משנה ברורה

Michna Beroura — siman 619

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Ordre de la nuit de Yom Kippour
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On dit « au tribunal d'en haut et d'en bas » pour autoriser la prière avec les fautifs, puis Kol Nidré trois fois encore de jour, Chehé'héyanou sans coupe, Arvit. On dit Baroukh chem à voix haute. Si c'est Chabbat : Vayekhoulou et la bénédiction brève « méén chéva ». Certains veillent debout ; on peut dormir à la synagogue loin de l'arche.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETOrdre de la nuit de Yom Kippour : Kol Nidré, Chehé'héyanou, Arvit, station debout
À FAIREKol Nidré selon Rabbénou Tam
« depuis ce Yom Kippour jusqu’au Yom Kippour qui vient » — stipulation sur les vœux futurs. Dire au futur. La communauté le dit à voix basse avec l’officiant
À FAIREChehé'héyanou sans coupe
officiant et chacun à voix basse ; se hâter pour répondre amen. En bénissant, même de jour, on a déjà accepté la sainteté de YK
À FAIRETalit encore de jour
s’envelopper de jour pour bénir : la nuit on ne bénit pas même sur un vêtement réservé au jour
À FAIREArvit la nuit
si le temps du Chema n’est pas encore là, dire des Tehilim avant Arvit
À FAIRESe tenir debout à la tefila de nuit
à l’image des anges ; les hommes peuvent s’appuyer s’ils s’affaiblissent
À ÉVITERFaire boire un enfant à Chehé'héyanou
il s’accoutumerait à boire à YK même après 13 ans
À ÉVITERCoucher près de l’arche / réchauffer le corps
crainte d’un pet ; mieux dormir chez soi ; pas de coussins qui réchauffent, pas se couvrir les pieds
NONFemmes debout toute la nuit
les femmes ne se tiendront pas debout
OUIYK tombe un Chabbat
dans la tefila : « ce jour de Chabbat et ce jour de jeûne de Kippour » ; on ne dit pas « retsé bimenou'haténou »
REMALe plus grand de la ville + 2 disent « au tribunal d’en haut » pour délier les fautifs et prier avec eux. Kol Nidré encore de jour ressemble à l’annulation des vœux. Avant de dormir : 4 premiers Tehilim. Étudier Yoma sans se dispenser des tefilot et seli'hot avec le public.
Kol Nidré pour l’avenir, à voix basse avec le public. Chehé'héyanou sans coupe, talit de jour. Arvit la nuit. Debout comme les anges (pas les femmes). Ne pas dormir près de l’arche.

Glossaire

Kol Nidré
formule d'annulation anticipée des vœux, dite le soir de Kippour
Chehé'héyanou
bénédiction « qui nous a fait vivre »
avaryanim
fautifs : ceux qui ont enfreint un décret public ou commis une faute
nidouï
ban, mise à l'écart communautaire
'helbena
galbanum, aromate de mauvaise odeur parmi les ingrédients de l'encens
méén chéva
bénédiction brève récapitulant les sept bénédictions de la tefila du vendredi soir
bal techaktetsou
interdit de se rendre répugnant en retenant ses besoins
seli'hot
pièces liturgiques de demande de pardon

(א) שאומר ש"ץ - ועכשיו אומר הגדול שבכל עיר וצריך לצרף עוד שנים ואומרים בישיבה וכו' שהישיבות מסכימים לצרף דעת המקום לדעת הקהל להתיר את העבריינים מעבריותן [ועבריין נקרא מי שעבר על גזירת צבור או שעבר עבירה ומבואר לעיל בסימן נ"ה דאם נדוהו אין מצרפין אותו לכל דבר שבקדושה ויכולין ג"כ להתנות להחמיר שלא להתפלל עמו בבית הכנסת אף שיש שם עשרה ושמא התנו ע"כ מתירין אנו] כדי שנוכל להתפלל עמהם דכל תענית צבור שאין בו מפושעי ישראל אינו תענית שהרי חלבנה שריחה רע ומנאה הכתוב עם סמני הקטרת:

