משנה ברורה

Michna Beroura — siman 585

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Berakha du chofar
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On sonne et l'on bénit debout ; formule « lichmoa qol chofar » ; ordre Tashrat ; position du chofar à droite et ouverture vers le haut ; qui bénit pour qui ; sonneries assises et debout ; le recitant et le sonneur.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETBerakha du chofar
À FAIREDebout pour sonner et bénir
Comme toute berakha de mitsva ; « yom terou'a yihyé lakhem » s’apprend de l’omer (« beqoma »).
À FAIREFormule lichmoa
On bénit « lichmoa qol chofar », pas « litqoa » : l’essentiel est l’écoute. Pas « beqol » (semblerait « faire Sa volonté »).
À FAIRECôté droit, ouverture en haut
Chofar du côté droit de la bouche (le satan se tient à droite). Ouverture vers le haut, non sur les côtés. Si l’on ne peut pas, on n’y tient pas.
À ÉVITERS’appuyer comme assis
Ne pas s’appuyer au point de tomber si l’objet était ôté : cela compte pour une assise.
À ÉVITERBerakha au mauvais moment
Changement de chofar au milieu des sonneries : pas de nouvelle berakha. Entre la berakha et le début des sonneries : il faut bénir.
OUIBediavad
Sonné assis : acquitté (le verset n’est qu’un appui). Formules « litqoa bachofar », « al teqiat chofar » ou « lichmoa beqol chofar » : acquitté.
OUISonneur déjà acquitté ou doute
Auditeurs bénissent eux-mêmes s’ils savent ; sinon il bénit pour eux. Coutume du monde : les acquitter en tout cas (Peri 'Hadach, Gaon de Vilna). Doute d’avoir entendu : 1er jour sonner sans berakha ; 2e jour pas besoin.
OUIAbsents à la berakha
S’ils n’étaient pas là, ils bénissent à voix basse avant de sonner. Si le second s’est déjà acquitté, il sonne sans berakha.
NONParticulier sans sonneries de Moussaf
Il doit se lever a priori : il n’entendra pas celles de l’ordre des berakhot.
REMAOn sonne à l’endroit de la lecture de la Torah. Confier à un juste convenable, sans querelle, qui vise à acquitter le public. Le public n’est pas tenu de se lever ; la coutume est de se lever aussi aux sonneries « assises » avant Moussaf. Sidour/ma'hzor : on le tient pour assuré. Réciter les sons devant le sonneur. Autre chofar déjà sur la table : pas de nouvelle berakha. « Vihi noam » dans le chofar : a priori peu opportun (sonneries assises = interruption). Partager les séries selon la coutume du lieu.
Bénir lichmoa debout, chofar à droite ouverture en haut. L’écoute acquitte. Doute au 1er jour : sonner sans berakha. Le public se lève par coutume.

Glossaire

lichmoa qol chofar
« entendre la voix du chofar » (formule de la berakha)
bediavad
après coup
lekhathila
a priori
Tashrat
série teki'a–shevarim–terou'a–teki'a
sonneries assises
sonneries avant Moussaf, où il est permis de s'asseoir
sonneries debout
sonneries sur l'ordre de Malkhouyot, Zikhronot et Chofarot
Malkhouyot / Zikhronot / Chofarot
les trois séries de la tefila de Moussaf
maqri
celui qui récite l'ordre des sonneries devant le sonneur
shogeg
par erreur

(א) לתקוע - וכן הברכה צריך להיות בעמידה כמו כל ברכת המצות וכדלעיל בסימן ח' ס"א [אחרונים]:

Pour sonner — de même la berakha doit se faire debout, comme toute berakha des mitsvot, ainsi qu'il a été dit plus haut au siman 8 seif 1 [A'haronim].

