Origine des huit jours, interdiction de l’éloge funèbre et du jeûne, usage des femmes de ne pas travailler tant que les luminaires brûlent, repas facultatifs sauf s’ils s’accompagnent de louanges, fromage en souvenir de Yehoudih, deuil et onen.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) מתחילין שמונת ימי חנוכה - כי בבית שני כשמלכו מלכי רשעה גזרו גזירות על ישראל ובטלו דתם ולא הניחו אותם לעסוק בתורה ומצות ופשטו ידם בממונם ובבנותיהם ונכנסו להיכל ופרצו בו פרצות וטמאו הטהרות וצר להם לישראל מאוד מפניהם ולחצום לחץ גדול עד שריחם עליהם אלהי אבותינו והושיעו מידם והצילם וגברו בני חשמונאי הכהנים הגדולים והרגום והושיעם ישראל מידם וחזרה מלכות לישראל יתר על מאתים שנה עד החורבן השני וכשגברו ישראל על אויביהם ואיבדום בכ"ה בכסליו היה ונכנסו להיכל ולא מצאו שמן טהור במקדש אלא פך אחד שהיה מונח בחותמו של כ"ג ולא היה בו להדליק אלא יום אחד בלבד ונעשה נס והדליקו ממנו נרות המערכה ח' ימים עד שכתשו זיתים והוציאו שמן טהור. ומפני זה התקינו חכמים שבאותו הדור שיהיו הימים האלו שתחלתן כ"ה בכסליו ימי שמחה והלל ומדליקין בהן הנרות בערב על פתחי הבתים בכל לילה ולילה משמונת הלילות להראות ולגלות הנס. והוא מצוה מד"ס כקריאת המגילה וימים אלו הן הנקראים חנוכה ר"ל חנו כ"ה שביום כ"ה חנו מאויביהם. ומפני שהן ימי שמחה והלל לכך אסור בהן ההספד והתענית נוהגין העניים לסבב בחנוכה על הפתחים ויש טעם לזה:
On commence les huit jours de Hanouka - Car au Second Temple, lorsque régnèrent des rois impies, ils décrétèrent des édits contre Israël, annulèrent leur religion et ne les laissèrent pas s’occuper de Torah et de mitsvot ; ils portèrent la main sur leurs biens et sur leurs filles, pénétrèrent dans le Héikhal, y firent des brèches et souillèrent les choses pures. Israël souffrit beaucoup d’eux et fut pressé d’une grande oppression, jusqu’à ce que le Dieu de nos pères eût pitié d’eux, les sauvât de leurs mains et les délivrât. Les fils des Hasmoneens, les grands prêtres, prévalurent, les tuèrent et sauvèrent Israël de leurs mains ; la royauté revint à Israël pour plus de deux cents ans, jusqu’à la seconde destruction. Lorsque Israël prévalut sur ses ennemis et les anéantit, ce fut le 25 Kislev : ils pénétrèrent dans le Héikhal et ne trouvèrent d’huile pure dans le Sanctuaire qu’une seule fiole placée sous le sceau du Cohen Gadol, et il n’y en avait que pour allumer un seul jour. Un miracle se produisit, et l’on alluma de cette huile les lampes de l’office huit jours, jusqu’à ce que l’on eût broyé des olives et extrait de l’huile pure. C’est pourquoi les Sages de cette génération instituèrent que ces jours, dont le début est le 25 Kislev, fussent des jours de joie et de Hallel, et que l’on y allume les luminaires le soir aux portes des maisons, chaque nuit des huit nuits, pour montrer et révéler le miracle. C’est une mitsva midivré soferim, comme la lecture de la Méguila. Ces jours s’appellent Hanouka, c’est-à-dire « 'hanou kaf-hé » : le 25, ils se reposèrent de leurs ennemis. Et parce que ce sont des jours de joie et de Hallel, l’éloge funèbre et le jeûne y sont interdits. Les pauvres ont l’usage de faire le tour des portes à Hanouka, et il y a une raison à cela.
(ב) ואסורים בהספד ותענית - עיין לקמן סימן תרפ"ו ס"א במ"ב:
Et ils sont interdits d’éloge funèbre et de jeûne - Voir plus loin siman 686 seif 1 dans le MB.
(ג) הנשים - דוקא נשים לפי שנעשה נס על ידיהם כדלקמיה בס"ב בהג"ה ויש מקומות שגם האנשים מחמירים בזה:
Les femmes - Uniquement les femmes, parce que le miracle fut accompli par leur intermédiaire, comme plus loin au seif 2 dans la glose. Il y a des lieux où les hommes aussi sont stricts en cela.
(ד) בעוד שהנרות דולקות - בביתו כדי להכיר שאסור להשתמש לאורה והוא כחצי שעה:
Tant que les luminaires brûlent - Chez soi, afin que l’on reconnaisse qu’il est interdit de se servir de leur lumière ; c’est environ une demi-heure.
