משנה ברורה

Michna Beroura — siman 621

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Ordre de la lecture de la Torah et de la circoncision à Yom Kippour
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On lit six montées dans A'haré Mot (sept si Chabbat). La circoncision se fait entre Yozer et Moussaf, sans coupe de vin selon le Mé'haber. À Moussaf on dit l'Avoda et l'on se prosterne. On mentionne les défunts : eux aussi ont une expiation à Kippour.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETLecture de la Torah et circoncision à Yom Kippour ; Avoda
À FAIRELire 6 appelés
sainteté plus grande que les autres Yom Tov (interdit en tout travail) ; on n’ajoute pas davantage
À FAIRECirconcision entre Yozer et Moussaf
après Achrê (certains avant Achrê) ; Cha'harit précède car plus fréquente
À FAIRECirconcision sans coupe
bénédiction « acher kidech yedid mibéten » seulement ; on donne un peu de la coupe à l’enfant (sinon affront à la coupe)
À FAIREAvoda à Moussaf
essentiel du service du Cohen Gadol ; « nous rendrons des taureaux par nos lèvres »
OUIYK tombe un Chabbat
7 appelés comme les autres Chabbats (lekhathila pas au-delà de 7) ; « Yom layabacha » ; haftara sans « Mélekh mo'hel vesoléa'h »
OUIPas d’érouv, il faut sortir
attendre le retour du séfer Torah à sa place ; puis kaddish (ou un psaume si l’on ne dit pas « yehi ratsone »)
OUIAccouchée autorisée à manger
on peut l’acquitter sur la coupe et elle en boit
À ÉVITERVin aux enfants / bénédiction sur la coupe
crainte qu’ils s’accoutument à boire à YK ; metsitsa au vin : bouche seule, pas tampon (presser)
À ÉVITERProsterner à même le sol ou interrompre l’Avoda
herbes ou talit sous le visage ; même un serpent au talon ; officiant : lutrin écarté, pieds non déracinés
REMAA'haré Mot : s’affliger de la mort des fils d’Aharon pour prendre à cœur ses fautes. Morts : Yom hakippourim au pluriel. Tsédaka/vœux pour un mort : pas pour un méchant ; efficace s’il s’est confessé ; le fils allège le jugement du père. Aveu Avoda : 'het (shogeg), avon (mezid), pècha (rébellion) — du plus léger au plus lourd.
6 appelés (7 si Chabbat). Circoncision sans coupe, sans affront au séfer. Avoda à Moussaf avec interposition. On peut aussi alléger le jugement des morts justes.

Glossaire

shogeg
par erreur
mezid
volontairement
lekhathila
a priori
maftir
dernier montant, qui lit aussi la haftara
haftara
passage des Prophètes lu après la Torah
Avoda
récitatif du service du Cohen Gadol au Temple, dit à Moussaf
metsitsa
aspiration du sang à la circoncision
érouv
aménagement permettant de porter dans un domaine le Chabbat ou Yom Kippour
pècha
faute de rébellion, la plus grave des trois catégories d'aveu

(א) קורין ששה - מפני שקדושתו יותר משאר יו"ט שאסור בכל מלאכה לפיכך מוסיפין אחד ואין מוסיפין יותר:

On lit six — parce que sa sainteté est plus grande que celle des autres Yom Tov, puisqu'il est interdit en tout travail ; c'est pourquoi l'on en ajoute une, et l'on n'en ajoute pas davantage.

(ב) בפרשת אחרי מות - איתא בזוהר כל מי שמצטער על מיתת בני אהרן או מוריד דמעות עליהם מוחלין לו עונותיו ובניו אינם מתים בחייו. והעיקר בזה שעי"ז יתן לב לשוב מעבירות שבידו אם בארזים נפלה שלהבת מה יעשו איזובי הקיר [מט"א]:

Dans la paracha A'haré Mot — il est dit dans le Zohar : quiconque s'afflige de la mort des fils d'Aharon, ou verse des larmes sur eux, on lui pardonne ses fautes, et ses fils ne meurent pas de son vivant. L'essentiel en cela est que, par là, il prenne à cœur de revenir des fautes qu'il a en main : si la flamme est tombée dans les cèdres, que feront les hysopes du mur [Maté Efraïm].

(ג) קורים שבעה - כמו בשאר שבתות. ועיין במ"א סימן רפ"ב דלכתחלה אין כדאי להוסיף על שבעה. ואפשר במקום שנותנין העולין הרבה מעות לצדקה המיקל לא הפסיד [פמ"ג]:

On lit sept — comme aux autres Chabbats. Voir le Magen Avraham siman 282 : lekhathila (a priori), il n'est pas bon d'ajouter au-delà de sept. Et il se peut que, là où les montants donnent beaucoup d'argent à la tsédaka, celui qui allège n'y a rien perdu [Pri Megadim].

