משנה ברורה

Michna Beroura — siman 584

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Ordre de la lecture de la Torah à Roch Hachana
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On ne dit pas le Hallel ; ordre d'Avinou Malkenou ; lecture « וה' פקד את שרה » et Aqeda ; sept appelés ; honneur au sonneur ; milah avant la sonnerie du chofar.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETOrdre de la lecture de la Torah à Roch Hachana
À FAIRELecture du 1er jour
depuis « וה' פקד » (Sara, Ra'hel, 'Hanna visitées) ; 7 appelés en deux sections (sevrage d’Isaac et « baacher hou cham ») ; le 7e jusqu’à « icha le ה' »
À FAIREAvinou Malkenou en semaine
dans l’ordre, y compris « 'hatanou lefanekha » ; « kale » : kaf pata'h, lamed tséré ; « roa gezar » d’un seul souffle
À FAIREAliya aux Jours redoutables
s’efforcer d’en avoir une, même l’acheter : une mitsva à prix d’argent a plus d’élévation
À FAIREMilah avant le chofar
si la maison n’est pas loin, pour tenir le mérite de la milah à la sonnerie
À ÉVITERHallel comme chant
les livres des vivants et des morts sont ouverts ; rester craintif devant le jugement
À ÉVITERAvinou Malkenou et allongement le chabbat
pas de besoins le chabbat (même RH vendredi : pas à min'ha) ; pas au-delà de midi ; pas allonger dans les mélodies
OUIErreur de lecture
kaddish pas dit : compléter les appelés dans l’Aqeda ; kaddish dit et il manque un : s’appuyer sur le maftir. Aqeda lue par erreur le 1er jour : acquitté ; le 2e on lit « וה' פקד » et l’Aqeda jusqu’à la fin
NON« Yom le-yabacha » en semaine
seulement si RH tombe un chabbat, avant la fin de la berakha de délivrance
REMATehilim quotidiens : Hallel permis comme demande, non comme chant. Chabbat sans chofar : milah après Achré (certains avant, pour le kaddish). Maison loin : circoncire après la synagogue. Salarié de la sonnerie ou de la tefila : on n’a pas coutume de l’appeler. Voir siman 135 seif 14.
Pas de Hallel-chant. Lecture « וה' פקד », 7 appelés. Avinou Malkenou en semaine seulement. Milah avant le chofar si possible. Chercher une aliya.

Glossaire

Hallel
psaumes de louange festifs
Avinou Malkenou
« Notre Père, notre Roi »
vidoui
confession des fautes
meqatreg
l'accusateur céleste
piyoutim
poèmes liturgiques
Aqeda
ligature d'Isaac
maftir
dernier appelé qui lit la haftara
aliya
montée à la Torah
milah
circoncision
Yehalelou
formule de clôture après la lecture
Yom le-yabacha
piyout inséré à la berakha de la délivrance le chabbat d'une milah

(א) אין אומרים הלל וכו' - לפי שספרי החיים והמתים פתוחים ואיך יאמר שירה ואע"ג שאנו בטוחים שנצא זכאים בדין מ"מ צ"ל ירא וחרד מאימת הדין ועי"כ נזכר לזכות:

On ne dit pas le Hallel, etc. — parce que les livres des vivants et des morts sont ouverts : comment dirait-on un chant ? Bien que nous soyons confiants de sortir justifiés du jugement, il faut néanmoins être craintif et tremblant devant la terreur du jugement ; par là on est rappelé pour le mérite.

(ב) בראש השנה - והאומרים תהלים בכל יום ומתרמי להם הלל ביום ר"ה ויו"כ שרי לאומרו כיון שא"א אותו דרך שירה רק דרך תחנה ובקשה:

À Roch Hachana — ceux qui disent Tehilim chaque jour et à qui le Hallel échoit le jour de Roch Hachana et de Yom Kippour peuvent le dire, puisqu'ils ne le disent pas comme un chant mais comme une supplication et une demande.

(ג) על הסדר - לאפוקי מדעת הרב"י שמדלגין בכ"מ שמזכיר חטא ולדידיה א"א א"מ חטאנו לפניך מפני שא"א וידוי בר"ה (כדי שלא ליתן פ"פ למקטרג) ולומר פסוקים שיש בהם הזכרת חטא אין קפידא לכו"ע כיון שאינו דרך וידוי. ובפירוש המחזור מפרש א"מ חטאנו לפניך כלומר אבותינו חטאו שעבדו ע"ג (ואנו צריכין להתודות עליהם כמ"ש והתודו את עונם ואת עון אבותם) ואנו אין לנו מלך אלא אתה לכן עשה עמנו למען שמך ובזה נתיישב מנהגינו שאומרים אותו בר"ה. צ"ל מחה והעבר חטאינו ופשעינו כי פשע גדול הרבה מחטא וצריך לבקש תחלה על הקל ואח"כ על החמור. יש לומר כלה הכ"ף בפת"ח והלמ"ד בציר"י. הט"ז בסימן תרכ"ב כתב שיש לומר רוע גזר בנשימה אחת דהיינו שיקרע הוא ית' הרוע שבגזירה ומה שנשאר בגזירה יהיה לרחמים:

Dans l'ordre — pour écarter l'avis du Rav Beit Yossef, qui saute partout où le péché est mentionné ; selon lui on ne dit pas « Avinou Malkenou, 'hatanou lefanekha », parce qu'on ne dit pas de vidoui à Roch Hachana (afin de ne pas donner d'ouverture à l'accusateur). Dire des versets qui mentionnent le péché n'est gênant pour personne, puisque ce n'est pas sur le mode du vidoui. Le commentaire du ma'hzor explique « Avinou Malkenou, 'hatanou lefanekha » : nos pères ont péché en servant des idoles (et nous devons nous en confesser, comme il est écrit « vehitvadou et avonam veet avon avotam »), et nous n'avons de roi que Toi ; aussi agis avec nous pour l'amour de Ton Nom. Ainsi s'explique notre coutume de le dire à Roch Hachana. Il faut dire « me'hé veha'aver 'hataénou oufechaénou », car le péché délibéré est bien plus grave que la faute : on demande d'abord pour le léger, puis pour le grave. On dira « kale » : le kaf avec pata'h et le lamed avec tséré. Le Taz au siman 622 écrit qu'il faut dire « roa gezar » d'un seul souffle : c'est-à-dire qu'Il déchire le mal qui est dans le décret, et que ce qui reste du décret soit miséricorde.

(ד) ואם הוא שבת וכו' - הטעם שאין שואלין צרכים בשבת ואף כשחל ר"ה בע"ש במנחה אין אומרים א"מ:

Et s'il est chabbat, etc. — la raison est qu'on ne demande pas de besoins le chabbat. Même si Roch Hachana tombe un vendredi, on ne dit pas Avinou Malkenou à min'ha.

(ה) עד חצות - לכל הפחות ואם חל בשבת אין להאריך יותר מחצות ובחול יכול להאריך בד"א בפיוטים ותפלות אבל בניגונים אין להאריך:

Jusqu'à midi — au moins. S'il tombe un chabbat, on n'allongera pas au-delà de midi. En semaine on peut allonger, à condition que ce soit dans les piyoutim et les tefilot, mais on n'allongera pas dans les mélodies.

(ו) מוה' פקד - לפי שבר"ה נפקדה שרה רחל וחנה:

Depuis « וה' פקד » — parce qu'à Roch Hachana Sara, Ra'hel et 'Hanna furent visitées.

(ז) שבעה - ומוסיפין לעשות ב' פרשיות א' ביום הגמל את יצחק ב' באשר הוא שם:

Sept — et l'on ajoute à en faire deux sections : l'une « au jour où l'on sevra Isaac », l'autre « baacher hou cham ».

(ח) השביעי - עד אשה לד'. ואם טעה והשלים הפרשה בארבעה קרואים או ג' ועדיין לא אמר קדיש ישלים מנין הקרואים בפרשה עקידה שאחריה ואם אמר קדיש אם לא חסר ממנין רק אחד א"צ לקרות ויסמוך על המפטיר כ"כ בשערי אפרים ובתשובת ח"ס חאו"ח סימן כ"ט כתב דאם השלים הפרשה בארבעה לא יאמר קדיש עד אחר שיקראו בס"ת שניה ויהיה המפטיר עולה לחמישי דקי"ל מפטיר עולה למנין הקרואים. אם טעה וקרא ביום א' בפרשת עקידה יצא וקורא ביום שני בפרשה וד' פקד וגו' וגם פרשת העקידה עד סוף הסדרא. ומ"מ אם נזכר בעודו קורא בפרשת עקידה שטעה ועדיין לא בירך האחרון ברכה אחרונה יגלול ויקרא עמו פרשת וד' פקד עד סופו ואח"כ יברך ברכה אחרונה [ממט"א וש"א] עוד כתב במט"א ראוי לכל גבר ירא ד' להשתדל שיהיה לו עליה בימים נוראים ואף במקומות שמוכרין מצות יקנה אותו בדמים כפי יכולתו ואדרבה יש עילוי יותר במצוה שבאה אליו בדמים ממצוה שבאה לו בחנם אין כסף:

Le septième — jusqu'à « icha le ה' ». S'il s'est trompé et a achevé la section avec quatre appelés, ou trois, et qu'on n'a pas encore dit le kaddish, on complétera le nombre des appelés dans la section de l'Aqeda qui suit. Si l'on a dit le kaddish et qu'il ne manque qu'un appelé au nombre, on n'a pas besoin de lire : on s'appuiera sur le maftir. Ainsi dans Cha'aré Efraïm. Dans une responsum du 'Hatam Sofer, Ora'h 'Haïm siman 29, il écrit : si l'on a achevé la section avec quatre, on ne dira pas le kaddish avant d'avoir lu dans le second rouleau, et le maftir montera comme cinquième, car nous tenons que le maftir compte dans le nombre des appelés. S'il s'est trompé et a lu le premier jour la section de l'Aqeda, il s'est acquitté ; le second jour on lit la section « וה' פקד… » et aussi la section de l'Aqeda jusqu'à la fin de la sidra. Toutefois, s'il s'en avise alors qu'il lit encore l'Aqeda par erreur et que le dernier n'a pas encore dit la berakha finale, on roulera et l'on lira avec lui « וה' פקד » jusqu'à la fin, puis il dira la berakha finale [Maté Efraïm et autres]. Le Maté Efraïm écrit encore : il convient à tout homme craignant ה' de s'efforcer d'avoir une aliya aux Jours redoutables ; même là où l'on vend les mitsvot, qu'il l'achète au prix de ses moyens. Au contraire, une mitsva qui lui vient à prix d'argent a plus d'élévation qu'une mitsva qui lui vient gratis, sans argent.

