Debout ou assis, lecture intégrale d’après l’écrit, interruptions et ordre des versets, langues et écriture, intention du lecteur et de l’auditeur, coutumes de lecture (souffle, lettre, coups sur Haman) et recherche d’un minyan.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) בין יושב - מיהו הברכה יברך בעמידה:
Que ce soit assis - toutefois on dira la bénédiction debout.
(ב) אבל לא יקרא וכו' - ר"ל דאם קורא בצבור צריך לקרוא בעמידה ועיין בה"ל שצידדנו דעמידה ע"י סמיכה שרי לענין מגילה:
Mais on ne lira pas etc. - c’est-à-dire que s’il lit en public, il doit lire debout. Voir le Biour Halakha, où nous avons penché pour dire que se tenir debout en s’appuyant est permis pour la méguila.
(ג) ואסור לחזן וכו' - דלהוציא הצבור הוא ענין כבוד ואין ראוי לאדם לחלוק כבוד לעצמו כ"ז שלא כבדוהו וכ"ז באינו קבוע לכך אבל בש"ץ קבוע שמינוהו לכך א"צ להמתין:
Et il est interdit au chazan etc. - car faire acquitter le public est une affaire d’honneur, et il ne convient pas à un homme de s’attribuer un honneur tant qu’on ne le lui a pas rendu. Tout cela concerne celui qui n’est pas fixé à cet office ; mais pour un chaliah tsibbour titulaire qu’on a nommé à cela, il n’a pas besoin d’attendre.
(ד) ויוצאים הם וכו' - ולא אמרינן דתרי קלי לא משתמעי שפיר כדאמרינן לענין קה"ת ושארי דוכתי דקריאה זו חביבה ביותר מפני הנס ויהיב דעתיה לשמוע היטיב. וכיון שכן פשוט הוא באם מרגיש בעצמו שמבלבלים ליה הקולות ושא"א לו לשמוע כל התיבות בודאי לא יצא:
Et ils s’acquittent, eux etc. - et l’on ne dit pas que deux voix ne s’entendent pas bien, comme on le dit pour la lecture de la Torah et en d’autres endroits : car cette lecture est particulièrement chère à cause du miracle, et l’on applique son esprit à bien entendre. Dès lors, il est évident que si l’on sent soi-même que les voix l’embrouillent et qu’il lui est impossible d’entendre tous les mots, certainement on ne s’est pas acquitté.
(ה) צריך לקרותה כולה - והוא לעיכובא. ודעת רוב הפוסקים שאפילו אם חיסר ממנה רק תיבה אחת לא יצא:
Il faut la lire tout entière - et c’est indispensable. L’avis de la plupart des décisionnaires est que même si l’on n’en a omis qu’un seul mot, on ne s’est pas acquitté.
(ו) ומתוך הכתב - ומתבאר בש"ס דאפילו קורא כל פסוק במגילה אלא שלא היתה המגילה כשרה נמי מקרי בע"פ ולא יצא:
Et d’après l’écrit - et il ressort du Talmud que même si l’on lit chaque verset dans la méguila, mais que la méguila n’était pas casher, cela s’appelle aussi de mémoire, et l’on ne s’est pas acquitté.
(ז) וצריך שתהא כתובה וכו' - ר"ל דמה שאמרנו לא יצא היינו אם קרא בע"פ את כל המגילה או רובה אבל אם קרא מקצתה כשרה דיעבד ואפילו אם היתה סיבת קריאתו בע"פ מפני שהסופר השמיט בה איזה תיבות באמצעה עד חציה והוכרח הקורא לקרותם בע"פ אף שלכתחלה אינו נכון לקרות במגילה שחסרה תיבות מ"מ בדיעבד יצא:
Et il faut qu’elle soit écrite etc. - c’est-à-dire que ce que nous avons dit « on ne s’est pas acquitté » vise le cas où l’on a lu de mémoire toute la méguila ou sa majeure partie ; mais si l’on n’en a lu qu’une partie [de mémoire], c’est casher bediavad (après coup). Et même si la cause de sa lecture de mémoire est que le sofer y a omis quelques mots au milieu, jusqu’à la moitié, et que le lecteur a été forcé de les lire de mémoire : bien que lekhathila (a priori) il ne soit pas correct de lire dans une méguila à laquelle manquent des mots, néanmoins bediavad on s’est acquitté.
(ח) אבל בדיעבד וכו' - ואם אין לו מגילה אחרת קורא בה לכתחלה:
Mais bediavad etc. - et si l’on n’a pas d’autre méguila, on lit dedans lekhathila.
(ט) אפילו עד חציה - וחציה יש לעיין אם כשירה בדיעבד:
Même jusqu’à sa moitié - et quant à la moitié exacte, il y a lieu d’examiner si elle est casher bediavad.
(י) אבל אם השמיט וכו' - דבזה נראה כספר חסר משא"כ בנשמט בו פסוק באמצע אינו אלא כספר שלם שיש בו טעיות שאין מדקדקין במגילה בזה כ"ז שהטעיות אינם ברובה של מגילה הואיל ונקרית אגרת:
Mais s’il a omis etc. - car en ce cas elle paraît comme un livre incomplet ; ce qui n’est pas le cas si un verset a sauté au milieu : ce n’est alors qu’un livre entier contenant des fautes, et l’on n’est pas minutieux dans la méguila à cet égard tant que les fautes ne sont pas dans sa majeure partie, puisqu’elle est appelée iguérét.