(ד) ומפטיר - בהפטרה אין אומרים מלך מוחל וסולח רק ודברך אמת וקיים לעד בא"י וכו' [ד"מ ואחרונים]:

Et le maftir — dans la haftara, on ne dit pas « Mélekh mo'hel vesoléa'h », seulement « oudevarkha émet vekayam laad, baroukh ata ה', etc. » [Darkhé Moché et Aharonim].

(ה) מילה - ואומרים זכור ברית. ואם חל בשבת אומרים יום ליבשה:

Circoncision — et l'on dit « Zekhor berit ». S'il tombe un Chabbat, on dit « Yom layabacha ».

(ו) בין יוצר למוסף וכו' - דתפלת שחרית קודם שהיא תדיר משא"כ מוסף:

Entre Yozer et Moussaf, etc. — car la tefila de Cha'harit précède, étant plus fréquente, ce qui n'est pas le cas de Moussaf.

(ז) אחר אשרי - ויש נוהגין למול קודם אשרי [מ"א] ועיין בא"ר סימן תקצ"א שהסכים ג"כ דכן נכון לעשות מכמה טעמים ע"ש:

Après Achrê — et certains ont l'usage de circoncire avant Achrê [Magen Avraham]. Voir l'Elya Rabba siman 591, qui a aussi convenu qu'il est correct de faire ainsi, pour plusieurs raisons, voir là-bas.

(ח) במקום שצריך לצאת - כגון שאין עירוב ואין יכולין להביא התינוק לבהכ"נ:

Là où il faut sortir — par exemple s'il n'y a pas d'érouv et que l'on ne peut pas apporter l'enfant à la synagogue.

(ט) עד אחר חזרת ס"ת - למקומה כדי שלא יהא בזיון להניח ס"ת ולצאת לחוץ:

Jusqu'après le retour du séfer Torah — à sa place, afin qu'il n'y ait pas d'affront à laisser le séfer Torah et à sortir dehors.

(י) וחוזרים ואומרים קדיש - הנה זה נכון לדעת המחבר דהמילה הוא קודם אשרי א"כ כשיבואו יאמרו אשרי וקדיש וכידוע דקדיש זה קאי על אשרי אבל לדעת רמ"א דהמילה הוא אחר אשרי א"כ יש הפסק גדול בין האשרי ולקדיש ע"י הליכה שלחוץ אכן זה מיירי במקום שאומרים יה"ר קודם מוסף שיש בו כמה פסוקים ועלייהו יהיה קאי הקדיש ובמקומות שאין אומרים היה"ר י"ל איזה מזמור קודם אמירת הקדיש:

Et l'on dit de nouveau kaddish — voici : cela est correct selon le Mé'haber, pour qui la circoncision est avant Achrê ; ainsi, lorsqu'ils reviendront, ils diront Achrê et kaddish, et l'on sait que ce kaddish porte sur Achrê. Mais selon le Rema, pour qui la circoncision est après Achrê, il y a alors une grande interruption entre Achrê et le kaddish, par la sortie au-dehors. Toutefois, il s'agit ici des endroits où l'on dit « yehi ratsone » avant Moussaf, qui contient plusieurs versets, et c'est sur eux que portera le kaddish. Aux endroits où l'on ne dit pas ce « yehi ratsone », que l'on dise quelque psaume avant de dire le kaddish.

(יא) על המילה בלא כוס - ר"ל דמברכין רק ברכת אשר קידש ידיד מבטן אבל לא הברכה שעל הכוס דהלא צריך לטעום ממנו וא"א ביוה"כ וליתן לתינוקות לשתות ג"כ אין כדאי דחיישינן דלמא אתי למיסרך עי"ז לשתות תמיד ביוה"כ. ורשאי למצוץ הדם כדרכו בחול והנוהגים למצוץ ביין לא יזלפו בפה ולא במוך משום חשש סחיטה רק יזלפו בפה לבד [מטה אפרים]:

Sur la circoncision sans coupe — c'est-à-dire que l'on ne bénit que la bénédiction « acher kidech yedid mibéten », mais non la bénédiction qui est sur la coupe, car il faut y goûter, et c'est impossible à Yom Kippour. Et donner à boire aux enfants non plus n'est pas bon, car l'on craint qu'ils ne s'accoutument par là à boire toujours à Yom Kippour. Il est permis d'aspirer le sang comme en semaine. Ceux qui ont l'usage d'aspirer avec du vin n'en verseront pas avec la bouche ni avec un tampon, par crainte de presser, mais ils n'en verseront qu'avec la bouche seule [Maté Efraïm].