(ט) התוקע - ויש מקומות שנוהגין לקרות גם המתפלל מוסף וכן ביוה"כ קוראין אותו. ומי שנוטל שכר על התקיעה ותפילה אין נוהגין לקרותם [א"ר]:

Le sonneur — en certains lieux on a coutume d'appeler aussi celui qui prie Moussaf, et de même à Yom Kippour on l'appelle. Celui qui prend un salaire pour la sonnerie et la tefila, on n'a pas coutume de les appeler [Eliya Rabba].

(י) וע"ל ס"ס קל"ה - סי"ד בהג"ה שם נתבאר כמה פרטים שמשתנה זה הדין וע"ש במ"ב ובה"ל:

Et voir plus haut à la fin du siman 135 — seif 14 dans la glose : là-bas sont expliqués plusieurs détails où cette règle varie. Voir là-bas au Michna Beroura et au Béour Halakha.

(יא) בין קה"ת וכו' - דכך הסדר ברית אברהם [שהיא המילה] ועקידת יצחק וכדאמרינן בר"ה למה תוקעין בשל איל כדי להזכיר אילו של יצחק ועוד דמילה מצוי יותר מתקיעה וכתדיר דמיא לגבי תקיעה והוא קודם [הגר"א] ובמקום שנוהגין למול בבית שהתנוק שם מלין אחר יציאה מביהכ"נ כדי שלא יהיה טרחא דצבורא לילך שם ולשהות ולחזור לביהכ"נ ומ"מ אם אין הבית רחוק מביהכ"נ באופן שלא יהיה שהות הרבה וטורח הצבור טוב למול קודם תקיעת שופר כדי שיהיה בידם זכות המילה בעת תקיעת שופר [מט"א]:

Entre la lecture de la Torah, etc. — tel est l'ordre : l'alliance d'Abraham (la milah) et la ligature d'Isaac. Comme nous disons à Roch Hachana : pourquoi sonne-t-on d'un bélier ? Pour rappeler le bélier d'Isaac. De plus, la milah est plus fréquente que la sonnerie et est comme une mitsva régulière par rapport à la sonnerie ; elle la précède donc [Gaon de Vilna]. Là où l'on a coutume de circoncire à la maison où se trouve l'enfant, on circoncit après la sortie de la synagogue, afin d'éviter la peine du public d'y aller, d'attendre et de revenir. Toutefois, si la maison n'est pas loin de la synagogue, de sorte qu'il n'y aura pas long délai ni peine pour le public, il est bon de circoncire avant la sonnerie du chofar, afin d'avoir en main le mérite de la milah au moment de la sonnerie [Maté Efraïm].

(יב) לתקיעת שופר - ובשבת שאין שם תקיעת שופר מלין אחר אשרי. ואחר המילה וברכותיה אומרים יהללו ויש מי שכתב שגם בשבת מלין קודם אשרי כדי שלא יהיה הפסק רב להקדיש. כשחל מילה בר"ה בשבת אומרים יום ליבשה קודם סיום ברכת הגאולה שהוא שבח על המילה אבל כשחל ר"ה בחול א"א יום ליבשה. גדול אחד נהג כשהיה מוהל בר"ה לא קנח פיו אחר המילה אלא בפה המלוכלך בדם המילה תקע לערב מילה בשופר ונראה שאעפ"כ יקנח פיו מבחוץ וגם ירחץ ידיו משום כבוד הברכה [מטה אפרים]:

Pour la sonnerie du chofar — et le chabbat, où il n'y a pas de sonnerie du chofar, on circoncit après Achré. Après la milah et ses berakhot on dit Yehalelou. Il en est qui ont écrit que même le chabbat on circoncit avant Achré, afin qu'il n'y ait pas une grande interruption avant le kaddish. Si une milah tombe à Roch Hachana un chabbat, on dit « Yom le-yabacha » avant la fin de la berakha de la délivrance, car c'est une louange de la milah ; mais si Roch Hachana tombe en semaine, on ne dit pas « Yom le-yabacha ». Un grand avait l'habitude, lorsqu'il était mohel à Roch Hachana, de ne pas s'essuyer la bouche après la milah, et de sonner bouche encore tachée du sang de la milah, pour mêler milah et chofar. Il semble néanmoins qu'il s'essuiera la bouche par dehors et se lavera aussi les mains, par respect pour la berakha [Maté Efraïm].