(יא) אפילו מיעוטה - ואפשר אפילו בחסר רק פסוק ראשון או אחרון נמי הדין כן:
Même une minorité - et il est possible que même s’il ne manque que le premier ou le dernier verset, la règle soit la même.
(יב) דוקא דלא השמיט ענין שלם - דבהשמיט ענין שלם נראה כספר חסר:
Seulement s’il n’a pas omis un sujet entier - car s’il a omis un sujet entier, elle paraît comme un livre incomplet.
(יג) לא יקרא וכו' - דשמא יתן השומע לבו לזה הקורא ולא לש"ץ ולפי טעם זה אם קורא רק לאדם אחד רשאי לקרות עם הקורא מתוך מגילה פסולה או מתוך חומש אבל יש מחמירין בכל גווני לפי שנותן דעתו בקריאתו ואינו משגיח למה שאומר הש"ץ כיון שהוא עסוק בקריאתה:
Il ne lira pas etc. - de peur que l’auditeur n’applique son cœur à ce lecteur-là et non au chaliah tsibbour. Selon cette raison, si l’on ne lit que pour une seule personne, on a le droit de lire avec le lecteur d’après une méguila passoul ou d’après un houmach. Mais il y a des avis plus stricts dans tous les cas, parce qu’il applique son esprit à sa propre lecture et ne prête pas attention à ce que dit le chaliah tsibbour, puisqu’il est occupé à la lire.
(יד) וכן לא יסייע וכו' - ג"כ מטעם הנ"ל ועיין בא"ר דמצדד גם בזה להחמיר אפילו בשקורא להוציא יחיד דשמא יתן דעתו למה שקורא בע"פ בעצמו ובתוך כך ישתמט ממנו כמה תיבות שקורא הש"ץ:
Et de même, que personne n’aide etc. - également pour la raison susdite. Voir l’Éliya Rabba, qui penche aussi ici à être strict même lorsqu’on lit pour faire acquitter un particulier, de peur qu’il n’applique son esprit à ce qu’il lit lui-même de mémoire, et que cependant plusieurs mots lus par le chaliah tsibbour lui échappent.
(טו) ולכן אותן הפסוקים וכו' - ר"ל כמו שם דמחמירין שלא יסייע ע"פ דעי"ז יתנו כמה אנשים דעת לשמוע מזה המסייע דקורא ע"פ ובאמת צריך לקרותה לכתחלה כולה מן הכתב כן גם בזה צריך החזן לחזור ולקרותם מתוך מגילה כשרה והם יכוונו לצאת בקריאתו כדי שיהא כולה מתוך הכתב:
C’est pourquoi ces versets etc. - c’est-à-dire : comme là-bas on est strict à ce que l’on n’aide pas de mémoire, car par là plusieurs personnes appliqueraient leur esprit à entendre cet aide qui lit de mémoire, alors qu’en vérité il faut lekhathila la lire tout entière d’après l’écrit ; de même ici, le chazan doit revenir les lire d’après une méguila casher, et eux auront l’intention de s’acquitter par sa lecture, afin que le tout soit d’après l’écrit.
(טז) צריך החזן וכו' - היינו לכתחלה:
Le chazan doit etc. - c’est-à-dire lekhathila.
(יז) אפילו שהה כדי לגמור את כולה - ר"ל שהיה יכול בזמן הזה לגמור כל המגילה מראשה עד סופה:
Même s’il a tardé le temps de l’achever tout entière - c’est-à-dire que dans cet intervalle il aurait pu achever toute la méguila du début à la fin.
(יח) יצא - ובשהה מחמת אונס לפי מה דקיי"ל לעיל בסימן ס"ה לענין ק"ש דחוזר לראש ה"ה הכא דחוזר וקורא מיהו אין לו לברך עוד פעם שני ועיין מש"כ שם בבה"ל:
On s’est acquitté - et s’il a tardé par oness (contrainte), selon ce que nous tenons plus haut au siman 65 au sujet du Chema, qu’il revient au début, de même ici il revient et lit ; toutefois il n’a pas à bénir une seconde fois. Voir ce que nous avons écrit là-bas dans le Biour Halakha.
(יט) ואפילו סח וכו' - ר"ל דל"ד בשהה בשתיקה אלא אפילו פסקו באמצע המגילה בשיחה ושהו עי"ז נמי א"צ לחזור אלא גומר ממקום שפסק. וכ"ז כששח הקורא אבל השומע ששח ולא שמע עי"ז הקריאה אפילו חיסר רק תיבה אחת דעת כמה פוסקים דלא יצא ולכן צורך גדול להיות לכל אחד חומש כי בעוד שמכין הנערים המן וכיוצא א"א לשמוע כמה תיבות מש"ץ ויוצא מה שקורא ע"פ מחומש ויוצא עכ"פ דיעבד [פמ"ג]:
Et même s’il a parlé etc. - c’est-à-dire que ce n’est pas seulement s’il a tardé en silence, mais même s’ils se sont arrêtés au milieu de la méguila par une conversation et ont ainsi tardé, on n’a pas non plus à revenir : on achève de l’endroit où l’on s’est arrêté. Tout cela lorsque c’est le lecteur qui a parlé ; mais l’auditeur qui a parlé et n’a pas, de ce fait, entendu la lecture, même s’il n’a manqué qu’un seul mot, l’avis de plusieurs décisionnaires est qu’il ne s’est pas acquitté. C’est pourquoi il est d’un grand besoin que chacun ait un houmach : car pendant que les enfants frappent Haman et similaires, il est impossible d’entendre plusieurs mots du chaliah tsibbour, et l’on s’acquitte de ce que l’on lit de mémoire d’après le houmach, et l’on s’acquitte du moins bediavad [Pri Meguadim].