(יב) ונותנין לתינוק הנימול - ר"ל מלבד מה שנותנין בפי התינוק כשאומר בדמיך חיי צריך ליתן לו לשתות קצת מן הכוס דאל"כ איכא גנאי להכוס [מ"א] ואם מלין אצל היולדת והיולדת חולה בענין שמותרת לאכול יכול להוציאה וגם יאמר לה שתכוין לצאת בברכתו ותשתה ממנו:

Et l'on donne à l'enfant circoncis — c'est-à-dire qu'outre ce que l'on met dans la bouche de l'enfant lorsqu'on dit « bedamayikh 'hayi », il faut lui donner à boire un peu de la coupe, sinon il y a un affront pour la coupe [Magen Avraham]. Et si l'on circoncit auprès de l'accouchée, et que l'accouchée est malade au point qu'il lui est permis de manger, on peut l'acquitter, et on lui dira aussi de viser à sortir par sa bénédiction, et elle en boira.

(יג) במוסף וכו' - דעיקר עבודה של כ"ג היה במוסף ולכך אנו אומרים ג"כ כדי לקיים ונשלמה פרים שפתינו:

À Moussaf, etc. — car l'essentiel du service du Cohen Gadol était à Moussaf ; c'est pourquoi nous le disons aussi, afin d'accomplir « nous rendrons des taureaux par nos lèvres ».

(יד) ליפול על פניהם - ועיין סימן קל"א דיש להשתטח עשבים על הרצפה משום דאסור לשטוח אפיו על הרצפה או יחוץ בטליתו:

Se jeter face contre terre — et voir siman 131 : il faut étendre des herbes sur le sol, car il est interdit de prosterner son visage sur le sol [dallé], ou que l'on interpose son talit.

(טו) ויש למחות - דהרי שנינו אפילו נחש כרוך על עקבו לא יפסיק:

Et il y a lieu de protester — car nous avons appris : même si un serpent est enroulé autour de son talon, qu'il n'interrompe pas.

(טז) ביד העושים כן - אבל כבר פשט המנהג שגם הש"ץ עושה כן ונראה שהם סומכין דהליכה לא מקרי הפסק [ט"ז] וכעת פשט המנהג שנותנין עוד שטענדע"ר לפניו ובעבודה מסלקין אותו השטענדע"ר ואין עוקר רגליו [פמ"ג]:

Contre ceux qui font ainsi — mais déjà l'usage s'est répandu que l'officiant aussi le fasse, et il semble qu'ils s'appuient sur ceci : marcher n'est pas appelé interruption [Taz]. Et maintenant l'usage s'est répandu que l'on place encore un lutrin (chtender) devant lui, et pendant l'Avoda on l'écarte, et il ne déracine pas ses pieds [Pri Megadim].

(יז) חטאתי עויתי פשעתי - חטא שוגג עון מזיד פשע מרד וצ"ל הקל תחלה:

« J'ai fauté, j'ai commis l'avon, j'ai commis le pècha » — 'het est shogeg (par erreur), avon est mezid (volontairement), pècha est rébellion. Et il faut dire le plus léger d'abord.

(יח) המתים - ולכן נקרא יום הכפורים בלשון רבים ר"ל לחיים ולהמתים [מהרי"ו]:

Les morts — c'est pourquoi l'on appelle Yom hakippourim au pluriel, c'est-à-dire pour les vivants et pour les morts [Mahari"v].

(יט) דהמתים ג"כ יש להם כפרה ביוה"כ - כשנודרין בעבורן דאמרינן אלו היה חי היה נותן ג"כ צדקה [ואפילו אם היה עני היה טהור לב ורוצה ליתן] אבל בעבור רשע אינו מועיל [מ"א וש"פ] ואם התודה קודם מותו י"ל דיש לו כפרה וכצדיק חשוב [פמ"ג] ומסתברא דאם הבן נותן בעד אביו בכל גווני מועיל להקל דינו דברא מזכה אבא:

Car les morts aussi ont une expiation à Yom Kippour — lorsque l'on fait des vœux pour eux : l'on dit que s'il était vivant, il aurait aussi donné de la tsédaka [et même s'il était pauvre, il avait le cœur pur et voulait donner]. Mais pour un méchant, cela n'est pas efficace [Magen Avraham et plusieurs décisionnaires]. Et s'il s'est confessé avant de mourir, l'on peut dire qu'il a une expiation et qu'il est considéré comme un juste [Pri Megadim]. Et il est raisonnable que si le fils donne pour son père, cela est efficace en tout cas pour alléger son jugement, car le fils acquiert du mérite au père.