire : « Ani ledodi vedodi li », initiales Eloul, et les lettres finales valent quarante, correspondant aux quarante jours de roch hodesh Eloul à Yom Kippour : pendant ces quarante jours la techouva est agréée, le cœur se rapproche de son Bien-Aimé par la techouva, et alors son Bien-Aimé se rapproche de lui pour agréer sa techouva par amour. Autre appui : « Oumal ה' Eloqekha et levavekha veet levav zar'ekha », initiales Eloul. Eloul et ensuite — mais le jour même de roch hodesh on ne dit pas Seli'hot ni tahanounim. De même, ceux qui disent Tehilim tout Eloul avec des tahanounim et un Yehi ratson ne commenceront pas à roch hodesh [Pri Megadim].

(ב) עד יוה"כ - ונוהגין במדינתינו מר"ח אלול עד יוה"כ לומר בכל יום אחר גמר התפלה מזמור לדוד ד' אורי וכו' בוקר וערב ואומרים אחריו קדיש ואנו נוהגין לומר עד שמע"צ ועד בכלל. וביום שיש בו מוסף אחר גמר תפלת שחרית קודם אין כמוך ובערב אחר תפלת המנחה ובמקומות שאומרים אותו אחר גמר התפלה בר"ח יש להקדים מזמור ברכי נפשי וכן במקומות שאומרים אותו אחר תפלת שחרית ונוהגין ג"כ לומר שיר של יום אחר תפלת שחרית יש להקדים השיר של יום [אחרונים]:

Jusqu'à Yom Kippour — dans notre pays on a coutume, de roch hodesh Eloul à Yom Kippour, de dire chaque jour après la tefila le psaume « Le-David, ה' ori… » matin et soir, puis le kaddish. Nous le disons jusqu'à Chemini Atseret inclus. Un jour où il y a Moussaf : après cha'harit, avant Ein Kamokha ; le soir, après min'ha. Là où on le dit après la tefila à roch hodesh, on fera précéder le psaume Barkhi Nafshi. De même, là où on le dit après cha'harit et où l'on dit aussi le chant du jour après cha'harit, on fera précéder le chant du jour [A'haronim].

(ג) מר"ח ואילך וכו' - יש מתחילין מיום ראשון דר"ח ויש מתחילין מיום שני דר"ח וכ"כ בסי' דה"ח. ויש לתקוע בכל בוקר אחר התפלה. נוהגין בכל יום של ימי החול מר"ח אלול ואילך אחר התפלה אומרי' בצבור עשרה מזמורים [וביה"ר שלפני אמירתו יש לדלג תיבות בהם שבעים שנה] וכיון שא"א ספר שלם י"ל בזכות מזמורי תהלים שקראנו לפניך וכו' ואחר היה"ר אומרים קדיש ואם אין עשרה בשעת אמירת תהלים וממתינין על אחד שישלים המנין יש לשייר מזמור אחד ויאמרוהו אחר שישלימו עשרה ויאמר קדיש ובימי התשובה שבין ר"ה ליוה"כ אומרים יותר מעשרה מזמורים כדי לגמור התהלים פעם שלישית קודם יוה"כ [מטה אפרים]:

Dès roch hodesh et ensuite, etc. — certains commencent le premier jour de roch hodesh, d'autres le second ; ainsi dans le Seder HaYom. Il faut sonner chaque matin après la tefila. On a coutume, chaque jour de semaine dès roch hodesh Eloul, de dire en public après la tefila dix psaumes [et dans le Yehi ratson qui précède, on omettra les mots « bahem shiv'im shana »]. Puisqu'on ne dit pas un livre entier, on dira : « bizkhut mizmorei Tehilim sheqaranu lefanekha… » ; après le Yehi ratson on dit le kaddish. S'il n'y a pas dix personnes au moment des Tehilim et qu'on attend quelqu'un pour compléter le minyan, on réservera un psaume, on le dira une fois les dix réunis, puis le kaddish. Pendant les jours de techouva entre Roch Hachana et Yom Kippour, on dit plus de dix psaumes afin d'achever les Tehilim une troisième fois avant Yom Kippour [Maté Efraïm].

