Trois bénédictions avant la lecture et chéhéyanou, bénédiction d’après, parole pendant la lecture, faire acquitter autrui, lecture dès le plag pour un anos, interdiction de manger et de dormir avant d’avoir entendu la méguila.
Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.
(א) ושהחיינו - ונכון לכוין בברכת שהחיינו גם על משלוח מנות וסעודת פורים שהם ג"כ מצות ויודיע זה להש"ץ המברך דבעי כונת שומע ומשמיע. ויכוין זה בברכת שהחיינו דיום כי זמנם ביום ומי שאין לו מגילה לא יברך שהחיינו על משלוח מנות וסעודה דזהו דבר הנהוג בכל יום ובכל שבת ויו"ט [מ"א] וי"א דראוי לברך זמן על היום מפני תקפו של נס שהיה בו וכיון דמזמן לזמן קאתי הרי הוא ככל מועדי ד' שמברכין עליהן זמן ועיין בבה"ל אכן אם היה לו מגילה בלילה ובירך אז שהחיינו לכו"ע א"צ שוב לברך ביום אם אבל קורא את המגילה יברך אחר הברכות משום ברכת שהחיינו שאין האבל מברך להוציא רבים בברכת שהחיינו והאבל יקרא את המגילה:
Et chéhéyanou - et il est correct d’avoir l’intention, dans la bénédiction de chéhéyanou, aussi sur le michloah manot et le repas de Pourim, qui sont aussi des commandements ; et l’on fera savoir cela au chaliah tsibbour qui bénit, car il faut l’intention de l’auditeur et de celui qui fait entendre. Et l’on aura cette intention dans la bénédiction de chéhéyanou du jour, car leur temps est le jour. Et celui qui n’a pas de méguila ne bénira pas chéhéyanou sur le michloah manot et le repas, car c’est une chose habituelle chaque jour et chaque Chabbat et Yom Tov [Maguen Avraham]. Et certains disent qu’il convient de bénir le zeman sur le jour, à cause de la force du miracle qui y fut, et puisque cela revient de temps en temps, c’est comme toutes les fêtes de ה' sur lesquelles on bénit le zeman. Voir le Biour Halakha. Toutefois, s’il avait une méguila la nuit et a alors béni chéhéyanou, selon tous les avis il n’a plus à bénir le jour. Si un endeuillé lit la méguila, on bénira après les [autres] bénédictions à cause de la bénédiction de chéhéyanou, car l’endeuillé ne bénit pas pour faire acquitter le public dans la bénédiction de chéhéyanou ; et l’endeuillé lira la méguila.
(ב) וביום אינו חוזר ומברך וכו' - דהרי כבר בירך בלילה וטעם הדעה שניה דסוברת דאף ביום וכו' דעיקר מצות קריאתה ביום הוא. אם נשתתק הקורא באמצע המגילה דעת האחרונים דא"צ הקורא השני העומד תחתיו להתחיל בראש רק יתחיל ממקום שפסק הראשון [וכ"ש שא"צ לברך מחדש דיצאו כל הקהל בברכת הראשון] דהוא טרחא דצבורא ועיין בשע"ת:
Et le jour, il ne revient pas bénir etc. - car il a déjà béni la nuit. Et la raison du second avis qui tient que même le jour etc., c’est que le principal du commandement de sa lecture est le jour. Si le lecteur est devenu muet au milieu de la méguila, l’avis des Aharonim est que le second lecteur qui prend sa place n’a pas à commencer du début, mais commencera de l’endroit où le premier s’est arrêté [et à plus forte raison il n’a pas à bénir de nouveau, car tout le public s’est acquitté par la bénédiction du premier], car c’est une charge pour le public. Voir le Chaaré Techouva.
(ג) ואחד יכול לברך - בין ברכה ראשונה ובין לענין ברכה אחרונה ובלבד שיכוין להוציא השומעים והם יכונו לצאת:
Et l’un peut bénir - tant pour la bénédiction d’avant que pour la bénédiction d’après, pourvu qu’il ait l’intention de faire acquitter les auditeurs et qu’eux aient l’intention de s’acquitter.
