Modifications de la tefila pendant les dix jours de techouva et à Roch Hachana : « hamélekh haqadosh », insertions Zokhrenou et Mi khamokha, formulations du jour de terou'a, génuflexions, kaddich doublé de leela, et vœu « lechana tova tikatev ».
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) בי' ימי תשובה - במהרי"ל כתב דיש מקומות נוהגין לומר מערבית בשני לילות של ר"ה ואין נוהגין כן במקומינו לפי שהם שירות ושבחות [ד"מ] עוד כתב בשם מנהגים דנוהגין הקהל לומר פסוק תקעו בחודש שופר וגו'. ולא הוי הפסק דהוי כגאולה אריכתא:
Pendant les dix jours de techouva — le Maharil écrit qu'en certains lieux on dit Ma'aravit les deux soirs de Roch Hachana ; on n'en a pas l'habitude chez nous, car ce sont des chants et des louanges [Darké Moché]. Il écrit encore au nom des Minhaguim que la communauté a coutume de dire le verset « Tiq'ou ba'hodesh chofar… ». Ce n'est pas une interruption, car c'est comme une rédemption prolongée.
(ב) המלך הקדוש - משום שעכשיו הם ימי דין שהקב"ה יושב ודן כל העולם ומראה מלכותו וממשלתו שהוא בכל משלה:
Hamélekh haqadosh — parce que ce sont maintenant des jours de jugement : le Saint béni soit-Il siège et juge le monde entier, et Il manifeste Sa royauté et Sa domination, Lui qui règne sur tout.
(ג) או שהוא מסופק - דחזקה מה שהוא רגיל הוא מזכיר. והכא לא מהני שיאמר צ' פעמים כמו בסימן קי"ד ס"ח דהכא אינו רשאי לומר ברוך אתה ד' דהוי ברכה לבטלה ואם יאמר בלא שם א"כ בתפלה כשיאמר בשם יחזור ללימודו לומר ברוך א"י האל הקדוש הלכך לית ליה תקנתא:
Ou s'il est dans le doute — car la présomption est qu'il mentionne ce à quoi il est habitué. Ici il ne sert à rien de le dire quatre-vingt-dix fois comme au siman 114 seif 8 : ici il n'a pas le droit de dire « Baroukh ata ה' », ce serait une berakha vaine ; et s'il le dit sans le Nom, alors dans la tefila, quand il dira le Nom, il reviendra à son habitude de dire « Baroukh ata ה' haEl haqadosh ». Dès lors il n'a pas de remède.
(ד) חוזר לראש - דג' ברכות ראשונות חשובות כאחת. ואם בר"ה ויוה"כ נודע לו שהתפלל על הסדר לומר ובכן תן פחדך וגו' רק שמסופק בגמר הברכה אם סיים המלך הקדוש אפשר דא"צ לחזור דאולי לא שייך לומר בזה כהרגל לשונו בכל השנה מחמת התוספות שמוסיף לומר קודם סיום הברכה:
Il recommence depuis le début — car les trois premières berakhot comptent pour une. Si à Roch Hachana et Yom Kippour il sait qu'il a prié selon l'ordre, en disant « Ouvkhen ten pa'hdekha… », et qu'il doute seulement de la fin de la berakha, s'il a conclu « hamélekh haqadosh », il se peut qu'il n'ait pas à recommencer : peut-être que l'habitude de langue de toute l'année ne s'applique pas ici, à cause des additions qu'il dit avant la conclusion.
(ה) ע"ל ס"ס קי"ז - ס"ה וע"ש במ"ב סקי"ח:
Voir plus haut à la fin du siman 117 — seif 5, et là-bas au Michna Beroura seif qatan 18.
(ו) ע"ל סימן קי"ח - דשם פסק הרמ"א להלכה דאם אמר מלך אוהב צדקה ומשפט כיון שהזכיר מלך א"צ לחזור וע"ש במ"ב סק"ג מה שכתבנו שם בשם האחרונים בזה:
Voir plus haut siman 118 — là-bas le Rema tranche en halakha : s'il a dit « mélekh ohev tsedaqa oumichpat », puisqu'il a mentionné « mélekh », il n'a pas à recommencer. Voir là-bas au Michna Beroura seif qatan 3 ce que nous avons écrit au nom des A'haronim.