Que dit l'officiant — et maintenant, c'est le plus grand de chaque ville qui le dit, et il faut y joindre encore deux personnes. Ils disent « au tribunal d'en haut, etc. », car les tribunaux s'accordent à joindre la volonté du Lieu à celle de la communauté pour délier les fautifs de leurs fautes. [On appelle fautif celui qui a enfreint un décret public ou qui a commis une faute ; et il est exposé plus haut au siman 55 que s'il a été mis au nidouï, on ne le joint à aucune chose sainte ; l'on peut aussi stipuler d'être strict et de ne pas prier avec lui à la synagogue, même s'il y a là dix personnes ; et peut-être l'avait-on stipulé, c'est pourquoi nous les délieons,] afin que nous puissions prier avec eux. Car tout jeûne public où ne se trouvent pas des pécheurs d'Israël n'est pas un jeûne : le 'helbena a mauvaise odeur, et l'Écriture l'a pourtant compté parmi les aromates de l'encens.

(ב) ונוהגים שאומר כל נדרי וכו' - הנה מנהג קדמונים היה לומר מיוה"כ שעבר עד יוה"כ זה והיתה הכונה להתיר הנדרים ושבועות שכבר נדרו ונשבעו פן עבר אחד עליהם ורבינו תם הקשה ע"ז ולכן הגיה שי"ל מיום הכפורים זה עד יוה"כ הבא עלינו והכונה להתנות על נדרים שידור מכאן ולהבא שלא יחולו [ומהני תנאי זה אם אינו זוכר התנאי בשעה שנדר אח"כ אבל אם זוכר התנאי ואעפ"כ נודר הרי עוקר התנאי] ונוהגין אנו כר"ת. ולפ"ז צ"ל די נדירנא ודמישתבענא לשון עתיד והמ"א מסיק דאפילו לדעת ר"ת ג"כ יכול לומר בתיבה אחת דנדרנא דלשון זה גם להבא משמע והקהל יאמרו עם הש"ץ בלחש דאין תנאי הש"ץ מועיל לציבור:

Et l'usage est de dire Kol Nidré, etc. — voici : l'usage des Anciens était de dire « depuis le Yom Kippour passé jusqu'à ce Yom Kippour », l'intention étant de délier les vœux et serments déjà prononcés, de peur que quelqu'un n'y ait contrevenu. Rabbénou Tam y a objecté, et a donc corrigé qu'il faut dire « depuis ce Yom Kippour jusqu'au Yom Kippour qui vient sur nous », l'intention étant de stipuler sur les vœux que l'on fera désormais, qu'ils ne prennent pas effet. [Cette stipulation est efficace si l'on ne se souvient pas de la stipulation au moment où l'on fait ensuite un vœu ; mais si l'on se souvient de la stipulation et que l'on fait néanmoins un vœu, l'on renverse la stipulation.] Nous suivons Rabbénou Tam. Dès lors, il faut dire « di nedérna oudemichtabaana » au futur. Le Magen Avraham conclut que même selon Rabbénou Tam l'on peut dire en un seul mot « denadarna », car ce libellé s'entend aussi pour l'avenir. Et la communauté dira avec l'officiant à voix basse, car la stipulation de l'officiant n'est pas efficace pour le public.

(ג) ואח"כ אומר שהחיינו - וגם הצבור יאמרו כ"א בלחש. וטוב שימהרו לסיים הברכה שמברך לעצמו כדי שכשיסיים הש"ץ הברכה יאמרו אמן. ומ"מ יש להש"ץ ליזהר שיכוין להוציא הצבור מי מהם שירצה לצאת בברכתו:

Et ensuite il dit Chehé'héyanou — et la communauté aussi, chacun à voix basse. Il est bon qu'ils se hâtent d'achever la bénédiction qu'ils disent pour eux-mêmes, afin que, lorsque l'officiant achève la bénédiction, ils disent amen. Néanmoins, que l'officiant prenne garde de viser à acquitter le public, quiconque d'entre eux voudra sortir par sa bénédiction.