(כ) מיהו גוערין וכו' - דכיון שבירך עליה אין לו להפסיק בינתיים עד לאחר כל המצוה:
Toutefois on réprimande etc. - car puisqu’il a béni sur elle, il n’a pas à interrompre entre-temps jusqu’après toute la mitsva.
(כא) למפרע - היינו שקרא הפסוקים האחרונים קודם שקרא הפסוקים הראשונים ואפילו רק פסוק אחד וכדלקמיה וה"ה היכי שקרא פרשה ב' קודם לא':
À rebours - c’est-à-dire qu’il a lu les derniers versets avant d’avoir lu les premiers, et même un seul verset, comme plus loin ; et de même s’il a lu la seconde paracha avant la première.
(כב) ודילג השני וקרא שלישי - וה"ה אם קרא אחר הדילוג כל המגילה או ענין אחד ואח"כ קרא פסוק הנדלג לא יצא וה"ה אם קרא תיבה אחת למפרע כ"ז בכלל למפרע וצריך לחזור ולקרות על הסדר:
Et il a sauté le second et lu le troisième - et de même s’il a lu, après le saut, toute la méguila ou un sujet entier, puis a lu le verset sauté, on ne s’est pas acquitté. Et de même s’il a lu un seul mot à rebours : tout cela entre dans le « à rebours », et il faut revenir et lire dans l’ordre.
(כג) ואח"כ חזר וקרא השני לא יצא - היינו בקורא אח"כ פסוק רביעי אלא אחר שחזר וקרא פסוק שני צריך לקרות שוב פסוק שלישי וזהו שמסיים אלא כיצד וכו':
Puis il est revenu et a lu le second, on ne s’est pas acquitté - c’est-à-dire s’il lit ensuite le quatrième verset ; mais après être revenu et avoir lu le second verset, il doit relire encore le troisième verset. C’est ce qu’il conclut : « mais comment fera-t-il etc. »
(כד) הקורא וכו' ע"פ - כבר כתבו המחבר לעיל בס"ג וחזר ושנאו כאן משום דהתחיל להעתיק כאן לשון הרמב"ם בסעיף ז' ולהלן ע"כ העתיק כסדר הכתוב שם ושם מתחיל מדינא דקרא ע"פ עי"ש:
Celui qui lit etc. de mémoire - le Mechaber l’a déjà écrit plus haut au seif 3, et il l’a répété ici parce qu’il a commencé à copier ici le langage du Rambam au seif 7 et à la suite ; c’est pourquoi il a copié selon l’ordre écrit là-bas, et là-bas cela commence par la règle de celui qui a lu de mémoire, voir là.
(כה) ובכתבי הקודש - צ"ל בכתב הקודש וכך הגירסא ברמב"ם ור"ל בכתב אשורית:
Et dans les Écrits saints - il faut lire « en écriture sainte », et telle est la leçon dans le Rambam ; c’est-à-dire en écriture achourit.
(כו) יצא י"ח - דהא האחשתרנים בני הרמכים גם אנן לא ידעינן מהו אלא לא בעינן אלא מצות קריאה ופרסומי ניסא ואפילו לכתחלה נמי ומשו"ה יוצאין ג"כ הנשים ועמי הארץ. כתב הפמ"ג כל ירא שמים נכון שיהיה לו מגילה כשרה בידו ולקרוא מלה במלה בלחישה שא"א לשמוע מן הש"ץ הכל ובפרט שהנערים מבלבלים:
Il s’est acquitté de son obligation - car « haahachtranim benei haramakhim », nous non plus ne savons pas ce que c’est ; on n’exige que le commandement de lire et la publicité du miracle. Et même lekhathila également. C’est pourquoi les femmes et les ignorants s’acquittent aussi. Le Pri Meguadim a écrit : tout craignant-Dieu, il est correct qu’il ait une méguila casher en main et qu’il lise mot à mot à voix basse, car il est impossible d’entendre tout du chaliah tsibbour, et en particulier les enfants embrouillent.
(כז) היתה כתובה תרגום וכו' - ואפילו הכתב היה כתב אשורית ג"כ לא יצא מי שאינו מכיר הלשון:
Elle était écrite en targoum etc. - et même si l’écriture était achourit, celui qui ne connaît pas la langue ne s’est pas non plus acquitté.
(כח) אבל אם היתה כתובה וכו' - ר"ל אימת אמרינן שיוצא משום שמכיר הלשון דוקא אם קורא בלשון הכתוב במגילה אבל אם מעתיק זה הלשון ללשון אחר אף שהוא מכיר שתי הלשונות יחד אינו יוצא והטעם כדלקמיה:
Mais si elle était écrite etc. - c’est-à-dire : quand dit-on que l’on s’acquitte parce que l’on connaît la langue ? Seulement si l’on lit dans la langue écrite dans la méguila ; mais si l’on traduit cette langue en une autre langue, même si l’on connaît les deux langues ensemble, on ne s’acquitte pas. La raison est comme plus loin.