(ז) ותוך כדי דיבור וכו' - היינו שלא שהא משגמר האל הקדוש רק כדי ג' תיבות ואם שהא יותר משיעור זה לא מהני חזרתו וכ"ז כשלא התחיל עדיין ברכה אחרת דאל"ה אפילו תוך כ"ד חוזר לראש:
Et dans le délai de tokh kedei dibour, etc. — c'est-à-dire qu'il n'a pas tardé, depuis qu'il a fini « haEl haqadosh », plus que le temps de trois mots. S'il a tardé davantage, sa reprise ne sert plus. Tout cela tant qu'il n'a pas encore commencé une autre berakha ; sinon, même dans le délai de tokh kedei dibour, il recommence depuis le début.
(ח) אינו צריך לחזור - היינו אפילו לא נזכר שהוא ימי תשובה ובעת שאמר ברוך אתה ד' היה בדעתו ג"כ לסיים האל הקדוש אפ"ה כיון שלבסוף נזכר ואמר המלך הקדוש מהני:
Il n'a pas besoin de recommencer — c'est-à-dire même s'il ne s'est pas souvenu que ce sont les jours de techouva et que, lorsqu'il a dit « Baroukh ata ה' », il avait aussi l'intention de conclure « haEl haqadosh » : néanmoins, puisqu'à la fin il s'est souvenu et a dit « hamélekh haqadosh », cela suffit.
(ט) וכן הדין וכו' - אזיל לשיטתיה בסעיף הקודם ולפי מה שפסק הרמ"א בסימן קי"ח בכל גווני א"צ לחזור אם לא שאמר בפעם הראשון האל אוהב צדקה ומשפט ולא הזכיר מלך:
Et telle est aussi la règle, etc. — il va selon son avis du seif précédent. D'après ce qu'a tranché le Rema au siman 118, dans tous les cas il n'a pas à recommencer, sauf s'il a d'abord dit « haEl ohev tsedaqa oumichpat » sans mentionner « mélekh ».
(י) המלך הקדוש - ואם טעה ואמר האל הקדוש יש דעות באחרונים אם צריך לחזור ודוקא אם סיים הברכה אבל אם נזכר קודם שסיים יתחיל מן המלך הקדוש [אחרונים]:
Hamélekh haqadosh — s'il s'est trompé et a dit « haEl haqadosh », les A'haronim sont partagés sur l'obligation de recommencer, et seulement s'il a conclu la berakha ; mais s'il s'en est avisé avant de conclure, il commencera depuis « hamélekh haqadosh » [A'haronim].
(יא) אם חל ראש השנה בשבת - ר"ל יאמר ג"כ בברכת מעין שבע שבליל שבת המלך הקדוש:
Si Roch Hachana tombe un chabbat — c'est-à-dire qu'il dira aussi « hamélekh haqadosh » dans la berakha mé'en chéva du vendredi soir.
(יב) וכן כשחל וכו' - ר"ל ג"כ דאינו חותם בשל יוה"כ רק בשל שבת וככל יו"ט שחל להיות בשבת שאינו מזכיר בה של יו"ט וכנ"ל בסימן רס"ח ס"ט עיי"ש:
Et de même lorsqu'il tombe, etc. — c'est-à-dire qu'on ne conclut pas selon Yom Kippour mais selon le chabbat, comme pour toute fête tombant un chabbat où l'on n'y mentionne pas la fête ; voir plus haut siman 268 seif 9.
(יג) בכריעה - לפי שאנו תלוים בדין לפיכך יכוין להתפלל באימה וביראה. והנה מלשון זה משמע כשאר כריעה המוזכר בכתוב אצל דניאל דהוה בריך על ברכוהי וכן בשלמה כתיב קם מכרוע על ברכיו וגו' אבל אין נוהגין כן אלא יתפלל בכריעת ראשו עם גופו בלבד [אחרונים]:
En s'inclinant — parce que nous sommes suspendus au jugement, il aura donc l'intention de prier dans la crainte et le respect. Le libellé semblerait viser l'inclinaison mentionnée à propos de Daniel, qui s'agenouillait sur ses genoux, et de Salomon dont il est écrit qu'il se releva de s'être agenouillé ; mais on n'en a pas l'habitude : on priera seulement en inclinant la tête avec le corps [A'haronim].