(ה) שאין להקל להם - דהוי כדברים המותרים ואחרים נהגו בהם איסור שאין להתיר בפניהם. וכתב בשלטי גבורים וכן הסכים בתשובת חכם צבי שבמקום שנהגו איסור מלעשות מלאכה כל היום יש למחות בידם כי הבטלה עברה היא ומביאה לידי שעמום:
Qu’on ne doit pas être indulgent envers elles - Car ce sont comme des choses permises dont d’autres ont pris l’usage de l’interdiction, et l’on ne doit pas les autoriser en leur présence. Le Chilté Guiborim a écrit, et le 'Hakham Tsvi l’a approuvé dans un responsum, que là où l’on a pris l’usage d’interdire tout travail tout le jour, il faut les en dissuader, car l’oisiveté est une faute et mène à l’ennui.
(ו) שלא קבעום למשתה ושמחה - אלא להלל ולהודות. ונראה הטעם דלא קבעו כאן לשמחה כמו בפורים כי בפורים היה הגזירה להשמיד ולהרוג את הגופות שהוא בטול משתה ושמחה ולא את הנפשות שאפילו המירו דתם ח"ו לא היה מקבל אותם לכך כשהצילם הקב"ה ממנו קבעו להללו ולשבחו ית' ג"כ ע"י משתה ושמחה משא"כ במעשה דאנטיוכוס שלא גזר עליהם להרוג ולהשמיד רק צרות ושמדות כדי להמיר דתם [כמו שאנו אומרים להשכיחם תורתך ולהעבירם מעל חוקי רצונך] ואם היו ישראל מכניעים להם להיות כבושים תחת ידם ולהעלות להם מס וחוזרין לאמונתם ח"ו לא היו מבקשים יותר אלא שהגביר הקב"ה יד ישראל ונצחום לכך לא קבעום אלא להלל ולהודות לבד כלומר כיון שהם רצו למנוע אותנו מזה לכפור בדתו ח"ו ובעזרתו ית' לא הפיקו זממם וגברה ידינו לכך אנו מודים ומשבחים לו על שהיה לנו לאלהים ולא עזבנו מעבודתו [לבוש]:
Ils ne les ont pas institués pour banquet et réjouissance - Mais pour le Hallel et l’action de grâces. La raison semble être qu’on n’a pas institué ici de réjouissance comme à Pourim, car à Pourim le décret était d’exterminer et de tuer les corps — ce qui est l’annulation du banquet et de la joie — et non les âmes : même s’ils avaient apostasié, à D.ieu ne plaise, on ne les aurait pas acceptés. Aussi, lorsque le Saint béni soit-Il les en délivra, on institua de Le louer et de Le célébrer, qu’Il soit exalté, aussi par banquet et réjouissance. Il n’en va pas de même dans l’affaire d’Antiochus, qui n’avait pas décrété de les tuer et d’exterminer, mais seulement des tourments et des persécutions pour les faire changer de religion [comme nous disons : « pour leur faire oublier Ta Torah et les écarter des lois de Ta volonté »]. Si Israël s’était soumis à eux pour être asservis sous leur main et leur payer tribut, et était revenu à leur foi, à D.ieu ne plaise, ils n’auraient rien demandé de plus ; mais le Saint béni soit-Il fortifia la main d’Israël et ils les vainquirent. C’est pourquoi on ne les institua que pour le Hallel et l’action de grâces seulement, c’est-à-dire : puisqu’ils voulurent nous empêcher de cela, de renier Sa religion, à D.ieu ne plaise, et qu’avec Son aide, qu’Il soit exalté, ils n’exécutèrent pas leur dessein et que notre main prévalut, nous Lui rendons grâces et Le louons d’avoir été pour nous un Dieu et de ne pas nous avoir abandonnés loin de Son service [Levouch].
(ז) דבאותן הימים וכו' - ר"ל בכ"ה בכסליו כדאיתא במדרש דמלאכת המשכן נגמר בכ"ה בכסליו אלא שהמתין הקב"ה בהקמה עד ניסן שנולד בו יצחק ואמר הקב"ה עלי לשלם לכסליו ושילם לו חנוכת בית חשמונאי. וגם שם בימי אנטיוכוס טמאו ההיכל ועשו חנוכת הבית בשמנה ימים אלו בבית:
Car en ces jours etc. - C’est-à-dire le 25 Kislev, comme il est dans le Midrach : le travail du Michkan fut achevé le 25 Kislev, mais le Saint béni soit-Il attendit pour l’érection jusqu’à Nissan, mois de la naissance d’Yits'hak. Le Saint béni soit-Il dit : c’est à Moi de payer Kislev, et Il lui paya par l’inauguration de la Maison des Hasmoneens. De même là, aux jours d’Antiochus, ils souillèrent le Héikhal et firent l’inauguration de la Maison durant ces huit jours, dans la Maison.