(כט) בכתב עברי - ר"ל בלשון העברי:
En écriture hébraïque - c’est-à-dire en langue hébraïque.
(ל) וקראה ארמית לארמי - אשמועינן דאע"ג שהמגילה לפניו והוא מעיין בכל תיבה ומתרגמה להשומע והו"א דזה עדיף מקורא ע"פ קמ"ל דגם בזה לא יצא:
Et il l’a lue en araméen à un Araméen - on nous enseigne que bien que la méguila soit devant lui et qu’il examine chaque mot et le traduise pour l’auditeur, et l’on aurait pu penser que cela vaut mieux que de lire de mémoire, on nous apprend que dans ce cas non plus on ne s’est pas acquitté.
(לא) לא יצא - ר"ל השומע כיון שהקורא קראה ע"פ ואינה חשיבה קריאה אף לעצמו לא עדיף השומע ממנו:
On ne s’est pas acquitté - c’est-à-dire l’auditeur, puisque le lecteur l’a lue de mémoire et que cela n’est pas considéré comme une lecture même pour lui-même ; l’auditeur n’est pas mieux que lui.
(לב) אבל אין לחוש וכו' - ר"ל דלא קפדינן שיהא דוקא הכתב של לשון זה שקורא ואפילו בהיה הלשון גיפטית והאותיות כתוב עילמית וכיו"ב נמי שרי [ומ"מ בעינן שיהא מכיר הקורא אותו הכתב דאל"ה הוי בכלל ע"פ כשאינו מכיר] אבל כמה פוסקים חולקים וס"ל דמגילה בכל לשון שהיא אינה כשרה לקרות בה ואפילו ללועז אלא בשהכתב שלה אשורית ועיין בבה"ל. כתב הפמ"ג אם היתה כתובה כתב ולשון תרגום וכדומה והקורא אינו מבין תרגום וקראה להשומע שמבין לשון תרגום אינו יוצא י"ח אף לדעת המחבר. וכן ה"ה אם הקורא מבין אותו הלשון וכתובה לפניו באותו הלשון אם השומע אינו מבין אותו הלשון השומע אינו יוצא דכיון שאינו מבין אין כאן זכרון הנס גבי שומע מיהו נוהגין בזה"ז לקרות הכל בלה"ק ולכתבה בכתבי אותיות הקודש [לבוש]:
Mais on n’a pas à craindre etc. - c’est-à-dire que l’on n’exige pas que l’écriture soit précisément celle de cette langue que l’on lit ; et même si la langue était égyptienne et les lettres écrites en élamite ou similaire, c’est aussi permis [et néanmoins il faut que le lecteur connaisse cette écriture, sinon cela entre dans « de mémoire » quand il ne la connaît pas]. Mais plusieurs décisionnaires contestent et tiennent qu’une méguila en quelque langue que ce soit n’est pas casher pour y lire, même pour un locuteur de laaz, sauf si son écriture est achourit. Voir le Biour Halakha. Le Pri Meguadim a écrit : si elle était écrite en écriture et langue de targoum ou similaire, et que le lecteur ne comprend pas le targoum, et qu’il l’a lue à l’auditeur qui comprend la langue du targoum, il ne s’acquitte pas, même selon l’avis du Mechaber. Et de même si le lecteur comprend cette langue et qu’elle est écrite devant lui dans cette langue, si l’auditeur ne comprend pas cette langue, l’auditeur ne s’acquitte pas : car puisqu’il ne comprend pas, il n’y a pas chez l’auditeur de souvenir du miracle. Toutefois on a coutume de nos jours de tout lire en langue sainte et de l’écrire en lettres de l’écriture sainte [Levousch].
(לג) אינו יוצא בלע"ז - משמע דעת המחבר לסתום כדעה זו ומ"מ אינו חוזר ומברך דספק ברכות להקל. ומתבאר בפוסקים דלדעה זו אין לו להוציא אפילו למי שאינו מבין לה"ק דכיון דקריאתו לא מהני לו בעצמו הו"ל כמי שאינו מחוייב בדבר שאינו מוציא אחרים:
Il ne s’acquitte pas en laaz - il appert que l’avis du Mechaber est de trancher comme cet avis. Néanmoins on ne revient pas bénir, car le doute en matière de bénédictions est pour l’indulgence. Et il ressort des décisionnaires que selon cet avis, il n’a pas à faire acquitter même celui qui ne comprend pas la langue sainte : car puisque sa lecture ne lui sert pas à lui-même, il est comme quelqu’un qui n’est pas tenu de la chose, qui ne fait pas acquitter les autres.
(לד) וי"א שיוצא - דע דבכל מקום דאמרינן דיוצא בלע"ז היינו שעכ"פ תיבת האחשתרנים בני הרמכים יקרא לפניהם בלשה"ק:
Et certains disent qu’il s’acquitte - sache que partout où l’on dit que l’on s’acquitte en laaz, c’est qu’au moins le mot « haahachtranim benei haramakhim » on le lira devant eux en langue sainte.
(לה) בשני לשונות - כגון מקצת המגילה בלשון אחד ומקצתה בלשון אחרת:
En deux langues - par exemple une partie de la méguila en une langue et une partie en une autre langue.