(יד) לזקוף בסוף - פירוש קודם שיאמר ברוך אתה וה"ה בתחלת הברכה והטעם שלא להוסיף על תקנת חכמים שלא תקנו אלא בתחלת אבות והודאה ובסופן ועיין לעיל בסימן קי"ג ובמ"ב שם:
Se redresser à la fin — c'est-à-dire avant de dire « Baroukh ata », et de même au début de la berakha. La raison est de ne pas ajouter à l'institution des Sages, qui n'ont fixé l'inclinaison qu'au début d'Avot et d'Hoda'a et à leur fin. Voir plus haut siman 113 et au Michna Beroura là-bas.
(טו) זכרנו ומי כמוך - דהגאונים תיקנו בעשי"ת לומר זכרנו בברכת אבות ובגבורות מי כמוך ובהודאה וכתוב ובשים שלום בספר וע"כ כיון שאינו אלא תיקון הגאונים אם שכח לאומרם אין לחזור:
Zokhrenou et Mi khamokha — les Gueonim ont institué, pendant les dix jours de techouva, de dire Zokhrenou dans la berakha d'Avot, Mi khamokha dans Guevurot, Oukhtov dans Hoda'a et Ouvsefer dans Sim chalom. Aussi, comme ce n'est qu'une institution des Gueonim, s'il a oublié de les dire, on ne recommence pas.
(טז) רק שסיים אותה ברכה - ר"ל שאמר השם של הברכה אין לחזור משום חשש ברכה לבטלה אבל כל זמן שלא אמר השם של הברכה יכול לחזור אע"פ שיש כמה שמות (כגון בוכל החיים). לחיים יאמר בשב"א תחת הלמ"ד ולא יאמר בפת"ח דלא לישתמע לאחיים לומר לא חיים ובימים האלו שהם ימי דין צריך לדקדק ולפרט היטב תפלתו אבל בשאר ימות השנה אנו אומרים והעמידנו מלכנו לחיים בפת"ח תחת הלמ"ד ואין אנו חוששין לפי שאחר כונת הלב הן הדברים. ולא יאמר לחיים טובים רק לחיים עד שיגיע לוכתוב לחיים וכו' אז יאמר לחיים טובים כי המבקש צריך לבקש מתחלה דבר מועט ואח"כ מוסיף והולך. אין לומר באהבה מקרא קודש רק יום תרועה מקרא קודש אין לומר ודברך מלכנו אמת רק ודברך אמת. וכופלין לעילא בכל עשי"ת בכל הקדישים שאומרים:
Pourvu qu'il ait conclu cette berakha — c'est-à-dire qu'il a dit le Nom de la berakha : on ne recommence pas, de crainte d'une berakha vaine. Mais tant qu'il n'a pas dit le Nom de la berakha, il peut revenir en arrière, même s'il y a déjà plusieurs Noms (par exemple dans « bokhol ha'haïm »). « Le'haïm » se dira avec un sheva sous le lamed, et non avec un pata'h, pour qu'on n'entende pas « lo 'haïm », « non pas la vie ». En ces jours de jugement il faut soigner et articuler nettement sa tefila ; mais le reste de l'année nous disons « veha'amidenou malkénou le'haïm » avec un pata'h sous le lamed et nous n'y prenons pas garde, car les paroles suivent l'intention du cœur. On ne dira pas « le'haïm tovim » mais seulement « le'haïm », jusqu'à arriver à « oukhtov le'haïm… » : alors on dira « le'haïm tovim », car le demandeur doit d'abord demander peu, puis ajouter progressivement. On ne dira pas « beahava miqra qodesh » mais « yom terou'a miqra qodesh ». On ne dira pas « oudevarkha malkénou emet » mais « oudevarkha emet ». On double « leela » pendant tous les dix jours de techouva dans tous les kaddich que l'on dit.
(יז) אם לא אמר וכתוב ובספר וכו' - וכן גם תוספות ובכן תן וכו' שאומרין בברכה שלישית אם לא אמרו כלל אין מחזירין אותו [אחרונים]:
S'il n'a pas dit Oukhtov et Ouvsefer, etc. — de même les additions « Ouvkhen ten… » que l'on dit dans la troisième berakha : si on ne les a pas dites du tout, on ne le fait pas recommencer [A'haronim].