(ב) מעומד - דכתיב יום תרועה יהיה לכם וילפינן מלכם דגבי עומר ובעומר כתיב חרמש בקמה אל תקרי בקמה אלא בקומה. וכתב המ"א דלפ"ז אין לסמוך על שום דבר באופן שאם ינטל אותו דבר יפול שעמידה זו חשובה כישיבה ומ"מ בדיעבד אף אם תקע מיושב לגמרי יצא דקרא אסמכתא בעלמא הוא ולכתחלה. והצבור השומעים התקיעות לא הטריחום לעמוד משום כבוד צבור וגם כי עתידים לשמוע מעומד התקיעות שעל סדר הברכות של מלכיות זכרונות וגו'. ועכשיו נהגו הצבור לעמוד כולם גם בשעת התקיעות שתוקעין קודם מוסף ואעפ"כ נקראין תקיעות דמיושב מאחר שרשות לישב בהם. ואם יחיד שומע תקיעות לצאת בהם ואינו עתיד לשמוע על סדר הברכות צריך מדינא לעמוד לכתחלה:

Debout — car il est écrit « yom terou'a yihyé lakhem », et l'on apprend de « lakhem » qui se trouve aussi à propos de l'omer ; et à propos de l'omer il est écrit « 'hermech baqama » : ne lis pas baqama mais beqoma (debout). Le Maguen Avraham écrit : d'après cela, on ne s'appuiera sur rien de telle sorte que, si l'on ôtait cet objet, l'on tomberait, car une telle station compte pour une assise. Toutefois, après coup (bediavad), même s'il a sonné tout à fait assis, il s'est acquitté, car le verset n'est qu'un simple appui ; a priori (lekhathila) [il faut être debout]. On n'a pas imposé au public qui écoute les sonneries de se lever, par égard pour le public, et aussi parce qu'ils entendront debout les sonneries de l'ordre des berakhot de Malkhouyot, Zikhronot, etc. Maintenant le public a coutume de se lever tous aussi pendant les sonneries que l'on sonne avant Moussaf ; elles s'appellent néanmoins sonneries assises, puisqu'il est permis de s'y asseoir. Si un particulier écoute des sonneries pour s'en acquitter et qu'il n'entendra pas celles de l'ordre des berakhot, il doit d'après la loi se lever a priori.

(ג) במקום שקורין - כדי שזכות התורה יגן עלינו לעלות זכרונינו לפניו לטובה. וראוי ליתן לתקוע לצדיק והגון ובלבד שלא יהא מחלוקת בדבר ועכ"פ צריך שידע לכוין להוציא הצבור בתקיעתו:

À l'endroit où l'on lit — afin que le mérite de la Torah nous protège et fasse monter notre souvenir devant Lui pour le bien. Il convient de donner à sonner à un juste convenable, pourvu qu'il n'y ait pas de querelle à ce sujet ; en tout cas il faut qu'il sache avoir l'intention d'acquitter le public par sa sonnerie.

(ד) יברך לשמוע וכו' - ר"ל שלא יאמר לתקוע בך בשופר דלאו בתקיעה תליא מילתא אלא בשמיעה שהרי התוקע ולא שמע קול שופר לא יצא כמו שנתבאר בסימן תקפ"ז ע"ש ולא יאמר בקול דמשמע לעשות רצונו ובדיעבד אם בירך לתקוע בשופר או על תקיעת שופר או לשמוע בקול שופר יצא. אם נטלו השופר באמצע התקיעות והביאו לו שופר אחר א"צ לברך אבל בין בין ברכה לתחילת התקיעות צריך לברך:

Il bénira lichmoa, etc. — c'est-à-dire qu'il ne dira pas « litqoa bekha bachofar », car la chose ne dépend pas de la sonnerie mais de l'écoute : le sonneur qui n'a pas entendu la voix du chofar ne s'est pas acquitté, comme il a été expliqué au siman 587. Il ne dira pas non plus « beqol », qui semblerait « faire Sa volonté ». Après coup, s'il a béni « litqoa bachofar » ou « al teqiat chofar » ou « lichmoa beqol chofar », il s'est acquitté. Si l'on a pris le chofar au milieu des sonneries et qu'on lui en a apporté un autre, il n'a pas besoin de bénir ; mais entre la berakha et le début des sonneries, il doit bénir.