(ד) לומר סליחות - ואף יחיד יוכל לומר אותם שאין בהם י"ג מדות. ובסליחה שנזכר י"ג מדות ידלג אותן תיבות. וכן אותם הבקשות שהן בלשון תרגום כגון מחי ומסי וכו' ומרן די בשמיא וכו' לא יאמר כשאין שם מנין עשרה [א"ר]. כשמתחילין סליחות אומרים או"א חוץ מסליחה המתחלת בשם אחד משמותיו של הקב"ה. כתב אבודרהם ויקרא בשם ד' יש להפסיק מעט בין בשם ובין ד'. אם אין מנין בעת אמירת אשרי יאמר סליחות וכשיבואו מנין יאמרו קדיש באמצע סליחות ובא"ר כתב שיאמרו אח"כ ג' פסוקים כשיש מנין. ואם היה מנין בתחלת אמירת הסליחות ולבסוף יצאו מקצתן י"ל דמ"מ אומר קדיש אחר הסליחות וכעין מה שנתבאר בסימן נ"ה [פמ"ג]:

Dire les Seli'hot — même un particulier peut dire celles qui ne contiennent pas les Treize Attributs. Dans une seli'ha où les Treize Attributs sont mentionnés, il sautera ces mots. De même les demandes en araméen, telles que « Me'hi oumassi… » et « Maran di bishmaya… », ne se disent pas sans minyan de dix [Eliya Rabba]. Au début des Seli'hot on dit « Élo-hénou véloké avoténou », sauf si la seli'ha commence par l'un des Noms du Saint béni soit-Il. Aboudraham a écrit : à « Vayiqra beshem ה' », on marquera une légère pause entre « beshem » et « ה' ». S'il n'y a pas de minyan au moment d'Achré, on dira les Seli'hot ; quand le minyan arrive, on dira le kaddish au milieu des Seli'hot. L'Eliya Rabba écrit qu'on dira ensuite trois versets une fois le minyan présent. S'il y avait un minyan au début des Seli'hot et qu'à la fin quelques-uns sont partis, on dira néanmoins le kaddish après les Seli'hot, comme il a été expliqué au siman 55 [Pri Megadim].

(ה) ביום א' שלפני ראש השנה - ר"ל יום ראשון של השבוע שחל לפני ר"ה:

Le dimanche précédant Roch Hachana — c'est-à-dire le premier jour de la semaine qui tombe avant Roch Hachana.

(ו) מיום ראשון שבוע שלפניו - משום שהרבה נוהגים להתענות עשרה ימים עם יוה"כ ולעולם יחסרו ד' ימים מר"ה עד יוה"כ שלא יוכלו להתענות דהיינו ב' ימים ר"ה ושבת שובה ועיו"כ לכך צריך להשלים ד' ימים קודם ר"ה וכדי שיהיה יום מסויים להתחלה תקנו יום ראשון בכל פעם ועוד טעם שקבעו ד' ימים שכן מצינו בקרבנות שטעונים ביקור ממום ד' ימים קודם הקרבה ובכל הקרבנות בפ' פנחס כתיב והקרבתם עולה ובר"ה כתיב ועשיתם עולה ללמד שבר"ה יעשה אדם עצמו כאלו מקריב את עצמו ולכן קבעו ד' ימים לבקר כל מומי חטאתו ולשוב עליהם. הש"ץ מתעטף בטלית בשעה שאומרים י"ג מדות אף שהוא קודם אור היום אבל אז אינו מברך עליו אף שהוא בגד המיוחד ליום כיון שלובשו בלילה ויש דעה דפטור אז מציצית כדלעיל בסימן י"ח [לבוש] וט"ז השיג עליו דלמה לו להכניס עצמו לדבר שיש בו ספק וע"כ לא יטול אז טלית שלו ולא טלית של קהל שהוא ג"כ כשלו אלא יקח טלית של חבירו דבזה לכו"ע פטור מציצית ויכוין שנוטלו רק לכבוד ולא לקנותו:

Dès le dimanche de la semaine précédente — parce que beaucoup ont coutume de jeûner dix jours avec Yom Kippour ; or quatre jours manquent toujours de Roch Hachana à Yom Kippour où l'on ne peut jeûner : les deux jours de Roch Hachana, chabbat Chouva et la veille de Yom Kippour. Il faut donc compléter quatre jours avant Roch Hachana. Pour qu'il y ait un jour fixe de début, on a institué le dimanche à chaque fois. Autre raison des quatre jours : les sacrifices doivent être examinés quatre jours avant l'offrande pour tout défaut. Pour tous les sacrifices, dans Pinchas, il est écrit « vehikravtem ola » ; à Roch Hachana il est écrit « veasitem ola », pour enseigner qu'à Roch Hachana l'homme se considère comme s'il s'offrait lui-même. On a donc fixé quatre jours pour examiner tous les défauts de sa faute et s'en repentir. L'officiant s'enveloppe du talit au moment des Treize Attributs même avant le jour ; mais alors il ne bénit pas dessus, bien que ce soit un vêtement diurne, puisqu'il le met la nuit. Certains tiennent qu'il est alors exempt de tsitsit, comme plus haut au siman 18 [Levouch]. Le Taz objecte : pourquoi s'engager dans un doute ? Il ne prendra donc alors ni son talit ni celui de la communauté (qui est comme le sien), mais le talit d'un autre : en cela tous s'accordent qu'il est exempt de tsitsit ; il aura l'intention de ne le prendre que pour l'honneur, non pour l'acquérir.

(ז) ואבל אסור וכו' - אבל תוך י"ב חודש על אביו ואמו [או תוך שלשים על שאר קרובים] אסור לעבור לפני התיבה בר"ה ויוה"כ דהא דינם כרגלים לכל מילי אבל בימי הסליחות אפילו בער"ה ועשי"ת מותר [ובדליכא' חזן אחר שרי אפילו בר"ה ויוה"כ]. וכן בימים שאין אומרים תחנון מותר להתפלל שחרית אם אחר יאמר הלל אבל מוסף לא יתפלל והח"א כתב כמדומה שהגר"א לא היה מניח להתפלל אפילו שחרית בר"ח אכן בדליכא אחר לכו"ע מותר להתפלל אפילו מוסף:

Un endeuillé a interdiction, etc. — un endeuillé dans les douze mois pour son père ou sa mère [ou dans les trente jours pour les autres proches] n'a pas le droit de passer devant la teiva à Roch Hachana et Yom Kippour, car ces jours ont le statut de fêtes à tous égards. Mais pendant les jours de Seli'hot, même la veille de Roch Hachana et les dix jours de techouva, c'est permis [et s'il n'y a pas d'autre officiant, c'est permis même à Roch Hachana et Yom Kippour]. De même les jours sans Tahanoun, il peut officier à cha'harit si un autre dira le Hallel ; mais il n'officiera pas à Moussaf. Le 'Haïé Adam écrit qu'à son souvenir le Gaon de Vilna n'autorisait pas même cha'harit à roch hodesh ; toutefois, s'il n'y a personne d'autre, tous permettent même Moussaf.

(ח) בערב ראש השנה - וה"ה בעיוה"כ במקום שמרבים בסליחות:

La veille de Roch Hachana — et de même la veille de Yom Kippour, là où l'on multiplie les Seli'hot.

(ט) וידקדקו - נהגו לעבור לפני התיבה פרנסים ומנהיגים שיודעים בצער הדור והיינו דוקא כשהם נאמנים ומגינים על הדור ומרוצים לעם ובעוה"ר בדור הזה וכו' וכדי לתקן פרצה זו ראוי שיתפלל הש"ץ הקבוע:

Qu'on soit minutieux — on avait coutume de faire passer devant la teiva des notables et dirigeants qui connaissent la souffrance de la génération : uniquement s'ils sont fidèles, protègent la génération et sont agréés du peuple. Hélas, en notre génération, etc. Pour réparer cette brèche, il convient que l'officiant titulaire prie.

(י) היותר הגון - וכל העוזרים ומסייעים לש"ץ שאינו הגון כאלו גוזל טוב מן הקהל ועתידים ליתן את הדין [ס"ח]. והיודע בעצמו שאינו בקי מאד ויודע לשמור אפילו משגגה אין לו להכניס את עצמו בעבודת השם. ואם אינו ראוי והגון ובקי אין ממתינין לו כשאר עונשים אלא גובין לאלתר [א"ר]:

Le plus convenable — quiconque aide et assiste un officiant qui n'est pas convenable est comme s'il volait le bien de la communauté ; ils auront à en rendre compte [Sefer 'Hassidim]. Qui sait qu'il n'est pas très expert et qu'il sait se garder même d'une shogeg (par erreur) ne s'engagera pas dans le service de ה'. S'il n'est pas digne, convenable et expert, on n'attend pas pour lui comme pour d'autres peines : on recouvre aussitôt [Eliya Rabba].