(ח) זמירות - וה"ה בנישואי בת ת"ח לע"ה אם אומרים שירות הוי סעודת מצוה [מ"א בשם מרדכי]:
Des zémirot - Il en va de même pour le mariage de la fille d’un talmid 'hakham avec un 'am haarets : si l’on dit des chants, c’est un repas de mitsva [Maguen Avraham au nom du Mordekhaï].
(ט) ואז הוי סעודת מצוה - ר"ל בצרוף זה וכ"פ הרש"ל והב"ח כהיש אומרים וכתב הרש"ל שכל שעושה כדי ליתן שבח למקום או לפרסם הנס או המצוה הכל סעודת מצוה:
Et alors c’est un repas de mitsva - C’est-à-dire par cette conjonction. Ainsi ont tranché le Maharshal et le Ba'h comme les « certains disent ». Le Maharshal a écrit que tout ce que l’on fait pour donner louange au Lieu, ou pour publier le miracle ou la mitsva, est un repas de mitsva.
(י) שהאכילה יהודית - היא היתה בתו של יוחנן כ"ג והיתה גזירה שכל ארוסה תבעל לטפסר תחלה והאכילה לראש הצוררים גבינה לשכרותו וחתכה את ראשו וברחו כולם:
Que Yehoudih fit manger - Elle était la fille de Yo'hanan Cohen Gadol. Il y avait un décret que toute fiancée fût d’abord possédée par le gouverneur. Elle fit manger du fromage au chef des oppresseurs jusqu’à l’enivrer, lui trancha la tête, et tous s’enfuirent.
(יא) ואין מתענין - כנ"ל ס"א. ואם עבר והתענה יום שמת בו אביו ואמו או ת"ח צריך למיתב תענית לתעניתיה אחר חנוכה ועיין בדה"ח מה שכתב בזה:
On ne jeûne pas - Comme ci-dessus seif 1. Si l’on a transgressé et jeûné le jour de la mort de son père et de sa mère ou d’un talmid 'hakham, il faut observer un jeûne en compensation après Hanouka. Voir dans Derekh Ha'haïm ce qu’il a écrit à ce sujet.
(יב) ע"ל בהלכות ר"ח וכו' - ששם כתב שא"א ביום שא"א בו תחנון וכן לקמן בסימן תרפ"ג ע"ש. אבל לפניהם ולאחריהם נראה דאין להחמיר לענין צדוק הדין עיין לקמן סימן תרפ"ו דלענין הספד גופא הרבה מקילין ואף אם נרצה להחמיר כאיזה פוסקים דמחמירין בהספד לפניהם וממילא גם צדוק הדין אין לומר עכ"פ לאחריהם בודאי אין להחמיר ויוכל לומר צדוק הדין וכ"כ הפמ"ג. אבלות לכו"ע נוהג בחנוכה. אונן פטור מנר חנוכה. וכתב בא"ר דאשתו תדליק. ואם הוא מותר לענות אמן יש דיעות בפוסקים עיין ביו"ד סימן שמ"א. ונראה דאם אין אשתו עמו והוא יחידי בבית ידליק הנרות לפרסומי ניסא ובלא ברכה [פמ"ג] חרש שאינו שומע והוא מדבר חייב בנר חנוכה דהוא כפקח לכל דבריו [שם]:
Voir ci-dessus aux lois de Roch 'Hodech etc. - Là il a écrit que l’on ne dit pas [Tsidoq Hadin] un jour où l’on ne dit pas Tahanoun, et de même plus loin au siman 683, voir là. Mais avant eux et après eux, il semble qu’il n’y a pas lieu d’être strict quant au Tsidoq Hadin ; voir plus loin siman 686 : quant à l’éloge funèbre lui-même, beaucoup sont indulgents ; et même si l’on veut être strict comme certains décisionnaires qui sont stricts sur l’éloge funèbre avant eux, et dès lors aussi le Tsidoq Hadin ne se dirait pas, en tout cas après eux on n’a certainement pas à être strict et l’on peut dire Tsidoq Hadin. Ainsi a écrit le Pri Megadim. Le deuil s’applique à Hanouka selon tous les avis. Un onen est exempt du luminaire de Hanouka. L’Elya Rabba a écrit que sa femme allumera. S’il lui est permis de répondre amen, il y a des avis parmi les décisionnaires ; voir Yoré Déa siman 341. Il semble que s’il n’a pas sa femme avec lui et qu’il est seul à la maison, il allumera les luminaires pour la publicité du miracle, sans berakha [Pri Megadim]. Un sourd qui n’entend pas mais qui parle est tenu au luminaire de Hanouka, car il est comme un entendant pour toutes ses paroles [ibid.].