משנה ברורה

Michna Beroura — siman 643

Rabbi Yisrael Meir Kagan (Hafets Haim) · Ordre du kidouch
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Ordre des bénédictions : vin, kidouch, soucca, chehé’héyanou. Debout ou assis, jours de semaine contre Chabbat et Yom Tov, place de « léchev basoucca » par rapport à Hamotsi.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETOrdre du kidouch dans la soucca — vin, jour, soucca, zman
À FAIREOrdre du Yom Tov
D’abord le kidouch du jour, ensuite la bénédiction de la soucca : le jour est sanctifié avant qu’on soit tenu de s’asseoir.
À FAIREZman
Nulle différence si la soucca était déjà faite : si l’on n’a pas béni à la construction, on bénit maintenant le zman sur l’accomplissement.
À FAIREAprès « léchev basoucca »
S’asseoir aussitôt, puis bénir le zman — rapprocher la mitsva de la bénédiction.
À FAIREChabbat et Yom Tov
Vin, kidouch, soucca et zman, puis Hamotsi. Si l’on sanctifie sur le pain : Hamotsi, kidouch, soucca et zman.
À FAIREJours de semaine
Après Hamotsi on bénit la soucca (besoin du repas, pas une interruption). Le Méḥaber : avant Hamotsi ; le monde n’en a pas pris l’usage.
OUIZman oublié la nuit
On peut le bénir tous les sept jours, même sans coupe, même sur la place publique [Talmud].
OUIKidouch du matin
Avis partagés : soucca après Hamotsi (usage) ou avant de goûter la coupe. Qui fait comme l’un a fait. Pain de kisnin sans vrai repas : soucca avant la coupe [Chaaré Techouva].
NONBediavad, zman puis soucca
On ne revient pas bénir le zman : il porte aussi sur la soucca qui suit.
REMAUsage du Roch : on ne bénit « léchev » que sur le repas. Dire la bénédiction de la soucca à voix haute, sur un air ; la voix éveille la kavana [Chel"a].
Yom Tov : vin → kidouch → soucca → zman → Hamotsi. Semaine : Hamotsi puis soucca. Zman rattrapable sept jours. Bediavad, l’ordre inverse du zman tient. Usage : bénédiction sur le repas, à voix haute.

Glossaire

zman
la bénédiction chehé’héyanou
bediavad
après coup
léchev basoucca
bénédiction « de nous avoir ordonné de nous asseoir dans la soucca »
Hamotsi
bénédiction sur le pain

(א) יין קידוש וסוכה - שא"א לברך על הסוכה קודם שיברך על קידוש היום. שהרי מתחלה נתקדש היום ואח"כ נתחייב לישב בסוכה:

Vin, kidouch et soucca — On ne peut bénir sur la soucca avant d’avoir béni le kidouch du jour : d’abord le jour a été sanctifié, ensuite on a été tenu de s’asseoir dans la soucca.

(ב) ואח"כ זמן - ואין נ"מ בין שהסוכה היתה עשויה ועומדת עם הסכך מכבר ובין שעשאה קודם חג הסוכות כיון שלא בירך עליה אז בשעת עשייה א"כ מוטל עליו עכשיו לברך זמן על קיום המצוה. אם לא בירך זמן בלילה יוכל לברך כל שבעה ואפילו בלא כוס דזמן יכול לומר אותו אפילו בשוק [גמרא]:

Puis le « zman » — Nulle différence entre une soucca déjà faite et couverte d’avance et une soucca faite avant la fête des Souccot : du moment qu’on n’a pas béni alors, à la construction, il lui incombe maintenant de bénir le « zman » sur l’accomplissement de la mitsva. Si l’on n’a pas béni le « zman » la nuit, on peut le bénir tous les sept jours, même sans coupe : on peut dire le « zman » même sur la place publique [Talmud].

