On lit la méguila la nuit dès les étoiles et on la répète le jour. Temps : nuit jusqu'à l'aube ; jour du lever du soleil au coucher. On interrompt même une grande étude pour la lire en public. Conflits de priorité avec un enterrement, un mét mitsva et une milah : publicité du miracle contre mitsva de la Torah.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) לקרות המגילה בלילה - משעת צאת הכוכבים ועיין לקמן בסימן תרצ"ב ס"ד במ"ב ובה"ל מה שכתבנו שם:
Lire la méguila la nuit - dès la sortie des étoiles. Voir plus loin au siman 692 seif 4, dans le Michna Beroura et le Biour Halakha, ce que nous y avons écrit.
(ב) ולחזור ולשנותה ביום - זכר לנס שהיו צועקים בימי צרתם יום ולילה:
Et la répéter le jour - souvenir du miracle : aux jours de leur détresse ils criaient jour et nuit.
(ג) כל הלילה - עד עמוד השחר ואם לא קראה קודם אפילו באונס שוב לא יקרא דמשעלה עה"ש יממא הוא:
Toute la nuit - jusqu'à la pointe de l'aube. S'il ne l'a pas lue auparavant, même par oness (contrainte), il ne la lira plus : dès que s'est levée la pointe de l'aube, c'est le jour.
(ד) מהנץ החמה - לפי שאין הכל בקיאין בעמוד השחר וזמנין דאתי לאקדומי צריך לכתחלה להמתין עד הנץ דיום ברור הוא לכל:
Dès le lever du soleil - parce que tous ne sont pas experts à discerner la pointe de l'aube, et parfois l'on anticiperait ; il faut lekhathila (a priori) attendre le lever du soleil, jour clair pour tous.
(ה) עד סוף היום - היינו שקיעת החמה ואם נמשך עד בין השמשות יקראנה בלי ברכה:
Jusqu'à la fin du jour - c'est-à-dire le coucher du soleil. Si cela s'est prolongé jusqu'entre les soleils, on la lira sans berakha.
(ו) יצא - ואם היה אונס קצת יכול לקרותה לכתחלה משעלה עמוד השחר [אחרונים]:
Il s'est acquitté - et s'il y avait un peu d'oness, il peut la lire lekhathila dès que s'est levée la pointe de l'aube [Aharonim].
(ז) מבטלים ת"ת וכו' - ר"ל אף דת"ת שקול כנגד כל המצות ואפילו היתה ת"ת של חבורה גדולה של ק' אנשים שלומדים באיזה בית אפ"ה צריך לבטל ולילך לקרותה בצבור משום ברב עם הדרת מלך. וכתב הח"א מ"מ מי שמתפלל כל השנה בקביעות במנין המיוחד לו להתפלל שם א"צ לילך לביהכ"נ:
On interrompt l'étude de la Torah, etc. - c'est-à-dire : même si l'étude de la Torah équivaut à toutes les mitsvot, et même s'il s'agissait de l'étude d'un grand groupe de cent hommes étudiant dans quelque maison, il faut néanmoins interrompre et aller la lire en public, à cause de « dans la multitude du peuple est la gloire du Roi ». Le Hayé Adam a écrit : toutefois, qui prie toute l'année de façon fixe dans le minyan qui lui est propre n'a pas à aller à la synagogue.
(ח) כדי צרכו - מלשון זה מוכח דאף שהוא בעיר שיש לו קוברין דשוב אינו מוטל בבזיון והזריזות לקוברו קודם הוא רק תוספות כבוד לו אפ"ה מותר להקדימו קודם מקרא מגילה וכ"מ בהג"ה סוף סי' תרצ"ו דס"ל דקבורת מתו קודם אבל במ"א הביא בשם כמה פוסקים דס"ל דוקא מת מצוה משמע שמצאו בשדה שהוא מוטל בבזיון שאין לו קוברין כלל אבל בעיר שיש לו אנשים שדואגין בעבורו מקרא מגילה קודם [אם לא בת"ח שקבורתו קודם למקרא מגילה] וכן הסכים בביאור הגר"א להלכה אכן כתב שאם התחילו להוציאו אין מפסיקין באמצע ואז נדחה מקרא מגילה לגמרי אפילו א"א לקראה אח"כ וכעין זה כתב הפר"ח ג"כ עי"ש:
Selon son besoin - de ce libellé il ressort que même s'il est dans une ville où il a des fossoyeurs, si bien qu'il n'est plus exposé à l'ignominie, et que la diligence à l'enterrer d'abord n'est qu'un surcroît d'honneur pour lui, néanmoins il est permis de le faire précéder à la lecture de la méguila. Ainsi paraît-il de la glose à la fin du siman 696, qui tient que l'enterrement de son mort précède. Mais le Magen Avraham a cité au nom de plusieurs décisionnaires qu'il ne s'agit que d'un mét mitsva, c'est-à-dire qu'on l'a trouvé aux champs, exposé à l'ignominie, sans personne pour l'enterrer ; mais dans une ville où des gens s'occupent de lui, la lecture de la méguila précède [sauf s'il s'agit d'un talmid hakham, dont l'enterrement précède la lecture de la méguila]. Le Biour du Gra s'est rangé à cela pour la halakha ; toutefois il a écrit : si l'on a commencé à le sortir, on n'interrompt pas au milieu, et alors la lecture de la méguila est entièrement reculée, même s'il n'est plus possible de la lire ensuite. Le Pri Hadach a écrit à peu près de même, voir là.