(יח) ואינו מזכיר ר"ח - דכשאומרים יום הזכרון קאי נמי אר"ח דקרי זכרון דכתיב ובמועדיכם ובראשי חדשיכם וגו' והיה לכם לזכרון:
Et l'on ne mentionne pas roch hodesh — car lorsqu'on dit « yom hazikaron », cela vise aussi roch hodesh, appelé souvenir, comme il est écrit : « ouvemo'adeikhem ouveraché 'hodcheikhem… vehaya lakhem lezikaron ».
(יט) אומר יום תרועה וכו' - ואפילו בתפלת הלילה או בקידוש אע"ג שאין תוקעין בלילה מ"מ היום הוא יום של תרועה דלמחר בודאי יתקעו. וכתבו האחרונים דבדיעבד אם אמר בחול זכרון תרועה וסיים הברכה אינו חוזר [דהא בתורה כתיב זכרון תרועה אע"ג דמדאורייתא תקיעה שריא בשבת] וה"ה בשבת אם אמר יום תרועה ג"כ אינו חוזר:
On dit yom terou'a, etc. — même dans la tefila du soir ou au qiddouch, bien qu'on ne sonne pas la nuit : néanmoins le jour est un jour de terou'a, car demain on sonnera certainement. Les A'haronim ont écrit qu'après coup (bediavad), s'il a dit en semaine « zikhron terou'a » et a conclu la berakha, il ne recommence pas [car la Torah écrit « zikhron terou'a », bien que d'après la Torah la sonnerie soit permise le chabbat] ; de même le chabbat, s'il a dit « yom terou'a », il ne recommence pas non plus.
(כ) בשבת אומר וכו' - ואומר או"א רצה במנוחתינו קדשנו וכו' אבל ביוה"כ שחל בשבת אין אומרים רצה במנוחתנו כיון שהוא יום עינוי ואינו מנוחה גמורה [לבוש וש"א]:
Le chabbat on dit, etc. — et l'on dit « Élo-hénou véloké avoténou, retsé vimnou'haténou, qadchénou… ». Mais à Yom Kippour tombant un chabbat on ne dit pas « retsé vimnou'haténou », car c'est un jour d'affliction et non un repos complet [Levouch et autres].
(כא) אינו אומר מועדים לשמחה וכו' - ר"ל דלא כאיזו דיעות שהוזכרו בטור דס"ל שיש לאומרם:
On ne dit pas mo'adim lesim'ha, etc. — c'est-à-dire contrairement à certains avis mentionnés dans le Tour, qui tiennent qu'il faut les dire.
(כב) אינו אומר ואין אנו יכולים לעלות ולראות - דהא אפילו בזמן המקדש לא היה המ"ע להראות כ"א בשלשה רגלים:
On ne dit pas « veein anou yekholim la'alot oulirot » — car même au temps du Temple le commandement de se présenter n'existait que pour les trois fêtes de pèlerinage.
(כג) וחותמין ודברך אמת - יאמר ותמלוך אתה ד' לבדך ולא אתה הוא ד' לבדך [ברכ"י]:
Et l'on conclut oudevarkha emet — on dira « vetimlokh ata ה' levadekha », et non « ata hou ה' levadekha » [Birké Yossef].
(כד) בקול רם - מפני שעי"ז יוכלו להתפלל יותר בכונה ומ"מ לא יגביה קולו יותר מדאי:
À voix haute — afin que l'on puisse prier avec davantage de kavana. Toutefois on n'élèvera pas trop la voix.
(כה) תכתב - ולנקבה יאמר תכתבי ביו"ד. המ"א מצדד דיש לומר ג"כ ותחתם והגר"א בביאורו מסכים לדעת העשרה מאמרות דאין לומר ותחתם. ועין במ"א דיכולין לומר לשנה טובה תכתב עד חצות היום ועיין בט"ז דמוכח מניה דיום שני כיום א' דמי לזה ויכולין לומר גם בליל שני לשנה טובה תכתב בא"ר חולק על זה:
Tikatev — et pour une femme on dira « tikatevi » avec un youd. Le Maguen Avraham penche pour dire aussi « veté'hatem » ; le Gaon de Vilna dans son commentaire s'accorde à l'Asara Maamarot : on ne dira pas « veté'hatem ». Voir le Maguen Avraham : on peut dire « lechana tova tikatev » jusqu'à midi. Voir le Taz, d'où il ressort que le second jour est comme le premier à cet égard, et que l'on peut dire aussi le second soir « lechana tova tikatev » ; l'Eliya Rabba conteste cela.