Hommes, femmes, affranchis et mineurs par éducation sont tenus. Un sourd-parlant n'acquitte pas selon le Choulhan Aroukh. Un mineur n'acquitte pas un adulte. Divergence : une femme acquitte-t-elle un homme. Androgyne, toumtoum et demi-esclave. Hors minyan, chacun lit pour soi. On amène les enfants pour les éduquer, sans qu'ils troublent l'écoute.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) ונשים - ואף דהקריאה היא דבר שהזמן גרמא מ"מ חייבות שאף הן היו באותו הנס דמתחלה היתה הגזירה גם עליהם כדכתיב בקרא. ולכן צריך האיש לקרותה בביתו לפני הבתולות והמשרתות ובקצת מקומות נוהגין שהם הולכות לביהכ"נ לעזרת נשים לשמוע הקריאה אכן צ"ע איך יוצאין שם נשים דא"א לשמוע שם כדין:
Et les femmes - bien que la lecture soit une chose dont le temps est la cause, elles sont néanmoins tenues, car elles aussi furent dans ce miracle : dès l'abord le décret pesait aussi sur elles, comme il est écrit dans le verset. Dès lors l'homme doit la lire chez lui devant les jeunes filles et les servantes. En certains lieux, elles ont coutume d'aller à la synagogue, au bas côté des femmes, pour entendre la lecture ; toutefois il y a lieu d'examiner comment les femmes s'y acquittent, car il n'est pas possible d'y entendre selon la loi.
(ב) משוחררים - אבל אינם משוחררים פטורים דגריעי מנשים לענין זה וי"א דאפי' אינם משוחררים חייבים:
Les affranchis - mais ceux qui ne sont pas affranchis sont exempts, car ils sont inférieurs aux femmes en cela ; et il en est qui disent que même non affranchis ils sont tenus.
(ג) את הקטנים - היינו מי שהגיע למצות חינוך ועיין לקמן בס"ו. וכיון דגם נשים חייבות פשוט דגם בקטנות יש בהן משום מצות חינוך וע"ל בס"ו:
Les mineurs - c'est-à-dire celui qui a atteint la mitsva d'éducation ; voir plus loin au seif 6. Puisque les femmes aussi sont tenues, il est évident que pour les mineures aussi il y a mitsva d'éducation ; voir plus loin au seif 6.
(ד) יצא ידי חבותו - וצריך שיכוין הקורא להוציא והשומע לצאת כדין שארי מצות שאחד מוציא חבירו וכדלקמן בסי' תר"צ סי"ד:
Il s'est acquitté de son obligation - et il faut que le lecteur ait l'intention d'acquitter et l'auditeur de s'acquitter, selon la loi des autres mitsvot où l'un acquitte son prochain ; voir plus loin au siman 690 seif 14.
(ה) חרש - היינו המדבר ואינו שומע כלל ואע"ג דבעלמא קי"ל דאם לא השמיע לאזנו יצא כדלעיל בסימן ס"ב וסימן קפ"ה הכא לענין מגילה דהוא משום פרסומי ניסא החמירו בו יותר דהשמיעה לאזנו הוא לעיכובא א"נ דחרש גרע טפי שאינו יכול להשמיע לאזנו ועיין בשע"ת דדוקא אם הוא חרש גמור שאינו שומע כלל לאפוקי אם הוא שומע כשמדברים לו בקול רם. וכ"ז הוא לדעת השו"ע אבל דעת כמה אחרונים דאפילו הוא חרש גמור יצא השומע ממנו ומ"מ לכתחלה כו"ע מודים שלא יעמידוהו להוציא רבים י"ח. ודע דמי שכבדו אזניו או שהוא רחוק מן הבימה ואינו יכול לשמוע היטיב מן הקורא יזהר לקרות לעצמו ממגילה כשרה או עכ"פ יאחוז חומש והתיבות שיחסר לו יאמר תיכף מן החומש:
Un sourd - c'est-à-dire celui qui parle et n'entend pas du tout. Bien qu'en général nous tenions que s'il n'a pas fait entendre à son oreille il s'est acquitté, comme ci-dessus aux simanim 62 et 185, ici pour la méguila, qui est pour la publicité du miracle, on a été plus rigoureux : faire entendre à son oreille est indispensable ; ou bien le sourd est plus bas, car il ne peut faire entendre à son oreille. Voir le Chaaré Techouva : seulement s'il est sourd complet, qui n'entend pas du tout, à l'exclusion de celui qui entend lorsqu'on lui parle à voix haute. Tout cela est selon l'avis du Choulhan Aroukh ; mais l'avis de plusieurs Aharonim est que même s'il est sourd complet, l'auditeur s'acquitte par lui. Néanmoins lekhathila (a priori) tous conviennent qu'on ne l'établira pas pour acquitter le grand nombre. Sache : qui a l'oreille appesantie, ou qui est loin de la bimah et ne peut bien entendre le lecteur, prendra garde de lire pour soi dans une méguila valide, ou du moins tiendra un houmach et les mots qui lui manquent, il les dira aussitôt d'après le houmach.