(לו) יצאו - בדיעבד אבל לכתחלה אין נכון להיות כתובה בשתי לשונות:
Ils se sont acquittés - bediavad ; mais lekhathila il n’est pas correct qu’elle soit écrite en deux langues.
(לז) יש למחות ביד וכו' - טעם הדבר משום דהגברים הקוראים מבינים לה"ק ויש לחוש לדעת הפוסקים שסוברים דהיכי שהוא מבין לה"ק אינו יוצא בקריאה בלע"ז וממילא אינו יכול להוציא בקריאה זו אף למי שאינו מבין לה"ק וכנ"ל ועוד משום האחשתרנים בני הרמכים שאינו ידוע בלע"ז שלהן וא"ת יקרא האחשתרנים בני הרמכים בלה"ק י"ל דאסור לכתחלה לקרותו בשתי לשונות:
Il y a lieu de s’opposer à ceux etc. - la raison en est que les hommes qui lisent comprennent la langue sainte, et l’on a à craindre l’avis des décisionnaires qui tiennent que lorsqu’on comprend la langue sainte on ne s’acquitte pas par une lecture en laaz, et dès lors on ne peut faire acquitter par cette lecture même celui qui ne comprend pas la langue sainte, comme plus haut. Et encore à cause de « haahachtranim benei haramakhim », qui n’est pas connu dans leur laaz. Et si tu dis : qu’on lise « haahachtranim benei haramakhim » en langue sainte — on peut dire qu’il est interdit lekhathila de la lire en deux langues.
(לח) אע"פ שכתובה בלע"ז - דאי לא כתובה בלע"ז רק מעיין ומתרגם בלע"ז הוי ליה קורא בע"פ וכדלעיל ובלא"ה לא יוציא. כתבו האחרונים דאפילו הקוראים בשני ימים להחמיר ג"כ לא יקראו בלע"ז:
Bien qu’elle soit écrite en laaz - car si elle n’est pas écrite en laaz, et qu’on ne fait qu’examiner et traduire en laaz, c’est lire de mémoire, comme plus haut, et de toute façon on ne fera pas acquitter. Les Aharonim ont écrit que même ceux qui lisent deux jours par mesure de rigueur ne liront pas non plus en laaz.
(לט) קראה מתנמנם - ומתנמנם נקרא כגון דקרו ליה ועני ולא ידע לאהדורי סברא וכי מדכרו לי מדכר וצ"ל דמ"מ יכול לכוין לצאת דמצות צריכות כונה [פמ"ג]:
Il l’a lue en somnolant - et l’on appelle « somnolent » par exemple : on l’appelle et il répond, mais il ne sait pas rendre un raisonnement, et quand on lui rappelle, il se souvient. Il faut dire que néanmoins il peut avoir l’intention de s’acquitter, car les commandements requièrent l’intention [Pri Meguadim].
(מ) יצא - וה"ה השומע ממנו ג"כ יצא אם רק נשמעים הדברים היטיב כ"כ המאירי ואע"ג דצריך לכוין להוציא אפשר דמתנמנם ג"כ יכול לכוין ויותר נראה לומר דמיירי שחשב בתחילת הקריאה קודם שנתנמנם להוציא השומעין:
On s’est acquitté - et de même l’auditeur de lui s’est aussi acquitté, pourvu seulement que les paroles s’entendent bien ; ainsi le Méïri. Et bien qu’il faille avoir l’intention de faire acquitter, il est possible qu’un somnolent puisse aussi avoir l’intention ; et il est plus plausible de dire qu’il s’agit de celui qui a pensé, au début de la lecture avant de somnoler, à faire acquitter les auditeurs.
(מא) אבל אם שמעה וכו' - דבקריאה כיון שקורא כראוי הרי מוכח שרמי אנפשיה לומר שפיר משא"כ בשמיעה בודאי חסר לו כמה תיבות:
Mais s’il l’a entendue etc. - car dans la lecture, puisqu’il lit convenablement, il est démontré qu’il s’est chargé de bien dire ; ce qui n’est pas le cas dans l’écoute, où certainement plusieurs mots lui ont manqué.
(מב) שקורא פסוק במגילה וכו' - היינו אפילו אם באופן זה היתה קריאת כל המגילה כשרה הואיל שכיון לצאת בזה י"ח ואם לא כיון לצאת אפילו רק פסוק ראשון אף שמשם ואילך התכוין לצאת לא יצא:
Qui lit un verset dans la méguila etc. - c’est-à-dire même si de cette manière la lecture de toute la méguila était casher, puisqu’il a eu l’intention de s’acquitter par là. Et s’il n’a pas eu l’intention de s’acquitter, même seulement pour le premier verset, bien que de là en suite il ait eu l’intention de s’acquitter, on ne s’est pas acquitté.
(מג) אם כיון לבו לצאת י"ח - סתם בזה כהפוסקים דס"ל מצות צריכות כונה לצאת ידי המצוה ועיין לעיל בסימן ס' ס"ד:
S’il a eu l’intention dans son cœur de s’acquitter - il a tranché ici comme les décisionnaires qui tiennent que les commandements requièrent l’intention de s’acquitter du commandement. Voir plus haut siman 60 seif 4.
(מד) שתהא כתובה כולה - עיין לעיל בס"ג:
Qu’elle soit écrite tout entière - voir plus haut au seif 3.