(ט) בדאיכא שהות וכו' - וה"ה לענין מילה ומגילה איכא שהות לעשות שתיהן מגילה קודם משום פרסומי ניסא [פר"ח ופרמ"ג] והעולם נוהגין למול קודם המגילה וכדלקמן בסוף סימן תרצ"ג [ח"א]:
Lorsqu'il y a le temps, etc. - de même pour la milah et la méguila : s'il y a le temps de faire les deux, la méguila précède, à cause de la publicité du miracle [Pri Hadach et Pri Megadim]. Le monde a coutume de circoncire avant la méguila, comme plus loin à la fin du siman 693 [Hayé Adam].
(י) אבל אם א"א וכו' - ר"ל שיתבטל המצוה דאורייתא לגמרי אם לא יעשנה ביום ההוא ומה שכתב לקמיה דאם א"א לו לקראה אח"כ יקראנה קודם התם לא יתבטל לגמרי המצות קבורה דיהיה אפשר לו לקברו בלילה ואה"נ דאם לא יהיה אפשר לו לקברו אח"כ כגון מפני לסטים וכה"ג בודאי מת מצוה קודם:
Mais s'il n'est pas possible, etc. - c'est-à-dire que la mitsva de la Torah serait entièrement annulée s'il ne la fait pas ce jour-là. Ce qu'il a écrit plus loin : s'il ne peut plus la lire ensuite, il la lira d'abord — là, la mitsva d'enterrement ne serait pas entièrement annulée, car il pourra l'enterrer la nuit. Et de fait, s'il ne pourra plus l'enterrer ensuite, par exemple à cause de brigands et cas semblables, à coup sûr le mét mitsva précède.
(יא) אין שום מצוה דאורייתא נדחית וכו' - מפני שמקרא מגילה הוא רק מדרבנן ועיין בט"ז שהביא בשם רש"ל וב"ח דתמיד מקרא מגילה קודם משום פרסומי ניסא והגר"א בביאורו ג"כ סובר הכי עי"ש:
Aucune mitsva de la Torah n'est reculée, etc. - parce que la lecture de la méguila n'est que de rabbanan. Voir le Taz qui a cité au nom du Maharshal et du Bach : toujours la lecture de la méguila précède, à cause de la publicité du miracle ; le Gra dans son commentaire tient aussi ainsi, voir là.
(יב) בדאפשר לו לקראה - אבל אם הוא סמוך לחשיכה יקרא המגילה דהא מת מצוה אפשר לקוברו בלילה. והנה זה העתיק הרמ"א בשם מהר"א מזרחי אבל כמה אחרונים חולקין ע"ז וסוברין דאפילו באופן שידחה המגילה לגמרי ג"כ מת מצוה קודם משום בכבוד הבריות אכן כבר ביארנו לעיל דדוקא במת מצוה משמת אבל לא בשאר מתים ואפילו אם נפסוק שם דבשאר מתים ג"כ מצוה להקדים קבורתו לקריאת המגילה עכ"פ היכא דידחה עי"ז קריאת המגילה לגמרי בודאי מגילה קודם ויקבר מתו בלילה:
S'il lui est possible de la lire - mais s'il est proche de la tombée de la nuit, il lira la méguila, car un mét mitsva on peut l'enterrer la nuit. Or le Rema a copié ceci au nom de Mahari Mizrahi ; mais plusieurs Aharonim contestent et tiennent que même si la méguila serait entièrement reculée, le mét mitsva précède encore, à cause de l'honneur des créatures. Toutefois nous avons déjà expliqué plus haut que cela ne vise que le mét mitsva qui vient de mourir, non les autres morts ; et même si l'on décidait là que pour les autres morts aussi c'est une mitsva de faire précéder l'enterrement à la lecture de la méguila, du moins lorsque par là la lecture de la méguila serait entièrement reculée, à coup sûr la méguila précède, et l'on enterrera son mort la nuit.