(ו) או קטן - אע"ג דקטן נמי חייב עכ"פ מדרבנן כדלעיל בס"א אפ"ה אינו יכול להוציא את הגדול דלגבי קטן הוי תרי דרבנן (ר"ל דעצם קריאת המגילה הוי רק מד"ס וחיובו של קטן הוי ג"כ רק מדרבנן בכל המצות) משא"כ גדול הוי חד דרבנן ולא אתי תרי דרבנן ומפיק חד דרבנן. והנה לעיל בסימן תרע"ה ס"ג הביא המחבר דיש מי שמכשיר בקטן שהגיע לחינוך שיכול להוציא אחרים בהדלקתו וה"ה לענין קריאת המגילה ועיין בעקרי דינים שכתב בשם סמא דחיי דבמקום הדחק כשאין שם אנשים בקיאים במקרא מגילה יכול להוציאם קטן שהגיע לחינוך:
Ou un mineur - bien que le mineur aussi soit tenu, du moins de rabbanan, comme ci-dessus au seif 1, néanmoins il ne peut acquitter l'adulte : à l'égard du mineur ce sont deux degrés de rabbanan (c'est-à-dire : l'essence de la lecture de la méguila n'est que de paroles des Scribes, et l'obligation du mineur n'est aussi que de rabbanan en toutes les mitsvot), alors que l'adulte n'est qu'un degré de rabbanan, et deux de rabbanan ne viennent pas acquitter un de rabbanan. Or ci-dessus au siman 675 seif 3 l'auteur a rapporté qu'il en est qui valident un mineur parvenu à l'éducation pour acquitter autrui par son allumage, et de même pour la lecture de la méguila. Voir Ikaré ha-Dinim, qui a écrit au nom de Sama de-Hayé : en cas de détresse, s'il n'y a pas là d'hommes experts à la lecture de la méguila, un mineur parvenu à l'éducation peut les acquitter.
(ז) וי"א שהנשים אינם מוציאות וכו' - ולא דמי לנר חנוכה דשאני מגילה דהוי כמו קריאת התורה ופסולה מפני כבוד הצבור ולכן אפילו ליחיד אינה מוציאה משום לא פלוג וגם דאפשר דאשה אינה חייבת בקריאה רק לשמוע וכדלקמיה ומקרי שאינה מחוייבת בדבר לגבי איש אבל אשה מוציאה את חברתה:
Et il en est qui disent que les femmes n'acquittent pas, etc. - et cela ne ressemble pas à la lampe de Hanouka, car la méguila est comme la lecture de la Torah et est inapte par respect de la communauté ; dès lors même pour un particulier elle n'acquitte pas, par « on n'a pas distingué ». Et aussi, il se peut que la femme ne soit tenue que d'entendre, non de lire, comme plus loin, et elle est dite non tenue de la chose à l'égard de l'homme. Mais une femme acquitte sa prochaine.