(מה) וכן אם היה מגיה - ר"ל ובעת הגה קוראה ומכוין לצאת י"ח ודוקא אם קרא בניקוד כראוי אבל אם קרא להגיה ע"פ המסורת ולא בניקוד כראוי אינו יוצא י"ח:
Et de même s’il était en train de corriger - c’est-à-dire qu’au moment de la correction il la lit et a l’intention de s’acquitter. Et seulement s’il a lu avec la vocalisation convenable ; mais s’il a lu pour corriger d’après la massora et non avec la vocalisation convenable, il ne s’acquitte pas.
(מו) שאסור להפסיק וכו' - עיין לעיל בס"ה בהג"ה:
Qu’il est interdit d’interrompre etc. - voir plus haut au seif 5 dans la glose.
(מז) בענינים אחרים - היינו שלא מענינו של יום:
Par d’autres sujets - c’est-à-dire qui ne sont pas du sujet du jour.
(מח) צריך שיכוין וכו' וצריך וכו' - ולעיכובא הוא אפילו בדיעבד וזה הכיון הוא קודם שמתחיל לקרוא יכוין על כל הקריאה זה לצאת וזה להוציא ותו א"צ לכוין בכל הקריאה. וצריך השומע להאזין אוזנו ולשמוע כל תיבה ותיבה מפי הקורא ואם חיסר הקורא אפילו תיבה אחת וכן אם השומע חיסר תיבה אחת לשמוע לא יצאו וצריך לחזור:
Il faut qu’il ait l’intention etc. et il faut etc. - et c’est indispensable même bediavad. Cette intention : avant de commencer à lire, il aura l’intention, pour toute la lecture, celui-ci de s’acquitter et celui-là de faire acquitter ; et ensuite on n’a plus à avoir l’intention tout au long de la lecture. Et l’auditeur doit prêter l’oreille et entendre chaque mot de la bouche du lecteur ; et si le lecteur a omis même un seul mot, de même si l’auditeur a omis d’entendre un seul mot, ils ne se sont pas acquittés et il faut revenir.
(מט) מסתמא דעתו וכו' - ולענין השומעים ישתנה הדין דהעומדים בביהכ"נ סתמא מכונים אבל העובר אחורי בהכ"נ בעינן שיכוין בפירוש לצאת ידי חובה [פר"ח]:
De prime abord son intention etc. - et quant aux auditeurs, la règle change : ceux qui se tiennent dans la synagogue ont de prime abord l’intention ; mais celui qui passe derrière la synagogue, il faut qu’il ait expressément l’intention de s’acquitter [Pri Hadach].
(נ) אין מדקדקין בטעיותיה - אין הדין הזה מיירי לענין כתיבה דשם הדין כמו בס"ג והכא מיירי לענין קריאה דהיינו אפילו קרא אותה בכמה טעיות כיון שעכ"פ קרא כולה:
On n’est pas minutieux sur ses fautes - cette règle ne traite pas de l’écriture, car là la règle est comme au seif 3 ; ici il s’agit de la lecture : c’est-à-dire même s’il l’a lue avec plusieurs fautes, puisque du moins il l’a lue tout entière.
(נא) אחר - כגון שקרא מיושב ישב או מנופל נפל דהוי כאלו דילג אותה תיבה לגמרי וצריך לחזור ולקרותה כסדר:
Autre - par exemple s’il a lu « yachav » au lieu de « yochev », ou « nafal » au lieu de « nofel », ce qui est comme s’il avait sauté ce mot entièrement, et il faut revenir le lire dans l’ordre.
(נב) הכל בנשימה אחת - ובכל המגילה בין פסוק לפסוק יפסיק רק כדי נשימה מפני שצריך לקרותה כאגרת. כשיאמר בלילה ההוא נדדה יגביה הקול כי שם מתחיל הנס. כשיאמר האיגרת הזאת ינענע המגילה כתב הח"א מה שנוהגין במקצת מקומות שכל הקהל אומרים י' בני המן אינו מנהג אלא הקורא יאמרם לבד והשאר ישמעו כמו כל המגילה:
Le tout d’un seul souffle - et dans toute la méguila, d’un verset à l’autre, on n’interrompra que le temps d’un souffle, parce qu’il faut la lire comme une iguérét. Quand on dira « balaïla hahou nadeda », on élèvera la voix, car c’est là que commence le miracle. Quand on dira « haiguérét hazot », on agitera la méguila. Le Haïé Adam a écrit : ce que l’on pratique en certains lieux, que tout le public dit les dix fils de Haman, n’est pas la coutume ; seul le lecteur les dira, et les autres écouteront comme toute la méguila.
(נג) הפסיק - אפי' שהא כדי לגמור כולה:
Il a interrompu - même s’il a tardé le temps de l’achever tout entière.
(נד) איש ואת וכו' - במהרי"ל כתב בשם הרוקח משום דעשרת בני המן היו שרי חמשים על חמש מאות איש ומי שיש לו נשימה קצרה ישער שאם יתחיל מן חמש מאות איש לא יוכל לומר כל עשרת בני המן בנשימה אחת טוב יותר שיתחיל מן ואת פרשנדתא וכו' כי זהו דינא דגמרא אבל חמש מאות איש הוא מנהג בעלמא:
Un homme et… etc. - le Maharil a écrit au nom du Rokeah : parce que les dix fils de Haman étaient chefs de cinquante sur cinq cents hommes ; et celui qui a le souffle court estimera que s’il commence depuis « cinq cents hommes » il ne pourra pas dire tous les dix fils de Haman d’un seul souffle : mieux vaut qu’il commence depuis « veét Parshandata » etc., car c’est là la règle du Talmud, alors que « cinq cents hommes » n’est qu’une coutume.