(יא) בתורה ובמעשים - וראוי שיהיה הש"ץ והתוקע בעלי תשובה גמורה גם ראוי שילמדו הכונות מהתפלות והתקיעות והוא מהזוהר ונהגו שמי שהתחיל להתפלל או לתקוע אפילו פ"א אין ליתן המצוה לאחר ואם חלה הוא ביד הקהל להעמיד אחר ומ"מ כשחוזר לבריאותו המצוה חוזרת אל הראשון מי שבא בעש"ג אין ראוי להיות ש"ץ בר"ה ויוה"כ אא"כ עשה תשובה. אם רואה שיש מחלוקת בשביל התפלה לא יתפלל אע"פ שיתפלל מי שאינו הגון:

En Torah et en actes — il convient que l'officiant et le sonneur soient ba'alé techouva accomplis ; il convient aussi qu'ils étudient les kavannot des tefilot et des sonneries, d'après le Zohar. On a coutume : celui qui a commencé à prier ou à sonner, même une fois, on ne donnera pas la mitsva à un autre. S'il tombe malade, la communauté peut en désigner un autre ; toutefois, quand il recouvre la santé, la mitsva revient au premier. Qui est allé en tribunaux de non-Juifs n'est pas digne d'être officiant à Roch Hachana et Yom Kippour, à moins d'avoir fait techouva. S'il voit qu'il y a querelle à cause de la tefila, il n'officiera pas, même si c'est quelqu'un de non convenable qui officiera.

(יב) שיהא בן שלשים - שאז ראוי בן לוי לעבודה ותפלה הוא כנגד עבודה וגם שאז לבו נשבר ונדכה:

Qu'il ait trente ans — car c'est alors que le lévite est apte au service ; la tefila correspond au service, et c'est aussi alors que son cœur est brisé et humilié.

(יג) שיהא נשוי - דומיא דכה"ג שהיו מכינים לו אשה אחרת ושתהיה לו אשה לשומרו מן החטא. ופשוט דאם מזדמן לו שנים אחד שהוא בן תורה וירא חטא ואין לו אלו הפרטים והשני הוא איש פשוט והוא נשוי ויותר מבן שלשים הבן תורה קודם:

Qu'il soit marié — à l'instar du grand prêtre, pour qui l'on préparait une autre femme, et pour qu'il ait une femme qui le garde du péché. Il est évident que si l'on a le choix entre deux hommes, l'un fils de Torah craignant le péché mais sans ces détails, l'autre un homme simple, marié et de plus de trente ans, le fils de Torah a la priorité.

(יד) כל היום - שחרית ומנחה [שהמתחיל במצוה אומרים לו גמור וי"א דאף ערבית שלפניו אבל הערבית של היום שלאחריו אין שייך לו] וכתב המ"א דמטעם זה הוא קודם לאבל ולמוהל וליא"צ דתפלה תליא ברצון הקהל והא"ר מפקפק בזה ודעתו דיא"צ יש לו להתפלל אם הוא מתענה ומן למנצח ואילך יש להניח להתפלל אף לאבל והובא דבריו בפמ"ג:

Tout le jour — cha'harit et min'ha [car on dit à qui commence une mitsva : achève-la. Certains incluent même arvit de la veille ; mais arvit du jour suivant ne lui appartient pas]. Le Maguen Avraham écrit que pour cette raison il précède l'endeuillé, le mohel et le ba'al yahrzeit, car la tefila dépend de la volonté de la communauté. L'Eliya Rabba en doute : selon lui le ba'al yahrzeit prie s'il jeûne ; et à partir de Lamnatsea'h on laissera même un endeuillé prier. Ses propos sont cités dans le Pri Megadim.

(טו) נוהגין וכו' - וביום א' דסליחות נהגו רוב הקהל להתענות ויחיד אומר עננו במנחה בשומע תפלה אבל הש"ץ אינו אומר ענינו בחזרת התפלה:

On a coutume, etc. — le premier jour des Seli'hot, la plupart de la communauté jeûne. Un particulier dit Anenou à min'ha dans Chomea Tefila ; mais l'officiant ne dit pas Anenou dans la répétition.

