Mesure du hidour mitsva : on ajoute jusqu'à un tiers du prix pour un etrog plus beau ou plus grand. On ne dilapide pas plus d'un cinquième de son bien pour une mitsva positive passagère ; pour un interdit, on sacrifie tout son argent plutôt que de fauter.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) אם קנה וכו' - כדי להסביר היטב טעם השני דיעות אקדים מה דאיתא בגמרא הידור מצוה עד שליש במצוה ופירשו בשם ר"ת [והוא הדעה הראשונה שנזכר בשו"ע] שאינו ר"ל שיש לפניו שני אתרוגים או שני ס"ת ואחד הדר יותר מחבירו שיצטרך מחמת מצות הידור להוסיף עד שליש במקח דא"כ הרי לעולם ימצא נאה ונאה ואין סוף לדבר אלא מיירי שאתרוג אחד היה בו רק כשיעור מצומצם שהוא כביצה והאחר גדול ממנו ע"ז אמרו דמצוה להדר אחר זה ולהוסיף עד שליש דחיישינן שמא יתמעט השיעור ובאופן זה אפילו כבר קנה האתרוג הקטן מצוה להחליפו באחר ולהוסיף עד שליש בדמיו ויש מפרשים עוד דהגמרא מיירי באתרוג וכן כל המצות שמזדמן לפניו אחד הדר יותר מחבירו מצוה להדר אחר ההדר ולהוסיף עד שליש בדמיו וזהו הדעה השניה שמוזכרת פה:
S'il a acheté, etc. - Pour bien expliquer le fondement des deux avis, je rappelle d'abord ce qu'enseigne la Guemara : le hidour mitsva va jusqu'à un tiers de la mitsva. On a expliqué au nom de Rabbenou Tam — c'est le premier avis mentionné dans le Choul'han Aroukh — que cela ne vise pas le cas où l'on a devant soi deux etrogim ou deux sifré Torah, l'un plus beau que l'autre, et où l'on devrait, au titre du hidour, ajouter jusqu'à un tiers du prix : car on trouverait toujours plus beau, sans fin. Il s'agit plutôt d'un etrog qui n'avait que la mesure minimale — celle d'un œuf — et d'un autre plus grand : on a alors dit qu'il est mitsva de rechercher celui-ci et d'ajouter jusqu'à un tiers, de peur que la mesure ne diminue. Dans ce cas, même s'il a déjà acheté le petit etrog, c'est une mitsva de l'échanger contre l'autre et d'ajouter jusqu'à un tiers de son prix. D'autres expliquent encore que la Guemara vise l'etrog et, de même, toute mitsva où se présente un objet plus beau que l'autre : c'est une mitsva de rechercher le plus beau et d'ajouter jusqu'à un tiers de son prix. C'est le second avis mentionné ici.
(ב) אתרוג שראוי לצאת בו בצמצום - עיין במ"א שמצדד דלאו דוקא אתרוג דה"ה ס"ת או שופר וכדומה שקנהו והיה בו רק כשיעור מצומצם ואח"כ נזדמן לו אחר שהוא גדול בשיעורו מצוה להחליפו ולהוסיף עליו עד שליש:
Un etrog dont on peut tout juste s'acquitter, à la mesure stricte - Voir le Magen Avraham, qui penche à dire que ce n'est pas seulement l'etrog : il en va de même d'un sefer Torah, d'un chofar et analogues qu'on a achetés alors qu'ils n'avaient que la mesure minimale, et qu'on trouve ensuite un autre plus grand en mesure : c'est une mitsva de l'échanger et d'ajouter jusqu'à un tiers.
(ג) מלגיו - פי' אם הקטן נמכר בשש יוסיף שני דינרין דהיינו שליש תוך הדמים ושליש מלבר נקרא כשחולק הדמים לשנים ומוסיף חלק שלישי דהיינו שמוסיף ג' דינרין ויש מחמירין שצריך להוסיף שליש מלבר:
De l'intérieur (milguio) - C'est-à-dire : si le petit se vend six, on ajoute deux dinars, soit un tiers compris dans le prix. Un tiers « de l'extérieur » (milbar) s'entend quand on divise le prix en deux et qu'on ajoute une troisième part, soit trois dinars. Certains sont plus stricts et exigent d'ajouter un tiers milbar.