(ה) או שכבר יצא וכו' - האחרונים העלו דבאופן זה שכבר יצא התוקע בעצמו טוב יותר שיברכו השומעים בעצמן שתי הברכות אא"כ אינם יודעים לברך בעצמן אז יברך בשבילן להוציאן ומנהג העולם להקל להוציאן בכל גווני ואין למחות בהם כי כן הוא עיקר מדינא כמו שכתב הפר"ח והגר"א. מי שנסתפק לו אם שמע קול שופר [או נטל לולב] ביום א' שהוא מן התורה תוקע ואינו מברך וביום ב' שאינו אלא מד"ס א"צ לתקוע דספק ד"ס להקל:

Ou qu'il s'est déjà acquitté, etc. — les A'haronim ont conclu : dans ce cas où le sonneur s'est déjà lui-même acquitté, il est préférable que les auditeurs bénissent eux-mêmes les deux berakhot, à moins qu'ils ne sachent pas bénir seuls ; alors il bénira pour eux afin de les acquitter. La coutume du monde est d'être indulgent et de les acquitter en tout cas, et l'on n'y objectera pas, car telle est au fond la loi, comme l'ont écrit le Peri 'Hadach et le Gaon de Vilna. Qui doute d'avoir entendu la voix du chofar [ou d'avoir pris le loulav] le premier jour, qui est de la Torah, sonne et ne bénit pas ; le second jour, qui n'est que de rabbinique, il n'a pas besoin de sonner, car un doute de rabbinique se tranche à la légère.

(ו) ויתקע תשר"ת ג' פעמים וכו' - טעם לסדר זה עיין לקמן בסימן תק"צ סעיף א' וב':

Et il sonnera Tashrat trois fois, etc. — la raison de cet ordre : voir plus loin siman 590 seif 1 et 2.

(ז) בצד ימין - של פיו משום דכתיב והשטן עומד על ימינו לשטנו:

Du côté droit — de sa bouche, parce qu'il est écrit : « vehasatan omed al yemino lesitno ».

(ח) אם אפשר לתקוע בכך - ואם א"א לו אין להקפיד אף אם יעמידנו בצד שמאל וגם פי השופר לצד שמאל:

S'il est possible de sonner ainsi — et s'il ne le peut, on n'y tiendra pas, même s'il le place du côté gauche et que l'ouverture du chofar soit aussi à gauche.

(ט) וכן יהפוך השופר למעלה וכו' - ר"ל שטוב שיהפוך פי השופר למעלה ולא לצדדין:

De même il tournera le chofar vers le haut, etc. — c'est-à-dire qu'il est bon de tourner l'ouverture du chofar vers le haut et non sur les côtés.

(י) ודי בברכה וכו' - דהלא הראשון בירך להוציא בזה כל הקהל:

Et une berakha suffit, etc. — car le premier a béni pour acquitter par là toute l'assemblée.

(יא) והוא שיהיו שם וכו' - דאם לא היו שם באותה שעה צריכים לברך לעצמן בלחש קודם שיתחילו לתקוע אך אם כבר יצא ידי חובתו תוקע בלא ברכה כיון שהצבור כבר שמעו הברכה מן הראשון:

Pourvu qu'ils y fussent, etc. — s'ils n'y étaient pas à ce moment-là, ils doivent bénir eux-mêmes à voix basse avant de commencer à sonner. Mais s'il s'est déjà acquitté de son obligation, il sonne sans berakha, puisque le public a déjà entendu la berakha du premier.

(יב) ולא הויא ברכה לבטלה - כיון שהשני יוצא בברכתו:

Et ce n'est pas une berakha vaine — puisque le second s'acquitte par sa berakha.

(יג) כדי שלא יתבלבל - אבל הפסק לא הוי דהוא חשוב צורך תפלה שאלו התקיעות נקבעו על סדר הברכות:

Afin qu'il ne se trouble pas — mais ce n'est pas une interruption, car c'est considéré comme un besoin de la tefila : ces sonneries ont été fixées sur l'ordre des berakhot.

(יד) ואם הוא מובטח וכו' - ואם אינו מובטח וליכא אחר שיודע לתקוע י"א דבאופן זה לא יתקע עד אחר התפלה וכ"ש כשכבר יצא בתקיעות דמיושב וי"א שאם אין שם אחר יוכל לתקוע על סדר ברכות אע"פ שאין מובטח דיש לו לבטוח שמן השמים יסייעוהו לעשות כהוגן. ואם מתפלל מתוך הסדור והמחזור לכו"ע דינו כמובטח:

Et s'il est assuré, etc. — s'il n'est pas assuré et qu'il n'y a personne d'autre qui sache sonner, certains disent qu'en ce cas il ne sonnera qu'après la tefila, et à plus forte raison s'il s'est déjà acquitté par les sonneries assises. D'autres disent que s'il n'y a personne d'autre, il peut sonner sur l'ordre des berakhot même s'il n'est pas assuré : qu'il se fie à ce que le Ciel l'aidera à faire comme il faut. S'il prie dans le sidour et le ma'hzor, tous s'accordent à le traiter comme assuré.