(ח) אם האשה קראה וכו' - ועיין במ"א שמצדד דלא תקרא לעצמה כלל רק תשמע מהאנשים. וכ"ז ביש לה ממי לשמוע אבל אם אין לה מי שיקרא לפניה תקרא היא לעצמה במגילה כשרה ומברכת אקב"ו לשמוע מקרא מגילה [ח"א]:
Si la femme a lu, etc. - voir le Magen Avraham, qui incline à ce qu'elle ne lise pas du tout pour soi, mais entende des hommes. Tout cela lorsqu'elle a de qui entendre ; mais si elle n'a personne qui lise devant elle, elle lira elle-même dans une méguila valide et bénira « qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a commandé d'entendre la lecture de la méguila » [Hayé Adam].
(ט) אנדרוגינוס - יש לו זכרות ונקבות:
Un androgyne - il a masculin et féminin.
(י) מוציא מינו - דאם זה זכר גם זה זכר ואם זו נקבה גם זו נקבה ואם נסבור דהוא בריה בפני עצמו גם השני בריה בפני עצמו הוא:
Il acquitte son semblable - car si celui-ci est mâle, celui-là aussi est mâle ; si celle-ci est femelle, celle-là aussi est femelle ; et si l'on tient que c'est une créature à part, le second aussi est une créature à part.
(יא) ולא שאינו מינו - דשמא זה נקבה והשני הוא זכר ואפילו למ"ד דנשים מוציאות האנשים זה גרע טפי דבעינן שהמוציא את אחרים יהיה ניכר אם הוא איש או אשה:
Et non celui qui n'est pas son semblable - de peur que celui-ci soit femelle et le second mâle ; et même selon l'avis que les femmes acquittent les hommes, celui-ci est plus bas, car il faut que celui qui acquitte autrui soit reconnaissable comme homme ou comme femme.
(יב) טומטום וכו' אפילו מינו אינו מוציא - דשמא זה זכר וזה נקבה [משא"כ אנדרוגינוס כולן שוין במינן] וכן מי שחציו עבד לא אתי צד עבדות דידיה ומפיק להאחר שיש בו צד חירות:
Un toumtoum, etc., même son semblable, il n'acquitte pas - de peur que l'un soit mâle et l'autre femelle [alors que les androgynes sont tous égaux en leur espèce]. De même, qui est à demi esclave : le côté servile qui est en lui ne vient pas acquitter l'autre, en qui il y a un côté de liberté.
(יג) י"א דאפילו א"ע וכו' - זה לא קאי אטומטום רק אחציו עבד וחציו בן חורין ומשום דלא אתי צד עבדות דידיה ומפיק צד חירות דידיה וכ"ז דוקא לדעה הסוברת דנשים אין מוציאות האנשים ועבד דומה לאשה:
Il en est qui disent que même soi-même, etc. - cela ne se rapporte pas au toumtoum, mais à celui qui est à demi esclave et à demi libre, parce que le côté servile qui est en lui ne vient pas acquitter le côté libre qui est en lui. Tout cela seulement selon l'avis que les femmes n'acquittent pas les hommes, et l'esclave ressemble à la femme.
(יד) יצא - דמצות לאו ליהנות ניתנו ולא מקרי הנאה ועיין לעיל סימן תקפ"ט ס"ז דשייך לענינינו:
Il s'est acquitté - car les mitsvot n'ont pas été données pour en tirer jouissance, et cela n'est pas appelé jouissance. Voir ci-dessus siman 589 seif 7, qui touche à notre sujet.
(טו) לעצמו - דאין היחיד מוציא חבירו אלא בעשרה ולא דמי לשופר דקריאת המגילה הוי כמו תפלה דבעינן עשרה דוקא. והנה הפר"ח כתב דכ"ז הוא רק לענין לכתחלה אבל בדיעבד אם נתכוין לפטור חבירו יצאו אע"פ שכולם יודעים ובמ"א מצדד עוד דאפילו לכתחלה עדיף שיקרא אחד לכולן משום ברוב עם הדרת מלך אמנם בא"ר ובמטה יהודא דעתם כהשו"ע דכל אחד יקרא לעצמו וכן העתיק בדה"ח:
Pour soi - car le particulier n'acquitte son prochain que s'ils sont dix, et cela ne ressemble pas au chofar : la lecture de la méguila est comme la prière, qui requiert dix précisément. Or le Pri Hadach a écrit que tout cela n'est qu'au regard du lekhathila, mais bediavad (après coup), s'il a eu l'intention d'acquitter son prochain, ils se sont acquittés, bien que tous sachent. Le Magen Avraham incline encore : même lekhathila, mieux vaut qu'un seul lise pour tous, à cause de « dans la multitude du peuple est la gloire du Roi ». Toutefois l'Eliya Rabba et le Mateh Yehouda tiennent comme le Choulhan Aroukh : chacun lira pour soi ; ainsi a copié le Derekh ha-Hayim.