(ד) כדי להחליפו - אבל אם חבירו אינו רוצה להחליפו רק למכרו אינו חייב לקנותו ולהחזיק שתים אם לא שיש לו קונים שרוצים לקנות את הקטן שיש לו [אחרונים]:
Afin de l'échanger - Mais si son prochain ne veut pas l'échanger, seulement le vendre, on n'est pas tenu de l'acheter et de garder les deux, à moins d'avoir des acheteurs prêts à prendre le petit qu'on possède déjà [A'haronim].
(ה) שאם מוצא שני אתרוגים וכו' - ר"ל אפילו כל אחד גדול בשיעורו יותר מכביצה כיון שהשני נראה הדר ביופי יותר מחבירו צריך להוסיף. ואם כבר קנה אחד והוא בשיעורו גדול יותר מכביצה א"צ להוסיף להחליף בהדר לכו"ע [דלדיעה ראשונה כיון שגם הראשון לא היה בו שיעור מצומצם ולדיעה שניה לא החמירו ליקח ההדר כלל בשכבר קנה האחד] כ"כ המ"א בשם פוסקים אכן הגר"א הביא ירושלמי מפורש ומשמע דנקט לדינא כן דאפילו לקח כבר אתרוג ולולב [וה"ה לכל המצות] והיה בהם יותר מכשיעור ואח"כ מצא אחר נאה הימנו צריך להחליף ולהוסיף עד שליש:
S'il trouve deux etrogim, etc. - C'est-à-dire même si chacun dépasse déjà la mesure d'un œuf : dès que le second paraît plus beau que l'autre, il faut ajouter. Mais s'il a déjà acheté l'un, et que celui-ci dépasse déjà la mesure d'un œuf, il n'a plus à ajouter pour l'échanger contre un plus beau, selon tous les avis — pour le premier avis, le premier n'avait déjà plus la mesure minimale ; pour le second, on n'a pas été strict au point d'exiger le plus beau une fois l'achat fait. Ainsi a écrit le Magen Avraham au nom des décisionnaires. Cependant le Gra cite un Yeroushalmi explicite d'où il résulte qu'en pratique, même s'il a déjà pris etrog et loulav — et de même pour toutes les mitsvot — dont la mesure dépassait le minimum, et qu'il en trouve ensuite un plus beau, il doit échanger et ajouter jusqu'à un tiers.
(ו) אם אין מייקרים אותו יותר משליש - דהדור מצוה הוא רק עד שליש ואפילו מי שאין חייו נדחקים א"צ לבזבז יותר משליש. אמרינן בגמרא עד שליש משלו מכאן ואילך משל הקב"ה ופירש"י עד שליש משלו דהיינו אותו שליש שיוסיף בהידור מצוה משלו הוא שאינו נפרע לו בחייו כדאמרינן היום לעשותם ולא היום ליטול שכרם אבל מה שיוסיף יותר על שליש יפרע לו הקב"ה בחייו עכ"ל והיינו אף דאינו מצווה ע"ז מ"מ אם יוסיף יפרע לו הקב"ה בעוה"ז וי"א דבאיש אמיד שנתן לו הקב"ה הון צריך להוסיף בשביל הידור אפילו יותר משליש:
Si l'on ne le renchérit pas de plus d'un tiers - Car le hidour mitsva ne va que jusqu'à un tiers ; même celui dont la vie n'est pas à l'étroit n'a pas à dépenser plus d'un tiers. La Guemara dit : « jusqu'à un tiers, de son bien ; au-delà, de Celui du Saint, béni soit-Il ». Rachi explique : jusqu'à un tiers de son bien, c'est-à-dire ce tiers ajouté pour le hidour mitsva est « de lui », on ne le lui rembourse pas de son vivant, selon le principe « aujourd'hui pour les faire, et non aujourd'hui pour en recevoir le salaire » ; mais ce qu'il ajoute au-delà d'un tiers, le Saint, béni soit-Il, le lui rembourse de son vivant. Même s'il n'y est pas tenu, s'il ajoute, le Saint, béni soit-Il, le lui paie en ce monde. Certains disent qu'un homme aisé, à qui le Saint, béni soit-Il, a donné de la fortune, doit ajouter pour le hidour même plus d'un tiers.
