משנה ברורה

Michna Beroura — siman 600

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Œuf pondu à Roch Hachana et lois du Kiddouch
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Les deux jours n'ont qu'une seule sainteté ; au Kiddouch du second soir on dit Chéhé'héyanou, de préférence avec un vêtement ou un fruit neuf.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETŒuf pondu à Roch Hachana et lois du Kiddouch
À ÉVITERŒuf pondu le premier jour
Interdit le second jour : les deux jours n’ont qu’une seule sainteté — pas le « de toute façon » des autres Yom Tov
À FAIREChéhé'héyanou au Kiddouch du second jour
Pour sortir de la controverse : certains ne le disent pas (une seule sainteté, déjà béni le premier jour) ; malgré tout on le dit, car ce sont deux jours
À FAIREVêtement neuf ou fruit neuf
Habit déjà prêt : joie à l’achat (siman 223). Étoffe donnée à l’artisan : joie à l’usage. Femme, allumage du second jour : vêtement neuf ou fruit neuf, puis Chéhé'héyanou
À ÉVITERRaisin encore vert ou acide
Souvent apporté d’ailleurs, encore vert : doute de berakha (taille d’une fève blanche → fruit de la terre) ; on ne mange pas d’acides à Roch Hachana ; fruit non mûr n’est pas bon signe (Maté Efraïm). Maassé Rav : ne pas manger de raisin à Roch Hachana (sod)
À FAIREVin nouveau
Kiddouch sur le vin vieux (mitsva de choix) ; à Chéhé'héyanou, prendre le vin nouveau en main ou y poser les yeux
À ÉVITERFruit neuf les autres Yom Tov
Certains se trompent en le prenant aussi alors : c’est une erreur
OUIPremier jour un Chabbat
On ne sonne pas : on dit le « temps » le second jour de l’avis de tous (cette mitsva n’a pas encore eu le « temps »). Certains le disent même sans vêtement ni fruit neuf ; lekhathila le sonneur porte un vêtement neuf avec le chofar. On suit le Rema
OUIChofar arrivé tard (Roch Hachana jeudi-vendredi)
Après la tefila de Chabbat, s’il fait encore grand jour et pas d’expert qui n’a pas accepté le Chabbat : que sonne sans berakha celui qui a accepté le Chabbat — seulement Tashrat, Tashat, Tarat. Dire à un non-juif, même béin hachemachot du premier jour, est permis
NONBéin hachemachot du second jour
On ne sonne pas du tout : obligation du second jour seulement rabbinique, doute rabbinique
REMABeit Yossef : en son lieu on ne bénissait pas Chéhé'héyanou sur le chofar le second jour ; nous suivons le Rema. Premier jour (Torah) : on sonne sans berakha.
Les deux jours n’ont qu’une seule sainteté : l’œuf du premier est interdit le second. On dit Chéhé'héyanou le second jour (vêtement ou fruit neuf pour sortir du doute). Vin nouveau : Kiddouch sur le vieux. Chofar tardif après acceptation du Chabbat : sans berakha, Tashrat-Tashat-Tarat, et seulement de jour.

Glossaire

lekhathila
a priori
Chéhé'héyanou
berakha du temps nouveau
jour allongé
yoma arikhta, les deux jours comptés comme une seule unité de sainteté
béin hachemachot
crépuscule, entre le jour et la nuit
Tashrat, Tashat, Tarat
les trois séries de sonneries prescrites

(א) אסור בשני - אע"ג דבשאר יו"ט מותר בשני מכח ממה נפשך אם יום ראשון הוא קודש השני הוא חול ואם השני קודש הראשון היה חול הכא אסור דתרווייהו חדא קדושתא היא:

Interdit le second jour - Bien que les autres Yom Tov ce soit permis le second par « de toute façon » — si le premier est saint, le second est profane, et si le second est saint, le premier était profane —, ici c'est interdit, car tous deux n'ont qu'une seule sainteté.

(ב) בקידוש וכו' - להוציא נפשיה מפלוגתא משום שי"א שאין אומרים שהחיינו דתרווייהו יומי קדושה אחת היא והרי כבר בירך שהחיינו ביום א':

Au Kiddouch, etc. - Pour se tirer de la controverse, car certains disent qu'on ne dit pas Chéhé'héyanou, les deux jours n'ayant qu'une seule sainteté, et l'on a déjà béni Chéhé'héyanou le premier jour.

(ג) בגד חדש - אף דבסימן רכ"ג ס"ד פסק דבשעת הקנין יש לו לברך התם מיירי כשקנה מלבוש מוכן אז השמחה כשקנאו והכא מיירי שקנה חתיכת בגד ונתן לאומן לתקנו דאז השמחה כשמשתמש בו:

Un vêtement neuf - Bien qu'au siman 223 seif 4 il ait tranché qu'on bénit au moment de l'acquisition, là il s'agit de l'achat d'un habit déjà prêt, dont la joie est à l'achat ; ici il s'agit de l'achat d'une pièce d'étoffe donnée à l'artisan pour la confectionner, dont la joie est à l'usage.

