משנה ברורה

Michna Beroura — siman 604

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Ordre de la veille de Yom Kippour
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Mitsva de manger et de boire la veille de Yom Kippour ; jeûne de rêve ; on ne dit pas Néfilat Apayim ni Lamnatseah ni Mizmor letoda ; Avinou Malkénou le matin seulement, jamais à Minha.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETOrdre de la veille de Yom Kippour — manger, jeûne de rêve, prières
À FAIREMitsva de manger
C’est une mitsva de la Torah de manger la veille de Yom Kippour ; ה' compte cette nourriture comme un jeûne, pour donner une récompense comme à qui s’afflige
À FAIREDiminuer l’étude
On diminue l’étude ce jour-là afin de manger et de boire
À FAIREAvinou Malkénou le matin
On le dit le matin de la veille de Yom Kippour
À ÉVITERTomber sur sa face
On ne dit pas Tahanoun : on traite ce jour un peu comme un Yom Tov
À ÉVITERLamnatseah et Mizmor letoda
On ne les dit pas : « au jour de détresse » ; et au Temple on n’offrait pas de sacrifice consommé la veille, faute de temps de consommation
À ÉVITERAvinou Malkénou à Minha
À Minha on ne le dit en aucun cas
OUIVœu de ne pas manger de viande hors Yom Tov
Permis le matin et à la seouda hamafseket (ce jour est appelé Yom Tov dans le langage des gens) ; la nuit de la veille est interdite
OUIHabitude sans vœu explicite
S’il n’a pas fait vœu et ne mange de viande que les jours sans tahanoun, il peut manger même la nuit de la veille — cette nuit seulement, pas avant, même s’il a déjà prié Arvit
NONJeûne de rêve la veille
Par défaut on ne jeûne pas. S’il craint pour sa personne, jusqu’à la seouda hamafseket (une prise de nourriture suffit). S’il ne jeûne pas du tout, il est bon de jeûner un jour après Yom Kippour
NONVeille un dimanche après jeûne de rêve le Chabbat
On ne jeûne pas la veille ; on reporte après la fête. Selon le Taz (288 sk 3), Yom Kippour a déjà expié : celui pour qui le jeûne est pénible peut s’y appuyer
REMALe verset dit « vous affligerez vos âmes le neuf du mois » alors que le jeûne est le dix : nos Sages ont reçu que c’est au contraire une mitsva de manger la veille.
Veille de Yom Kippour : mitsva de manger (compté comme jeûne) ; pas de Tahanoun ni Lamnatseah ni Mizmor letoda ; Avinou Malkénou le matin seulement ; jeûne de rêve et vœux de viande selon les cas.

Glossaire

seouda hamafseket
repas de séparation, dernier repas avant le jeûne
taanit 'halom
jeûne de rêve, jeûne fait après un mauvais rêve
nefilat apayim
prosternation face contre terre, office de tahanoun
tahanoun
prières de supplication quotidiennes, omises les jours semi-festifs
Lamnatseah
Psaume 20, « Au chef des chantres »
Mizmor letoda
Psaume 100, « Psaume pour le sacrifice de gratitude »
Avinou Malkénou
« Notre Père, notre Roi », litanie des jours de pénitence

(א) מצוה לאכול וכו' - דכתיב ועניתם את נפשותיכם בתשעה לחודש בערב היה לו לכתוב בתשעה לחודש בערב תענו את נפשותיכם עד ערב וכו' ומדכתיב ועניתם וכו' בתשעה לחודש משמע שיתענו בתשעה ובאמת יוה"כ אינו אלא בעשרה לחודש וקבלו חז"ל דאדרבא מצוה מן התורה לאכול בעיו"כ ורצה הקב"ה ליתן שכר בעד האכילה כאלו התענו שאינו דומה מצוה שיש בו צער כמו שאמרו לפום צערא אגרא אילו כתב בט' לחודש תאכלו לא היה לנו שכר אלא כמקיים מצותו ע"י אכילה ולכן שינה הכתוב וכתב מצות אכילה בלשון תענית שיהיה נחשב אכילה זו לפני הקב"ה כאילו היה תענית כדי ליתן שכר כמקיים מצוה בצער עינוי ויש לאדם למעט בלימודו בעיה"כ כדי לאכול ולשתות:

C'est une mitsva de manger etc. - Car il est écrit : « Vous affligerez vos âmes le neuf du mois, au soir. » Le verset aurait dû dire : « Le neuf du mois, au soir, vous affligerez vos âmes jusqu'au soir, etc. » Puisqu'il est écrit « vous affligerez… le neuf du mois », on pourrait croire que l'on jeûne le neuf ; or Yom Kippour n'est que le dix du mois. Nos Sages ont reçu qu'au contraire c'est une mitsva de la Torah de manger la veille de Yom Kippour. Le Saint, béni soit-Il, a voulu donner une récompense pour cette nourriture comme si l'on avait jeûné : une mitsva qui comporte de la peine n'est pas comparable [à une mitsva aisée], comme ils ont dit « selon la peine, le salaire ». Si l'Écriture avait écrit « le neuf du mois vous mangerez », nous n'aurions eu de récompense que comme qui accomplit Son commandement par le manger. C'est pourquoi elle a changé et a formulé la mitsva de manger dans le langage du jeûne, afin que cette nourriture soit comptée devant le Saint, béni soit-Il, comme un jeûne, pour donner une récompense comme à qui accomplit une mitsva dans la peine de l'affliction. On diminuera son étude la veille de Yom Kippour afin de manger et de boire.