(ז) הון רב - הנה שליש מנכסיו מוכח בגמרא בהדיא דאין צריך ליתן עבור מצוה אחת והפוסקים הסכימו דאפילו פחות משליש ג"כ אין צריך ליתן וסמכו דינו כמו לענין צדקה שאמרו המבזבז אל יבזבז יותר מחומש שמא יעני ויצטרך לבריות וה"ה בזה:
Une grande fortune - Un tiers de ses biens, la Guemara le dit explicitement : on n'a pas à le donner pour une seule mitsva. Les décisionnaires se sont accordés à dire que même moins d'un tiers, on n'a pas à le donner ; ils ont appuyé cela sur la tsedaka, où l'on a dit : « qui dilapide ne dilapidera pas plus d'un cinquième, de peur de s'appauvrir et de dépendre des créatures ». Il en va de même ici.
(ח) יותר מחומש אפילו מצוה עוברת - ומ"מ חייב להוציא עכ"פ עישור נכסיו לזה דגם בצדקה שיעור בינוני הוא מעשר ועיין במ"א וא"ר דכמו שם לענין צדקה שנה ראשונה מן הקרן מכאן ואילך מן הריוח ה"נ בענינינו ועיין בבה"ל שביררנו דר"ל דמשיעור זה בודאי אסור לפחות אבל אפשר דבענינינו דהוא מצוה עוברת גרע טפי וחייב להוציא עד חומש מנכסיו:
Plus d'un cinquième, même pour une mitsva passagère - Néanmoins il est tenu de dépenser au moins un dixième de ses biens pour cela, car aussi en tsedaka la mesure moyenne est la dîme. Voir le Magen Avraham et l'Eliya Rabba : comme là, pour la tsedaka, la première année on prend sur le capital, ensuite sur le revenu, de même ici. Voir le Beour Halakha, où nous avons établi que cela signifie qu'il est certainement interdit de descendre au-dessous de cette mesure ; mais il se peut qu'ici, s'agissant d'une mitsva passagère, ce soit plus grave, et qu'il soit tenu de dépenser jusqu'à un cinquième de ses biens.
(ט) אבל לא תעשה וכו' - דבטול עשה הוא במניעה מלקיים ואינו עושה שום מעשה נגד רצון הש"י משא"כ בלא תעשה אם יעבור. כתב המ"א משמע קצת בגיטין דף נ"ו במעשה דבר קמצא שהיה מותר לעבור על ל"ת מפני אימת המלכות דעכו"ם והאחרונים מפקפקים ע"ז דהתם פיקוח נפש היה:
Mais non un interdit, etc. - Car manquer une mitsva positive n'est qu'une abstention de l'accomplir, sans acte contraire à la volonté de ה' ; ce n'est pas le cas d'un interdit, si l'on transgresse. Le Magen Avraham a écrit qu'il semble un peu, d'après Gittin 56, dans l'affaire de Bar Kamtza, qu'il était permis de transgresser un interdit par crainte du pouvoir non juif ; mais les A'haronim contestent cela, car là il y avait danger de mort.
(י) יתן כל ממונו קודם שיעבור - ואף דיצטרך עי"ז אח"כ לחזור על הפתחים לא נוכל להתיר עי"ז איסורי תורה. וזה אפילו בל"ת גרידא וכ"ש אם נוגע הדבר לחייבי כריתות ח"ו כגון שאינו יכול להשיג איזה משמרת להרויח אם לא שמתרצה לחלל השבת ולעשות בו מלאכה כשאר פועלים אסור לו לשמוע להם ואף דנוגע זה למזונותיו ולמזונות אנשי ביתו אין לו להכרית נפשו עבורם:
Il donnera tout son bien plutôt que de transgresser - Même s'il devra ensuite mendier de porte en porte, on ne peut pour cela autoriser des interdits de la Torah. Cela vaut même pour un simple interdit, et à plus forte raison s'il s'agit de fautes passibles de karet, à D.ieu ne plaise : par exemple s'il ne peut obtenir un emploi pour gagner sa vie qu'en acceptant de profaner le Chabbat et d'y faire un travail comme les autres ouvriers, il lui est interdit de les écouter. Même si cela touche à sa nourriture et à celle des siens, il ne doit pas se détruire l'âme pour eux.