(ד) ולאחריה נוהגים לברך - כי בגמרא איתא דברכה דלאחריה תליא במנהגא במקום שנוהגים לברך יברך ולכן כתב המחבר דהאידנא נוהגים לברך:
Et après, on a coutume de bénir - car dans le Talmud il est dit que la bénédiction d’après dépend de la coutume : là où l’on a coutume de bénir, on bénira. C’est pourquoi le Mechaber a écrit qu’aujourd’hui on a coutume de bénir.
(ה) הרב וכו' - ואין לומר האל הרב כיון שכבר זכר השם שאמר אלהינו ויש גורסים האל ובא"ר הכריע כהשו"ע שאין לומר וכן אין לומר בא"י האל הנפרע רק בא"י הנפרע ע"ש:
Harav etc. - et l’on ne dira pas « haEl harav », puisqu’on a déjà mentionné le Nom en disant « Élohéinou ». Et il y a des leçons « haEl ». Et l’Éliya Rabba a tranché comme le Choulhan Aroukh : qu’on ne le dira pas. De même on ne dira pas « Baroukh ata ה' haEl hanifra » mais « Baroukh ata ה' hanifra », voir là.
(ו) אם לא בירך לא לפניה וכו' - דברכות אין מעכבות ונראה דאם נזכר באמצע שלא בירך יברך בין הפרקים:
S’il n’a béni ni avant etc. - car les bénédictions n’empêchent pas. Et il appert que s’il s’en est souvenu au milieu qu’il n’a pas béni, il bénira entre les sections.
(ז) אבל לא ביום - דכבר אמר פיוטים:
Mais pas le jour - car on a déjà dit des piyoutim.
(ח) ואין לברך אחריה וכו' - אבל הברכות שלפניה לכו"ע היחיד צריך לברך:
Et l’on n’a pas à bénir après etc. - mais les bénédictions d’avant, selon tous les avis, le particulier doit les bénir.
(ט) אין לשוח בעוד שקורין אותה - היינו בין השומע ובין הקורא אסור להם לשוח לכתחלה ואפילו בד"ת ולענין דיעבד יש חילוק דהשומע אם שח בעת הקריאה לא יצא אפילו אם חיסר לשמוע תיבה אחת דהא לא שמעה כולה אבל הקורא יצא ולפעמים אפילו לכתחלה מותר כגון לשאול בין הפרקים מפני הכבוד כמו לענין ק"ש בסימן ס"ו וכ"ז לענין שיחה באמצע הקריאה אבל אם שח בין הברכה לתחלת הקריאה בין השומע ובין הקורא הפסיד הברכה וכן בין הקריאה לסוף הברכה ג"כ אסור להפסיק:
On n’a pas à parler pendant qu’on la lit - c’est-à-dire que tant l’auditeur que le lecteur ont interdiction de parler lekhathila (a priori), et même en paroles de Torah. Et quant au bediavad (après coup), il y a une distinction : l’auditeur, s’il a parlé pendant la lecture, ne s’est pas acquitté, même s’il n’a manqué d’entendre qu’un seul mot, car il ne l’a pas entendue tout entière ; mais le lecteur s’est acquitté. Et parfois même lekhathila c’est permis, par exemple pour demander entre les sections par respect, comme pour le Chema au siman 66. Tout cela pour la conversation au milieu de la lecture ; mais s’il a parlé entre la bénédiction et le début de la lecture, tant l’auditeur que le lecteur ont perdu la bénédiction ; et de même entre la lecture et la fin de la bénédiction, il est aussi interdit d’interrompre.