(טז) ערב ראש השנה - ואפילו התינוקות מתענין [מ"א בשם מהרי"ל] והתינוקות ל"ד אלא ר"ל נערים שהגיעו לי"ג לזכר וי"ב שנים לנקבה מתענין. וא"צ קבלה ולא השלמה אפי' אין מתענה עשי"ת:

La veille de Roch Hachana — même les enfants jeûnent [Maguen Avraham au nom du Maharil]. « Enfants » n'est pas littéral : ce sont les jeunes gens parvenus à treize ans pour un garçon et douze ans pour une fille. On n'a besoin ni d'acceptation ni de complément, même si l'on ne jeûne pas les dix jours de techouva.

(יז) ואין קורין בהם ויחל וכו' - והיינו אפילו אותן שמתענין וקורין ויחל בכל ער"ח [פ"ת] ואין אומרים או"א ברכנו בברכה וכו' לפי שאינו ת"צ:

On n'y lit pas Vaye'hal, etc. — même ceux qui jeûnent et lisent Vaye'hal à chaque veille de roch hodesh [Pit'hé Techouva]. On ne dit pas Élo-hénou véloké avoténou, barkhénou vaberakha, car ce n'est pas un jeûne public.

(יח) ואם חל ברית מילה וכו' - עיין לעיל בסימן תקס"ח ס"ב בהג"ה ובמ"ב שם מבואר ענין זה באריכות קצת:

Si une berit mila tombe, etc. — voir plus haut siman 568 seif 2 dans la glose, et au Michna Beroura là-bas où la chose est expliquée un peu longuement.

(יט) יכולים לאכול - היינו מי שיזמינו בעה"ב אבל השייכים לברית מצוה לאכול אבי הבן וסנדק ומוהל כולם נקראים בעלי ברית ויו"ט שלהם הוא. כתב המ"א במקום שיש מקצת חולי יש להקל בכל אלו התעניתים וא"צ התרה אם לא מי שמתענה יותר ממה שנהגו הצבור והש"ך ביו"ד סימן רי"ד כתב דמחמת שאינו בריא לעולם צריך התרה [ח"א]:

Ils peuvent manger — c'est-à-dire celui qu'invite le maître de maison. Mais ceux qui tiennent à la mitsva de manger : le père de l'enfant, le sandak et le mohel sont tous appelés ba'alé berit, et c'est leur jour de fête. Le Maguen Avraham écrit : s'il y a un peu de maladie, on sera indulgent pour tous ces jeûnes, et l'on n'a pas besoin d'annulation, sauf celui qui jeûne plus que n'en a coutume la communauté. Le Chakh, Yoré Déa siman 214, écrit que celui qui n'est jamais en bonne santé a toujours besoin d'annulation ['Haïé Adam].

(כ) בלא תנאי - ר"ל אף דישן שינת קבע ומבואר לעיל דאסור לאכול אחר השינה אא"כ התנה קודם שישן שאינו מקבל עליו התענית קודם עה"ש הכא שרי:

Sans condition — c'est-à-dire même s'il a dormi d'un sommeil fixe. Il a été expliqué plus haut qu'il est interdit de manger après le sommeil à moins d'avoir stipulé avant de dormir qu'il n'accepte pas le jeûne avant la pointe de l'aube ; ici c'est permis.

(כא) אחר שכן נהגו - והאידנא נהוג עלמא שלא לאכול רק שישתה קאוו"ע או טיי"א קודם הליכה לביהכ"נ כי בזמנינו נמשך אמירת סליחות עד אור היום ופשיטא שמיד שעלה עמוה"ש אסור לאכול ולשתות [שע"ת]:

Puisqu'on en a pris l'habitude — de nos jours le monde a coutume de ne pas manger, mais de boire du café ou du thé avant d'aller à la synagogue, car de notre temps les Seli'hot se prolongent jusqu'au jour ; et dès que la pointe de l'aube s'est levée, il est évidemment interdit de manger et de boire [Cha'aré Techouva].

(כב) אין נופלים על פניהם וכו' - דהוא כמו שאר עיו"ט:

On ne se prosterne pas sur la face, etc. — car c'est comme les autres veilles de fête.

(כג) אע"פ שנופלים על פניהם - היינו אף אם נמשך על היום מפני דרוב פעמים רגילין לסיים קודם עלות השחר תקנו לנפול אף אם אירע פ"א שממשיך על היום:

Bien qu'on se prosterne sur la face — c'est-à-dire même si cela se prolonge jusqu'au jour : la plupart du temps on a l'habitude de finir avant la pointe de l'aube, aussi a-t-on institué de se prosterner même s'il arrive une fois que cela se prolonge jusqu'au jour.