(ד) בלא כוס - דכיון דמברך שהחיינו אפילו אם הוא עדיין מבע"י קבל ליה עליה קדושת יוה"כ ואסור למישתי ואי ניתיב לתינוק אתי למיסרך לשתות ביוה"כ אפילו כשיגיע לשנת י"ג. יתעטף בטלית מבע"י כדי לברך משום דבלילה אין מברכין אפילו על כסות המיוחד ליום ועיין לעיל סימן י"ח סק"ז במ"ב:

Sans coupe — car puisqu'il bénit Chehé'héyanou, même s'il est encore de jour, il a déjà accepté sur lui la sainteté de Yom Kippour, et il est interdit de boire. Et si l'on en donnait à un enfant, il en viendrait à s'accoutumer à boire à Yom Kippour, même une fois parvenu à l'année de treize ans. Que l'on s'enveloppe du talit encore de jour afin de bénir, car la nuit l'on ne bénit même pas sur un vêtement réservé au jour ; voir plus haut siman 18, Michna Beroura seif katan 7.

(ה) בעודו יום - אע"ג דאנו סוברין כר"ת ומתנין על להבא שלא יחולו מ"מ דמי קצת להפרת נדרים שאין מפירין בשבת ויו"ט וה"ה יוה"כ:

Encore de jour — bien que nous suivions Rabbénou Tam et que nous stipulions pour l'avenir qu'ils ne prennent pas effet, cela ressemble néanmoins un peu à l'annulation des vœux, que l'on n'annule pas le Chabbat et Yom Tov, et de même à Yom Kippour.

(ו) עד הלילה - כדי להתפלל ערבית בלילה. ואם עדיין לא הגיע זמן ק"ש יאמרו איזה מזמורי תהלים קודם ערבית:

Jusqu'à la nuit — afin de prier Arvit la nuit. Et si le temps du Chema n'est pas encore arrivé, que l'on dise quelques psaumes de Tehilim avant Arvit.

(ז) אפילו בניגונים - כי עי"ז מבלבל דעת הקהל אין אומרים באהבה קודם מקרא קודש ובמקומות שנוהגין לומר באהבה מקרא קודש אין לשנות ואם חל בשבת אין אומרים אלהינו ואלהי אבותינו רצה במנוחתנו דכיון שהוא יום תענית אין כ"כ רצון במנוחתנו אבל אומרים והנחילנו ד' אלהינו באהבה וברצון שבת קדשך וינוחו בו וכו' ויסיים כי אתה סלחן וכו' ולא לומר ודברך אמת וקיים לעד:

Même dans les airs — car par là l'on trouble l'esprit de la communauté. On ne dit pas « beahava » avant « mikra kodesh ». Aux endroits où l'usage est de dire « beahava mikra kodesh », l'on ne changera pas. S'il tombe un Chabbat, on ne dit pas « Elohénou vélohé avoténou, retsé bimenou'haténou », car puisqu'il est jour de jeûne, il n'y a pas tant de « bon vouloir dans notre repos » ; mais on dit « vehan'hilénou ה' Elohénou beahava ouveratsone Chabbat kodchékha veynou'hou vo, etc. », et l'on achève « ki ata salahan, etc. », et l'on ne dira pas « oudevarkha émet vekayam laad ».

(ח) בקול רם - דהוא שירת המלאכים וביוה"כ גם ישראל דומין למלאכים:

À voix haute — car c'est le chant des anges, et à Yom Kippour Israël aussi ressemble aux anges.

(ט) אם חל בשבת וכו' - ובתפלה אומר ותתן לנו ד' אלהינו באהבה את יום השבת הזה ואת יום צום הכפורים הזה:

S'il tombe un Chabbat, etc. — et dans la tefila on dit : « et Tu nous as donné, ה' notre Dieu, avec amour, ce jour de Chabbat et ce jour de jeûne de Kippour ».

(י) וברכה אחת מעין שבע - וצריך לומר בזה המלך הקדוש שאין כמוהו:

Et une bénédiction brève à la manière de sept — et il faut dire en celle-ci « le Roi saint », car il n'en est point comme Lui.

(יא) ואין מזכיר של יוה"כ - דברכה זו אינו בא בשביל יוה"כ דהלא אם חל יוה"כ ביום חול א"צ לומר בה ברכה אחת מעין שבע:

Et il ne mentionne pas [la sainteté] de Yom Kippour — car cette bénédiction ne vient pas à cause de Yom Kippour : si Yom Kippour tombait un jour de semaine, l'on n'aurait pas à dire en elle la bénédiction brève à la manière de sept.