(טו) רשאי לתקוע - אפילו יש שם אחר דתקיעה לא חשיב הפסק כלל וכנ"ל:

Il a le droit de sonner — même s'il y a quelqu'un d'autre, car la sonnerie n'est pas du tout considérée comme une interruption, comme ci-dessus.

(טז) ודוקא וכו' - דשם חיישינן שיתבלבל ולא יוכל לחזור לתפלתו:

Et seulement, etc. — car là on craint qu'il se trouble et ne puisse revenir à sa tefila.

(יז) אומרים לו גמור - ובמקומות שנהגו לחלק ולתת תקיעות דמיושב לאחד ודמעומד לאחר או לחלק גם הסדרים מלכיות לאחד זכרונות לאחר וכו'. יעשו כמנהגם כי ישראל קדושים הם ומחבבין המצות:

On lui dit : achève — et aux lieux où l'on a coutume de partager et de donner les sonneries assises à l'un et les sonneries debout à un autre, ou même de partager les séries : Malkhouyot à l'un, Zikhronot à un autre, etc., on fera selon leur coutume, car Israël est saint et chérit les mitsvot.

(יח) להקרות - המתפלל שחרית מקרא להתוקע ובמקום שיש מ"ץ הוא מקרא. גם תקיעה ראשונה יקרא לפניו אע"ג דלא שכיח כ"כ שיטעה. פעם אחת לא היו יכולין לתקוע והפך השופר וקרא לתוכו ויהי נועם ושוב יכלו לתקוע [מ"א בשם מהרי"ל] ועיין בדגול מרבבה שזהו דוקא בתקיעות דמעומד אבל בתקיעות מיושב הוי הפסק גמור בין ברכה לתקיעה ועיין בשע"ת שמיישב קצת ד"ז ומ"מ לכתחלה נראה לענ"ד שאינו כדאי לעשות כן ואם הוצרך ליקח שופר אחר א"צ לחזור ולברך כיון שהיה מונח לפניו על השולחן מסתמא דעתו היה על כולם. המקרא והתוקע ראוי להם שילמדו היטב דיני השופר וסדר התקיעות כי לפעמים מאיזה סיבה נופל טעות בפי המקרא או בשגגת התוקע וצריך לידע איך לעשות אם לתקוע להלן או לחזור לראש הסדר [מט"א]:

À réciter — celui qui prie cha'harit récite devant le sonneur ; là où il y a un maître du rite, c'est lui qui récite. Même la première teki'a, il la lui récitera, bien qu'il soit assez rare qu'il se trompe. Une fois, on ne pouvait sonner : on retourna le chofar, on y lut « Vihi noam », et l'on put ensuite sonner [Maguen Avraham au nom du Maharil]. Voir le Dagul Merevava : cela ne vaut que pour les sonneries debout ; pour les sonneries assises, c'est une interruption franche entre la berakha et la sonnerie. Voir le Cha'aré Techouva qui arrange un peu la chose ; néanmoins a priori il ne me semble pas opportun de le faire. S'il a fallu prendre un autre chofar, il n'a pas à bénir de nouveau, puisqu'il était posé devant lui sur la table : son intention portait vraisemblablement sur tous. Le récitant et le sonneur devront bien étudier les lois du chofar et l'ordre des sonneries, car parfois, pour quelque raison, une erreur tombe dans la bouche du récitant ou par l'erreur (shogeg) du sonneur, et il faut savoir comment faire : sonner plus loin ou revenir au début de la série [Maté Efraïm].

(יט) אינו רואה וכו' - עיין לעיל בסימן ש"ו ס"ה ובמ"ב שם:

Il ne voit pas, etc. — voir plus haut siman 306 seif 5 et au Michna Beroura là-bas.