(כד) ואין תוקעין וכו' - להפסיק בין תקיעות דרשות לתקיעות דחובה [ואף כשחל יום א' של ר"ה בשבת ג"כ אין תוקעין בע"ש]. ומ"מ מותר לתקוע להתלמד דדי כשמפסיק בביהכ"נ אבל במנהגים כתב הטעם כדי לערבב השטן א"כ אין לתקוע כלל ובא"ר בשם ספר אמרכל משמע דלהתלמד שרי בחדר סגור:

On ne sonne pas, etc. — pour séparer les sonneries facultatives des sonneries obligatoires [même si le premier jour de Roch Hachana tombe un chabbat, on ne sonne pas non plus le vendredi]. Toutefois il est permis de sonner pour s'exercer : il suffit d'interrompre à la synagogue. Mais dans les Minhaguim la raison donnée est de confondre le Satan ; dès lors on ne sonnera pas du tout. L'Eliya Rabba au nom du Sefer Amarkal laisse entendre que s'exercer est permis dans une chambre fermée.

(כה) מכבסין ומסתפרין בערב ראש השנה - להראות שאנו בטוחין בחסדו ית' שיוציא לצדק משפטינו. ומ"מ לא ילבש בר"ה בגדי רקמה ומשי כבשאר יו"ט דיהא מורא הדין אלא ילבש בגדים לבנים נאים [ט"ז בשם רש"ל] ועיין במ"א סימן תקצ"ז דבמקום שאין נוהגין ללבוש לבנים עכ"פ לא ילבש חשובים כ"כ:

On lessive et on se coupe les cheveux la veille de Roch Hachana — pour montrer que nous sommes confiants en Sa bonté, qu'Il fera sortir notre jugement pour la justice. Toutefois on ne portera pas à Roch Hachana des vêtements brodés et de soie comme aux autres fêtes, à cause de la crainte du jugement ; on portera de beaux vêtements blancs [Taz au nom du Maharshal]. Voir Maguen Avraham siman 597 : là où l'on n'a pas coutume de porter du blanc, du moins on ne portera pas de vêtements trop prestigieux.

(כו) נוהגין לטבול וכו' - ואם אינו יכול לטבול משום צינה יראה לשפוך על גופו ט' קבין מים. ולא יקדים לטבול עד שעה קודם חצות היום [ח"א]. יש מאחרונים שכתבו שנכון למנוע עצמו מלשמש מטתו בשני לילות של ר"ה אא"כ היתה ליל טבילה דאז חייב לקיים עונתו ויחזור ויטבול בשחרית. אכן אלו האנשים האוכלים לשובע בטנם או ח"ו שנכנס במחשבתו הרהור אשה יותר טוב שישמש מטתו מח"ו שיבא לידי עבירה ויחזור ויטבול בשחרית [ח"א]:

On a coutume de se plonger, etc. — s'il ne peut se plonger à cause du froid, qu'il verse sur son corps neuf kavim d'eau. Qu'il n'avance pas la tevila jusqu'à une heure avant midi ['Haïé Adam]. Certains A'haronim ont écrit qu'il est bon de s'abstenir de relations les deux nuits de Roch Hachana, sauf si c'est une nuit de tevila : alors il est tenu d'accomplir son devoir, et il se replongera le matin. Toutefois ceux qui mangent à satiété, ou à D. ne plaise qu'une pensée de femme entre dans leur esprit : mieux vaut qu'ils aient une relation plutôt que, à D. ne plaise, d'en arriver à une faute ; et ils se replongeront le matin ['Haïé Adam].

(כז) הקברות - דביה"ק הוא מקום מנוחת הצדיקים והתפלה נתקבלה שם יותר אך אל ישים מגמתו נגד המתים אך יבקש מהש"י שיתן עליו רחמים בזכות הצדיקים שוכני עפר ויקיף הקברות ויתן צדקה קודם שיאמר התחנות. ואין לילך על קבר אחד ב"פ ביום אחד:

Les tombes — car le cimetière est le lieu de repos des justes, et la tefila y est davantage agréée. Mais qu'il ne dirige pas son intention vers les morts : qu'il demande au Saint, béni soit-Il, d'avoir pitié de lui en vertu des justes habitants de la poussière. Qu'il fasse le tour des tombes et donne la tsédaka avant de dire les supplications. On n'ira pas deux fois le même jour sur une même tombe.