(נה) שהקורא וכו' - אבל היחידים השומעין במגילות א"צ לפשוט [ב"ח ומהרי"ל]:
Que le lecteur etc. - mais les particuliers qui écoutent dans des méguilot n’ont pas à les étendre [Bah et Maharil].
(נו) ופושטה כאיגרת - היינו שפושטה כולה ואינו מניחה כרוכה אלא כופל אותה דף על דף ויזהר שלא יגררה ע"ג קרקע [א"ר ופר"ח] ועיין בפמ"ג שכתב דל"ד ע"ג קרקע ה"ה תלויה מעל השולחן ושטענדע"ר נמי הוי גנאי כתבי קודש. עוד כתב דהפשיטה יהיה קודם שמתחיל לברך כדי שלא יהיה הפסק בין ברכה לקריאה:
Et il l’étend comme une iguérét - c’est-à-dire qu’il l’étend tout entière et ne la laisse pas enroulée, mais la plie page sur page. Et l’on prendra garde de ne pas la traîner sur le sol [Éliya Rabba et Pri Hadach]. Voir le Pri Meguadim qui a écrit que ce n’est pas seulement sur le sol : de même si elle pend hors de la table et du lutrin, c’est aussi un déshonneur pour les écrits saints. Il a encore écrit que l’extension se fera avant de commencer à bénir, afin qu’il n’y ait pas d’interruption entre la bénédiction et la lecture.
(נז) חוזר וכורכה כולה ומברך - ר"ל שכורכה כולה ומניחה לפניו על המגדל ואח"כ מברך והטעם דגנאי הוא למגילה שתהיה מונחת כך ואפילו אם התחיל הברכה ואמר ברוך אתה כיון שלא אמר השם פוסק באמצע וכורך ואח"כ מברך:
Il la réenroule tout entière et bénit - c’est-à-dire qu’il l’enroule tout entière et la pose devant lui sur l’estrade, puis bénit. La raison : c’est un déshonneur pour la méguila qu’elle reste ainsi posée. Et même s’il a commencé la bénédiction et a dit « Baroukh ata », puisqu’il n’a pas dit le Nom, il s’interrompt au milieu, l’enroule, puis bénit.
(נח) בקול רם - משום שמחה ומה שחוזר וקורא אותן כדי להשמיע לצבור שמצוה לכתחלה לשמוע כל המגילה מתוך הכתב:
À voix haute - à cause de la joie. Et ce qu’il revient les lire, c’est afin de les faire entendre au public, car lekhathila c’est un commandement d’entendre toute la méguila d’après l’écrit.
(נט) שמכים המן - מהרי"ל לא היה חושש להכות המן והגאון יעב"ץ כותב על אביו הח"צ שהיה מכה ורוקע ברגלו וטופח בסנדלו כשהגיע לזכירת המן והפמ"ג כתב דיצא שכרם בהפסדם שמבלבלין הרבה:
Que l’on frappe Haman - le Maharil ne se souciait pas de frapper Haman ; et le Gaon Yaavets écrit de son père le Hakham Tsvi qu’il frappait et tapait du pied et cognait de sa sandale quand on arrivait au souvenir de Haman. Et le Pri Meguadim a écrit que leur gain est perdu dans leur perte, car ils embrouillent beaucoup.
(ס) כשקורין המגילה בביהכ"נ - וצריך החזן לשתוק אז בעת שמכין כדי שישמעו כולם קריאתו ומפני שמצוי מאוד קלקולים ע"י ההכאה ורגילים הנערים להכות כמה פעמים בעת שחוזר החזן לקרות ע"כ טוב ונכון שכל יחיד יקרא פסוק או ב' מתוך החומש בעוד שמכין המן כי אז אף שלא ישמע מהחזן יצא כמ"ש ס"ג [מ"א] וכ"כ הפמ"ג שנכון מאוד שכל אחד יתפוס חומש בעת הקריאה וכל תיבה שלא ישמע מן החזן יקרא מן החומש [מ"א]:
Quand on lit la méguila à la synagogue - et le chazan doit alors se taire au moment où l’on frappe, afin que tous entendent sa lecture. Et parce que les dérèglements par les coups sont très fréquents, et que les enfants ont l’habitude de frapper plusieurs fois au moment où le chazan revient lire, c’est pourquoi il est bon et correct que chaque particulier lise un ou deux versets d’après le houmach pendant que l’on frappe Haman : car alors, même s’il n’entend pas le chazan, il s’acquitte, comme il est écrit au seif 3 [Maguen Avraham]. Et ainsi a écrit le Pri Meguadim : qu’il est très correct que chacun tienne un houmach au moment de la lecture, et tout mot qu’il n’entend pas du chazan, il le lira d’après le houmach [Maguen Avraham].