(ג) לפי וכו' - ומ"מ בדיעבד אם עבר ובירך זמן ואח"כ סוכה אינו חוזר לברך זמן ואמרינן דהאי זמן קאי גם אסוכה דבתריה:

Selon, etc. — Néanmoins, bediavad (après coup), si l’on a passé et béni le « zman » puis la soucca, on ne revient pas bénir le « zman » : nous disons que ce « zman » porte aussi sur la soucca qui suit.

(ד) מקדש מעומד וכו' - דלדעתו הישיבה הוא תחלת עשיית המצוה ויש לו לברך עובר לעשייתן היינו קודם עשיית תחלת המצוה ויש לו לנהוג כן כל שבעת הימים והרא"ש ס"ל שיש לסמוך הברכה על עיקר המצוה שהיא האכילה וכמש"כ סוף סימן תרל"ט שנוהגין שאין מברכין אלא על האכילה:

Il sanctifie debout, etc. — À son avis, s’asseoir est le début de l’accomplissement de la mitsva, et l’on doit bénir « avant de la faire », c’est-à-dire avant le début de la mitsva ; et l’on doit faire ainsi les sept jours. Le Roch tient qu’il faut appuyer la bénédiction sur l’essentiel de la mitsva, qui est le repas, comme écrit à la fin du siman 639 : l’usage est de ne bénir que sur le repas.

(ה) לישב בסוכה ויושב ואח"כ מברך זמן - בא לאפוקי שלא יברך ברכת זמן קודם שישב דאף דברכת זמן גופא רשאי להיות בעמידה לכו"ע מ"מ אין נכון לעשות כן מטעמא אחרינא דצריך להסמיך עשיית המצוה אל הברכה וכיון שבירך לישב בסוכה צריך לישב תיכף. ולענין אם יכולין כמה בע"ב לקדש בסוכה בבת אחת עיין לעיל סימן תפ"ח במ"ב סק"ח. וראוי לומר ברכה דסוכה בקול במשיכה בניגון כשאר ברכות דקידוש וה"ה בכל שאר ברכות ירגיל לומר בקול רם כי הקול מעורר הכונה. של"ה:

« Léchev basoucca », il s’assied, puis il bénit le « zman » — Pour écarter qu’on bénisse le « zman » avant de s’asseoir : bien que la bénédiction du « zman » elle-même puisse se dire debout de l’avis de tous, il n’est pas bon de le faire pour une autre raison : il faut rapprocher l’accomplissement de la mitsva de la bénédiction, et du moment qu’on a béni « léchev basoucca », il faut s’asseoir aussitôt. Pour savoir si plusieurs maîtres de maison peuvent faire le kidouch dans la soucca en même temps, voir plus haut siman 488, Michna Beroura seif katan 8. Il convient de dire la bénédiction de la soucca à voix haute, en la tirant sur un air, comme les autres bénédictions du kidouch ; de même pour toutes les autres bénédictions, on s’habituera à les dire à voix haute, car la voix éveille la kavana. Chel"a.

(ו) בשאר ימים וכו' - ר"ל דביו"ט הלא מבואר לעיל בס"א יין קידוש וסוכה וביארנו שם טעם הדבר דא"א לברך על הסוכה קודם קידוש היום ע"ש אכן בשאר הימים שאין בהם קידוש דעת המחבר דצריך לברך על הסוכה קודם ברכת המוציא כדעת רבינו מאיר מרוטנבורג דבה נתחייב תחלה תיכף שנכנס וישב בה לסעוד סעודתו וראוי לסמוך הברכה להישיבה כל מה דאפשר אך העולם לא נהגו כן כדמסיים:

Les autres jours, etc. — C’est-à-dire : le Yom Tov, il est exposé plus haut au seif 1 « vin, kidouch et soucca », et nous en avons dit la raison : on ne peut bénir sur la soucca avant le kidouch du jour, voir là-bas. Mais les autres jours, où il n’y a pas de kidouch, l’avis du Méḥaber est qu’il faut bénir sur la soucca avant Hamotsi, selon Rabbenou Méir de Rothenbourg : on y a été tenu d’abord, dès qu’on est entré et assis pour le repas, et il convient de rapprocher la bénédiction de la séance autant que possible. Mais le monde n’en a pas pris l’usage, comme il conclut.