(טז) מנהג טוב להביא וכו' - כדי לחנכם במצות פרסומי ניסא ומטעם זה נוהגין הקהל לקרות אלו הפסוקים בקול רם [כדלקמן בסימן תר"צ סי"ז] שהם עיקר התחלת הנס וסופו והם איש יהודי. ומרדכי יצא. ליהודים. כי מרדכי. כדי לעורר הקטנים שלא יישנו ויתנו לבם על הקריאה ומקרין אותם הפסוקים כדי לחנכם [לבוש]:
C'est un bon usage d'amener, etc. - afin de les éduquer à la mitsva de publicité du miracle. Pour cette raison la communauté a coutume de lire ces versets à haute voix [comme plus loin au siman 690 seif 17], qui sont l'essentiel du début du miracle et de sa fin : « Un homme juif », « Et Mordekhai sortit », « Aux Juifs », « Car Mordekhai » — afin d'éveiller les petits pour qu'ils ne s'endorment pas et prêtent l'esprit à la lecture ; on leur fait dire ces versets afin de les éduquer [Levouch].
(יז) קטנים וקטנות - ובלבד שלא יביאו קטנים ביותר שמבלבלין דעת השומעים [מ"א וש"א]:
Garçonnets et fillettes - pourvu qu'on n'amène pas des tout-petits qui troublent l'esprit des auditeurs [Magen Avraham et autres].
(יח) לשמוע וכו' - ועכשיו בעו"ה נהפוך הוא שלבד שאינם שומעים אלא הם מבלבלים שגם הגדולים אינם יכולים לשמוע וכל ביאתם הוא רק להכות את המן ובזה אין האב מקיים מצות חינוך כלל ובאמת מצד מצות חינוך צריך כל אב להחזיק בניו הקטנים אצלו ולהשגיח עליהם שישמעו הקריאה וכשיגיע הקורא לזכור שם המן האגגי רשאי הקטן להכותו כמנהגו אבל לא שיהיה זה עיקר הבאת הקטן לביה"מ:
Pour entendre, etc. - et maintenant, par nos nombreux péchés, c'est l'inverse : non seulement ils n'entendent pas, mais ils troublent, si bien que les adultes non plus ne peuvent entendre, et toute leur venue n'est que pour frapper Haman ; par là le père n'accomplit nulle mitsva d'éducation. En vérité, du côté de la mitsva d'éducation, chaque père doit tenir près de lui ses petits fils et veiller à ce qu'ils entendent la lecture ; et lorsque le lecteur en vient à rappeler le nom de Haman l'Agaguite, le petit peut le frapper selon son usage — mais ce ne sera pas là l'essentiel de l'amenée du petit au beit hamidrach.
(יט) מקרא מגילה - ועכשיו ראוי לכל אחד שיהיה לו מגילה כשרה ולקרוא בלחש מלה במלה דא"א לשמוע מהש"ץ מחמת רעש ובלבול שמכים בעצים ומשמיעים קול וראוי לכל ישראל לנהוג כן מי שהיכולת בידו [פמ"ג] ועיין לקמן בסימן תר"צ ס"ד:
La lecture de la méguila - et maintenant il convient que chacun ait une méguila valide et lise à voix basse mot à mot, car il n'est pas possible d'entendre l'officiant à cause du bruit et du trouble de ceux qui frappent avec des bois et font du vacarme ; et il convient que tout Israël en use ainsi, qui en a les moyens [Pri Megadim]. Voir plus loin au siman 690 seif 4.