(סא) בי"ד ובט"ו - היינו בי"ד לעיירות וט"ו למוקפין ור"ל אף שהוא בזמנה ואיכא פרסומי ניסא בלא"ה שהכל קורין באותו זמן אפ"ה צריך לטרוח ולקבץ עשרה שיהיו בעת הקריאה משום פרסומי ניסא וכ"ש אם הוא שלא בזמנה כגון המפרש בים והיוצא בשיירא ואינו מוצא מגילה להוליך עמו דמותר להקדים ולקרותה קודם שיוצא כנ"ל בסימן תרפ"ח ס"ז או דמתרמי יום ט"ו בשבת דצריכין המוקפין להקדים ולקרותו בע"ש כדאיתא שם בס"ו בודאי צריך לקבץ עשרה לקריאתו ובזה עוד חמיר יותר דאי ליכא עשרה לא יברכו המוקפין עליה:
Le 14 et le 15 - c’est-à-dire le 14 pour les villes et le 15 pour les mokafin. C’est-à-dire : même que c’est en son temps et qu’il y a déjà publicité du miracle sans cela, puisque tous lisent à ce moment-là, néanmoins il faut se donner du mal et rassembler dix personnes qui soient présentes au moment de la lecture, à cause de la publicité du miracle. Et à plus forte raison si ce n’est pas en son temps, par exemple celui qui s’embarque en mer et celui qui part en caravane et ne trouve pas de méguila à emporter avec lui, qu’il est permis d’avancer et de la lire avant de partir, comme plus haut au siman 688 seif 7 ; ou s’il advient que le 15 tombe un Chabbat, et que les mokafin doivent avancer et la lire le vendredi, comme il est dit là au seif 6 : certainement il faut rassembler dix pour sa lecture. Et en cela c’est encore plus strict : car s’il n’y a pas dix, les mokafin ne béniront pas sur elle.
(סב) לחזור אחר עשרה - ואם בעת ההוא קורין אותה בצבור בבהכ"נ אז אפילו יש לו ק' אנשים בביתו מצוה לילך לשם משום ברוב עם הדרת מלך וכן מי שהיה ביתו סמוך לביהכ"נ וחלונותיו פתוחות לביהכ"נ אפ"ה צריך לילך לבהכ"נ לכו"ע משום ברוב עם ועיין בבה"ל:
À rechercher dix personnes - et si à ce moment-là on la lit en public à la synagogue, alors même s’il a cent hommes chez lui, c’est un commandement d’y aller, à cause de « en une foule nombreuse est la gloire du roi ». Et de même celui dont la maison est proche de la synagogue et dont les fenêtres s’ouvrent sur la synagogue doit néanmoins aller à la synagogue selon tous les avis, à cause de « en une foule nombreuse ». Voir le Biour Halakha.
(סג) אם נשים וכו' - דאפשר דכיון דהוא רק משום פרסומי ניסא סגי אף בנשים ועיין בפמ"ג דמדלא הזכיר הרב קטנים משמע דס"ל דקטנים בודאי אין מצטרפין לעשרה דלאו בני חיובא נינהו וחיובן הוא רק מטעם חינוך:
Si des femmes etc. - car il est possible que, puisque ce n’est que pour la publicité du miracle, cela suffise même avec des femmes. Voir le Pri Meguadim : du fait que le Rav n’a pas mentionné les enfants, il appert qu’il tient que les enfants ne s’ajoutent certainement pas aux dix, car ils ne sont pas sujets à l’obligation, et leur obligation n’est que pour raison de hinoukh.
(סד) לכתחלה ביחיד - דהנס כבר נתפרסם וליכא רק משום ברוב עם לא מטרחינן ליה למכנף עשרה והא דקי"ל דאף אם יש לו מנין בביתו אפ"ה מבטלין ת"ת ועבודה לילך ולקרות בצבור משום ברוב עם התם הלא הצבור מזומן לפניו משא"כ הכא לעשות צבור אינו מחוייב ועיין ביד אפרים שכתב דדין זה שהביא הרמ"א בשם או"ח אינו מוסכם לשארי פוסקים ולכן אף בכה"ג יהדר אחר עשרה אנשים:
Lekhathila en particulier - car le miracle a déjà été publié, et il n’y a plus que « en une foule nombreuse », et l’on ne le fatigue pas à rassembler dix. Et ce que nous tenons que même s’il a un minyan chez lui, néanmoins on interrompt l’étude de la Torah et le service pour aller lire en public à cause de « en une foule nombreuse » : là-bas le public est déjà prêt devant lui, ce qui n’est pas le cas ici pour faire un public, il n’y est pas tenu. Voir le Yad Éfraïm qui a écrit que cette règle rapportée par le Rema au nom de Orhot Haïm n’est pas consensuelle chez les autres décisionnaires ; c’est pourquoi même en tel cas on recherchera dix hommes.
(סה) וכשהיחיד קורא אותה - היינו במקום דאי אפשר לו לקבץ עשרה או בגוונא דצייר הרמ"א מקודם:
Et lorsque le particulier la lit - c’est-à-dire là où il lui est impossible de rassembler dix, ou dans le cas que le Rema a décrit auparavant.
(סו) בזמנה - לאפוקי אם קורא היחיד אותה שלא בזמנה כגון כרכין המוקפין חומה דמתרמי יום ט"ו שלהן בשבת דקורין אותה בע"ש והוא קורא אותה ביחיד לא יברך עליה בכל גווני וכנ"ל בס"ק ס"א:
En son temps - pour exclure si le particulier la lit hors de son temps, par exemple les villes entourées d’une muraille dont le 15 advient un Chabbat, qui la lisent le vendredi, et qu’il la lit en particulier : il ne bénira pas sur elle en aucun cas, comme plus haut au seif katan 61.