(יב) צריך להעמיד וכו' - כדרך שמצינו אצל מרע"ה שאהרן וחור תמכו בידיו ועכשיו המנהג שעומדים אצל החזן עד אחר ברכו ואם חל בשבת שאומרים מזמור שיר ליום השבת קודם ברכו יכולים לחזור למקומם בתחלת אמירת מזמור:

Il faut placer, etc. — comme nous le trouvons chez Moché notre maître, qu'Aharon et 'Hour soutenaient ses mains. Maintenant l'usage est de se tenir près de l'officiant jusqu'après Barkhou. S'il tombe un Chabbat, où l'on dit « Mizmor chir leyom haChabbat » avant Barkhou, ils peuvent retourner à leur place au début de ce psaume.

(יג) וכל הלילה - היינו בשעת תפלה בלילה דאל"כ לא יוכלו להתפלל ביום כי יתנמנמו. וטעם העמידה להיות דוגמת המלאכים ונשים לא יעמדו. ואף האנשים רשאין לשעון ולסמוך על איזה דבר אם נחלשו גם יזהרו בעצמם מה שכל אדם מחויב ליזהר שלא ישהו נקביהם ויעברו על בל תשקצו:

Et toute la nuit — c'est-à-dire au moment de la tefila de nuit ; sinon, ils ne pourraient pas prier le jour, car ils s'assoupiraient. La raison de se tenir debout : être à l'image des anges. Les femmes ne se tiendront pas debout. Même les hommes ont le droit de s'appuyer et de s'accoter à quelque chose s'ils se sont affaiblis. Qu'ils prennent aussi garde, ce dont tout homme est tenu de se garder, de ne pas retenir leurs besoins et de ne pas enfreindre « bal techaktetsou ».

(יד) ללון בבהכ"נ - ולבוש כתב מוטב לילך לישן בביתו כי מי שניעור בלילה ישן ביום ואינו אומר בכונה ואי משום שמירת הנרות ישכרו שומר. כתב בשל"ה קודם שישן יאמר ד' מזמורים הראשונים שבתהילים שהם שמירה לקרי [והיינו לבד הק"ש שקורין בכל יום] טוב שלא יעטוף בכרים וכסתות המחממין ועכ"פ לא יכסה רגליו:

Coucher à la synagogue — et le Levouch a écrit : mieux vaut aller dormir chez soi, car celui qui veille la nuit dort le jour et ne dit pas avec kavana. Et si c'est à cause de la garde des lampes, que l'on loue un gardien. Il est écrit dans le Chel"a : avant de dormir, que l'on dise les quatre premiers psaumes de Tehilim, qui sont une garde contre une pollution nocturne [et cela s'ajoute au Chema que l'on dit chaque jour]. Il est bon de ne pas s'envelopper de coussins et de couvertures qui réchauffent, et en tout cas de ne pas se couvrir les pieds.

(טו) רחוק מן הארון - פן יבוא לידי הפחה:

Loin de l'arche — de peur d'en arriver à un pet.

(טז) ומי שאינו וכו' - דטעם היתר השינה הוא משום שלן שם לצורך מצוה לכן מותר לישן [הגר"א ע"ש]. טוב ללמוד ביוה"כ משניות מסכת יומא גם ללמוד המאמרים מסוף יומא המדברים מענין התשובה. ואין לת"ח לעסוק בתורה ולהשמיט מלומר התפלות והסליחות עם הצבור [אחרונים]:

Et celui qui n'est pas, etc. — car la raison de la permission de dormir est qu'il couche là pour un besoin de mitsva ; c'est pourquoi il est permis de dormir [le Gra, voir là-bas]. Il est bon d'étudier à Yom Kippour les michnayot du traité Yoma, et aussi d'étudier les enseignements de la fin de Yoma qui parlent de la techouva. Qu'un talmid 'hakham ne s'occupe pas de Torah au point de s'abstenir de dire les tefilot et les seli'hot avec le public [Aharonim].