(ב) אפילו תענית חלום - אכן אם מתירא לנפשו ורוצה להתענות יתענה עד סעודה המפסקת דודאי מן הדין סגי כשיאכל פ"א. ואם אינו מתענה היום כלל טוב שיתענה איזה יום אחר יוה"כ ואם חל עיו"כ באחד בשבת ובשבת שלפניו התענה תענית חלום שצריך למיתב תענית לתעניתו אחר השבת אין לו להתענות עיוה"כ אלא ידחה עד אחר עבור המועד ולפי דעת הט"ז לעיל בסימן רפ"ח סק"ג א"צ שוב להתענות אחר יו"כ דיוה"כ כיפר גם על זה ומי שקשה לו התענית יכול לסמוך ע"ז. מי שנדר שלא לאכול בשר חוץ מיו"ט נתבאר בסימן תק"ע שמותר לאכול בעיו"כ דבלשון ב"א מקרי יו"ט ולא מיבעי בסעודה המפסקת אלא אף גם בשחרית דאנן רגילין לאכול בשר גם בשחרית וכל הנודר אדעתא דמנהגא נדר אבל בלילה של עיו"כ אסור. ודוקא בנודר ממש אבל מי שלא נדר בהדיא אלא שנוהג כך שלא לאכול בשר כ"א בימים שא"א בהם תחנון אזי אפילו בלילה של עיוה"כ מותר לאכול ודוקא בלילה ממש אבל לא מקודם לזה אע"פ שהתפלל ערבית:

Même un jeûne de rêve - Toutefois, s'il craint pour sa personne et veut jeûner, il jeûnera jusqu'à la seouda hamafseket, car du point de vue de la loi il suffit certainement qu'il mange une fois. S'il ne jeûne pas du tout ce jour-là, il est bon qu'il jeûne un jour après Yom Kippour. Si la veille de Yom Kippour tombe un dimanche et que le Chabbat précédent il a jeûné un jeûne de rêve — qu'il doit « payer » par un jeûne après le Chabbat —, il ne jeûnera pas la veille de Yom Kippour, mais le reportera après la fête. Selon l'avis du Taz ci-dessus, siman 288 sk 3, il n'a plus à jeûner après Yom Kippour, car Yom Kippour a aussi expié cela ; celui pour qui le jeûne est pénible peut s'appuyer là-dessus. Celui qui a fait vœu de ne pas manger de viande hors des Yom Tov : il a été expliqué au siman 570 qu'il est permis de manger la veille de Yom Kippour, car dans le langage des gens ce jour est appelé Yom Tov ; et non seulement à la seouda hamafseket, mais aussi le matin, car nous avons l'habitude de manger de la viande aussi le matin, et quiconque fait un vœu le fait selon l'usage. Mais la nuit de la veille de Yom Kippour, c'est interdit. Cela ne vaut que pour un vœu explicite ; celui qui n'a pas fait vœu expressément et a seulement l'habitude de ne manger de la viande que les jours où l'on ne dit pas tahanoun pourra manger même la nuit de la veille de Yom Kippour — et seulement la nuit même, pas avant, même s'il a déjà prié Arvit.

(ג) אין נופלים על פניהם - דנוהגין לעשותו קצת כמו יו"ט:

On ne tombe pas sur sa face - Car on a l'habitude de traiter ce jour un peu comme un Yom Tov.

(ד) למנצח ומזמור לתודה - למנצח משום דכתיב ביה ביום צרה ומזמור לתודה דבזמן הבית היה אסור להקריב שום קרבן הנאכל בעיוה"כ דממעט זמן אכילתו שהרי עכ"פ כל הקרבנות נאכלין ליום ולילה שלאחריו וביוה"כ א"א לאכול ונמצא מביא לידי פסול:

Lamnatseah et Mizmor letoda - Lamnatseah, parce qu'il y est écrit « au jour de détresse » ; et Mizmor letoda, car au temps du Temple il était interdit d'offrir tout sacrifice consommé la veille de Yom Kippour, cela diminuant le temps de sa consommation : tous les sacrifices se mangent au moins un jour et la nuit suivante, et à Yom Kippour on ne peut pas manger, ce qui amènerait à une invalidité.

(ה) ערב יום כפור שחרית - אבל במנחה אין אומרים אותו בכל גווני:

La veille de Yom Kippour, le matin - Mais à Minha on ne le dit [Avinou Malkénou] en aucun cas.