(ז) אחר ברכת המוציא - כדי שיתחיל בסעודה דעל ידה הוא עיקר חיוב הסוכה ואח"כ יברך ולא הוי הפסק בין ברכת המוציא לאכילה דצורך סעודה הוא כמו קידוש:

Après la bénédiction de Hamotsi — Afin de commencer le repas, par lequel est l’essentiel de l’obligation de soucca, puis de bénir ; et ce n’est pas une interruption entre Hamotsi et le repas, car c’est un besoin du repas, comme le kidouch.

(ח) אבל בשבת ויו"ט וכו' - פי' שאז מקדש על היין ואומר על הכוס סוכה וזמן כדלעיל ואח"כ המוציא על הפת ואם מקדש על הפת אומר המוציא וקידוש וסוכה וזמן משא"כ בחול שאין שם אלא המוציא מברך על הסוכה תיכף אחר ברכת המוציא:

Mais Chabbat et Yom Tov, etc. — C’est-à-dire : alors on sanctifie sur le vin et l’on dit sur la coupe soucca et « zman », comme plus haut, puis Hamotsi sur le pain. Si l’on sanctifie sur le pain, on dit Hamotsi, kidouch, soucca et « zman ». Ce qui n’est pas le cas en semaine, où il n’y a que Hamotsi : on bénit sur la soucca tout de suite après Hamotsi.

(ט) מברך לאחר קידוש - דאז הוא זמן התחלת הסעודה (דמקודם אין רשאי לאכול) ושייך אז לברך ברכת הסוכה. ולענין סעודת שבת ויו"ט שחרית שאין בהם קידוש רק ברכה בעלמא על הכוס יש דיעות בין האחרונים י"א דבזה אין כדאי להפסיק בברכת סוכה בין הברכה להשתיה דעל השתיה ליכא חיוב סוכה כלל אלא יברך אותה אחר ברכת המוציא למנהגינו וי"א דגם בזה כיון שמכין עצמו בקידוש זה לאכילה יברך אותה קודם שיטעום מן הכוס. ודעביד כמר עביד ודעביד כמר עביד. והנה זה הוא בנוטל ידיו אח"כ לסעודה אבל אם אינו רוצה עתה לסעוד סעודתו רק מברך על הכוס ואוכל אחריו פת כיסנין כדי שיהיה קידוש זה במקום סעודה מצדד בשע"ת דבזה לכו"ע יברך ברכת סוכה שיטעום מן הכוס ע"ש:

Il bénit après le kidouch — Car c’est alors le moment où commence le repas (auparavant on n’a pas le droit de manger), et il convient alors de bénir la bénédiction de la soucca. Pour le repas de Chabbat et Yom Tov le matin, où il n’y a pas de vrai kidouch mais seulement une bénédiction sur la coupe, les Aḥaronim sont partagés. Certains disent qu’il n’est pas indiqué d’interrompre par la bénédiction de soucca entre la bénédiction et la boisson — car sur la boisson il n’y a nulle obligation de soucca — et qu’on la dira après Hamotsi, selon notre usage. D’autres disent que, là aussi, du moment qu’on se prépare par ce kidouch au repas, on la dira avant de goûter de la coupe. Qui fait comme l’un a fait, qui fait comme l’autre a fait. Cela vaut pour qui se lave ensuite les mains pour le repas ; mais si l’on ne veut pas maintenant prendre son repas, et que l’on bénit seulement sur la coupe puis mange du pain de kisnin pour que ce kidouch tienne lieu de repas, le Chaaré Techouva incline à ce que, de l’avis de tous, on bénisse la bénédiction de soucca avant de goûter de la coupe, voir là-bas.