(י) אע"פ שיצא כבר מברך וכו' - וכ"ש דיכול להוציאם בקריאה אע"פ שיצא כבר ומ"מ יש פוסקין שסוברין לענין ברכה אם יודעין בעצמן לברך יברכו בעצמן כיון שהוא כבר יצא בקריאה ומנהג העולם להקל להוציאן בכל גווני ועיין לעיל סימן תקפ"ה במ"ב סק"ה:
Bien qu’il se soit déjà acquitté, il bénit etc. - et à plus forte raison il peut les faire acquitter par la lecture, bien qu’il se soit déjà acquitté. Néanmoins il y a des décisionnaires qui tiennent, quant à la bénédiction, que s’ils savent eux-mêmes bénir, ils béniront eux-mêmes, puisqu’il s’est déjà acquitté par la lecture. Et la coutume du monde est d’être indulgent pour les faire acquitter en tous cas. Voir plus haut siman 585 dans la Michna Beroura seif katan 5.
(יא) להוציא את אחר י"ח - ויקראנה לנשים אחר שיצא מביהכ"נ דמצוה שיצא בעצמו בקריאת הצבור אכן אם מכוין שלא לצאת באותה קריאה שפיר דמי לצאת אח"כ בקריאת הצבור. וכשהוא מברך לנשים טוב שיברך לשמוע מגילה כי יש פוסקים שסוברין דאשה אינה חייבת בקריאה רק לשמוע:
Pour faire acquitter un autre de son obligation - et il la lira aux femmes après être sorti de la synagogue, car c’est un commandement qu’il s’acquitte lui-même par la lecture du public. Toutefois, s’il a l’intention de ne pas s’acquitter par cette lecture-là, il a le droit de s’acquitter ensuite par la lecture du public. Et lorsqu’il bénit pour les femmes, il est bon qu’il bénisse « lichmoa méguila », car il y a des décisionnaires qui tiennent que la femme n’est tenue que d’entendre, non de lire.
(יב) וצריך להמתין וכו' - ר"ל שיבוא אחד לקרוא לפניו דמקודם אסור לאכול כמו לענין ק"ש לעיל בסי' רל"ה:
Et il doit attendre etc. - c’est-à-dire qu’il vienne quelqu’un lire devant lui ; car auparavant il est interdit de manger, comme pour le Chema plus haut au siman 235. Il s’agit de l’anos (contraint) qui ne peut se rendre à la synagogue.
(יג) מפלג המנחה ולמעלה - דהוא שעה ורביע קודם הלילה והטעם דכיון דחשבינן ליה לילה לענין תפילת ערבית שיכול להתפלל בזמן ההוא חשבינן ליה לילה גם לענין הזה:
Depuis le plag haminha et au-delà - c’est une heure et un quart avant la nuit. La raison : puisque nous le comptons comme nuit quant à la prière d’Arvit, qu’on peut prier à ce moment-là, nous le comptons comme nuit aussi pour ceci.
(יד) אבל אסור לאכול וכו' - עיין במ"א שמסיק דדוקא אכילה אסור אבל טעימה בעלמא שרי וע"כ טוב יותר להקל לאיש הזה שיטעום קודם קריאת המגילה ולא להקל לקרות מפלג המנחה ולמעלה דהפר"ח קרא תגר על קולא זו ודעתו דקודם צה"כ אינו יוצא כלל אפילו דיעבד וכן משמע דעת הגר"א בביאורו. ואפילו טעימה אין להקל אלא לצורך גדול דהיינו חולה קצת או מי שמתענה והתענית קשה לו ושיעור טעימה היינו כביצה פת או משקין כשיעור ביצה. וכתב הפמ"ג דלפי דעת הפר"ח אפילו בין השמשות אין לקרות ובדיעבד אם קרא בבין השמשות ג"כ מסתפק שם אם לא באונס והכרח גדול יש לצדד להקל. וכתב בח"א דאפילו קרא מקצתה קודם צאת הכוכבים לא יצא וצריך לחזור ולקרות ובלי ברכה. ועיין בשע"ת בשם הברכי יוסף ובביאור הלכה דמ"מ המיקל לחולה וליולדת למהר קריאתן מבעוד יום קצת יש לו על מי לסמוך:
Mais il est interdit de manger etc. - voir le Maguen Avraham qui conclut que seule la consommation est interdite, mais une simple dégustation est permise. C’est pourquoi il est mieux d’être indulgent pour cet homme qu’il goûte avant la lecture de la méguila, et non d’être indulgent pour lire dès le plag haminha et au-delà : car le Pri Hadach s’est élevé contre cette indulgence, et son avis est qu’avant la sortie des étoiles on ne s’acquitte pas du tout, même bediavad. Et ainsi appert l’avis du Gra dans son commentaire. Et même une dégustation, on n’y sera indulgent que pour un grand besoin, c’est-à-dire un peu malade ou celui qui jeûne et à qui le jeûne est pénible. La mesure de la dégustation : un volume d’œuf de pain, ou des boissons au volume d’un œuf. Et le Pri Meguadim a écrit que selon l’avis du Pri Hadach, même au crépuscule on n’a pas à lire ; et bediavad, s’il a lu au crépuscule, il doute aussi là-bas, sauf par oness (contrainte) et grande nécessité, où l’on peut pencher à l’indulgence. Et le Haïé Adam a écrit que même s’il en a lu une partie avant la sortie des étoiles, on ne s’est pas acquitté et il faut revenir lire, sans bénédiction. Voir le Chaaré Techouva au nom du Birkéi Yossef et le Biour Halakha : néanmoins, celui qui est indulgent pour un malade et une accouchée d’avancer un peu leur lecture de jour a sur qui s’appuyer.
(טו) קודם שישמע קריאת המגילה - כמו לענין ק"ש דערבית דאסרינן מטעם שמא יחטפנו שינה ויבטל מקריאתה וא"כ כ"ש שאסור לישן קודם קריאת המגילה ואפילו דעתו רק לישן קימעא כמו שם גבי ק"ש וקריאת המגילה הוא חוב גדול שהרי כל המצות נדחים מפניה כדלעיל בסימן תרפ"ז ועיין לעיל בסימן רל"ה ס"ב ובמ"ב שם כמה פרטים לענין ק"ש וה"ה כאן ודע דכמו בלילה אסור לאכול קודם קריאתה ה"ה ביום אפילו כבר התפלל אסור לאכול קודם קריאתה וכמו לענין שופר ולולב:
Avant d’avoir entendu la lecture de la méguila - comme pour le Chema d’Arvit, que l’on interdit de peur que le sommeil ne le saisisse et qu’il se dispense de sa lecture ; à plus forte raison il est interdit de dormir avant la lecture de la méguila, même s’il n’a l’intention que de dormir un peu, comme là-bas pour le Chema. Et la lecture de la méguila est une grande obligation, car tous les commandements sont reculés devant elle, comme plus haut au siman 687. Voir plus haut siman 235 seif 2 et dans la Michna Beroura là-bas plusieurs détails au sujet du Chema, et de même ici. Sache que comme la nuit il est interdit de manger avant sa lecture, de même le jour, même s’il a déjà prié, il est interdit de manger avant sa lecture, comme pour le chofar et le loulav.
(טז) אפילו התענית קשה עליו - ואם הוא אדם חלוש והשהייה יזיק לבריאותו ויכול לבוא לידי חולי וטעימה מעט אינו מספיק לו נראה דשרי לאכול אך יבקש מאחד שיזכירנו לקרוא את המגילה אחר אכילתו כתב הפמ"ג ספק אם קרא את המגילה אפשר דלא אמרינן בזה ספיקא דרבנן לקולא משום דהוא דברי קבלה:
Même si le jeûne lui est pénible - et s’il est un homme faible et que l’attente nuirait à sa santé et qu’il pourrait en venir à la maladie, et qu’une petite dégustation ne lui suffit pas, il appert qu’il est permis de manger, mais il demandera à quelqu’un de lui rappeler de lire la méguila après son repas. Le Pri Meguadim a écrit : s’il est douteux s’il a lu la méguila, il est possible que l’on ne dise pas ici « un doute rabbinique va à l’indulgence », parce que ce sont des divré kabbala.