(ד) פרי חדש - במדינות שאין ענבים מצוין ומביאים ממקומות אחרים ועל פי הרוב הם בוסר אין ליקח אותם שיש בהם ספק ברכה שאינו יודע אם הגיעו לפול הלבן דאז מברכים עליהם בפה"א וגם שהם חמוצים ואין לאכול דברים חמוצים בר"ה וגם מה שלא נגמר פריו אינו סימן טוב [מטה אפרים] ובמעשה רב כתב דאין לאכול ענבים בר"ה (והטעם ע"פ סוד). אם יש לו תירוש חדש יקדש על היין ישן דהוא מצוה מן המובחר וכשיגיע לשהחיינו יטול התירוש בידו או יתן עיניו בו [אחרונים]. עוד כתבו דה"ה אשה בברכת הדלקה ביום שני תלבש בגד חדש או תניח פרי חדש ואז תוכל לברך שהחיינו:

Un fruit neuf - Dans les pays où le raisin n'est pas courant et où on l'apporte d'ailleurs, le plus souvent encore vert, on ne le prendra pas : il y a un doute de berakha, car on ne sait s'il a atteint la taille d'une fève blanche, auquel cas on dit « créateur du fruit de la terre » ; de plus ils sont acides, et l'on ne mange pas de choses acides à Roch Hachana ; enfin un fruit qui n'a pas achevé sa maturation n'est pas bon signe [Maté Efraïm]. Et dans Maassé Rav il a écrit de ne pas manger de raisin à Roch Hachana (la raison est selon le sod). S'il a du vin nouveau, qu'il fasse le Kiddouch sur le vin vieux, c'est la mitsva de choix, et lorsqu'il arrive à Chéhé'héyanou qu'il prenne le vin nouveau en main ou qu'il y pose les yeux [Aharonim]. Ils ont encore écrit que de même une femme, pour la berakha de l'allumage le second jour, mettra un vêtement neuf ou disposera un fruit neuf, et alors elle pourra dire Chéhé'héyanou.

(ה) עם כל זה יאמר שהחיינו - דאף דקדושה אחת היא מ"מ ב' ימים הם. ויש טועים ליקח אף בשאר ימים טובים פרי חדש וטעות הוא:

Malgré tout on dira Chéhé'héyanou - Car même s'il n'y a qu'une seule sainteté, ce sont néanmoins deux jours. Certains se trompent en prenant un fruit neuf même les autres Yom Tov : c'est une erreur.

(ו) אם חל יום ראשון בשבת - ר"ל שאז אין תוקעין ממילא יוכל לומר זמן ביום ב' לכו"ע דהא לא אמרו זמן על מצוה זו והוא כעת מילתא חדתא:

Si le premier jour tombe un Chabbat - C'est-à-dire qu'alors on ne sonne pas ; dès lors on peut dire le « temps » le second jour de l'avis de tous, car on n'a pas dit le « temps » sur cette mitsva et c'est à présent une chose nouvelle.

(ז) וי"א לאומרו וכו' - היינו אפילו בלא בגד חדש ופרי חדש משום דהא היום אין יוצאין בתקיעה של אתמול ולא אמרינן יומא אריכתא הוא וה"ה נמי בברכת התקיעה ומ"מ לכתחילה טוב שילבש התוקע בגד חדש בשופר [מ"א וש"א] ועיין בב"י דבמקומו נהגו שלא לברך שהחיינו בשופר ביום ב' אכן אנו נוהגין כהרמ"א. קהל ששלחו לעיר אחרת להביא להם שופר ונתעכב השליח עד סוף יום ב' ור"ה היה ביום ה' וביום וא"ו וכשבא עם השופר כבר התפללו של שבת אבל היה עוד יום גדול אם אין שם בקי לתקוע שלא קיבל עליו שבת עדיין אז יתקע מי שקיבל שבת בלא ברכה ולא יתקע רק תשר"ת תש"ת תר"ת ולא יותר ודוקא אם עוד היום גדול אבל אם כבר הוא בין השמשות אין לתקוע כלל דביום השני אין חיובו לתקוע אלא מדרבנן והוי ספיקא דרבנן אבל ביום א' דחיובו מדאורייתא חייב לתקוע ובלי ברכה. ולענין אמירה לעכו"ם אף בבין השמשות דיום א' מותר:

Et certains disent de le dire, etc. - C'est-à-dire même sans vêtement neuf ni fruit neuf, car aujourd'hui on n'est pas acquitté par la sonnerie de la veille et l'on ne dit pas que c'est un jour allongé ; et de même pour la berakha de la sonnerie. Néanmoins lekhathila (a priori) il est bon que le sonneur porte un vêtement neuf avec le chofar [Maguen Avraham et autres Aharonim]. Voir le Beit Yossef : en son lieu l'on n'avait pas l'usage de bénir Chéhé'héyanou sur le chofar le second jour ; nous suivons toutefois le Rema. Une communauté qui avait envoyé dans une autre ville chercher un chofar, et dont l'émissaire fut retardé jusqu'à la fin du second jour — Roch Hachana tombant jeudi et vendredi —, et quand il arriva avec le chofar on avait déjà fait la tefila du Chabbat, mais il faisait encore grand jour : s'il n'y a pas là d'expert pour sonner qui n'ait pas encore accepté le Chabbat, alors que sonne sans berakha celui qui a accepté le Chabbat, et qu'il ne sonne que Tashrat, Tashat, Tarat, et pas davantage ; et seulement s'il fait encore grand jour. Mais s'il est déjà béin hachemachot, on ne sonnera pas du tout : le second jour, l'obligation de sonner n'est que rabbinique, et c'est un doute rabbinique. En revanche le premier jour, dont l'obligation est de la Torah, on est tenu de sonner, sans berakha. Quant à dire à un non-juif, même pendant le béin hachemachot du premier jour, c'est permis.