שולחן ערוך, אורח חיים

Choulhan Aroukh — Orah Haim, siman 12

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · ce qui rend les tsitsit pasoul · 3 seifim
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Fils coupes et reste kedei aniva, avis de Rabbenou Tam, fils epais, et si l'anaf ou le gedil suffit pour la mesure.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETCe qui rend les tsitsit pasoul — fils coupés, kedei aniva — 3 seifim
À FAIRELaisser kedei aniva
Si tous les fils d’un coin se sont coupés mais qu’il reste ensemble de quoi faire un nœud-boucle : kasher
À FAIREMarquer les quatre bouts
Usage : reconnaître les quatre bouts d’un côté du nœud et les quatre de l’autre, pour savoir si ce sont deux fils ou un seul
À ÉVITERUn fil entièrement coupé
S’il ne reste pas kedei aniva, même un seul fil entièrement coupé rend pasoul
OUIDeux bouts du même côté
Avec le signe des bouts : deux bouts coupés du même côté = deux fils, il reste l’autre bout de chacun — kasher avec kedei aniva
OUIFils trop épais
Là où il faut kedei aniva et que les fils sont trop épais pour nouer, mais qu’affinés ils suffiraient : kasher ; on évalue avec des fils moyens
NONDeux bouts sans signe, ou trois bouts
Sans signe des bouts : deux bouts coupés = pasoul (peur qu’un seul fil se soit coupé). Trois bouts coupés : safek pasoul, et à plus forte raison si les trois sont du même côté
NONAnaf entièrement coupé
Usage comme Rachi : kedei aniva depuis l’anaf ; on ne s’appuie sur le gedil (Ri) que si l’on n’a pas d’autre choix
REMAUsage comme Rabbenou Tam : on ne kasherise que s’il reste deux fils entiers (quatre bouts de douze goudalim) ; trois fils coupés, même avec kedei aniva, sont pasoul. Le Mechaber tranche comme le premier avis, mais là où c’est possible il est bon de craindre Rabbenou Tam.
Un coin reste kasher si, des fils coupés, il reste kedei aniva. Sans signe des bouts, deux extrémités coupées font craindre un fil entier perdu. L’usage suit Rabbenou Tam ; à défaut on peut s’appuyer sur Rachi pour compter l’anaf, et sur Ri seulement si l’on ne peut autrement.

אם נפסקו כל חוטי הכנף ונשתייר בהם כדי עניבת כל החוטים הפסוקים ביחד כשר ואם לא נשאר כדי עניבה אפילו בחוט אחד שנפסק כולו פסול. הלכך כיון שכל אחד כפול לשנים אם נפסקו שני ראשים פסול שמא נפסק חוט אחד. ולפי מה שאנו נוהגים לדקדק בעת עשיית הציצית לתת סימן בד' ראשים בענין שלעולם הד' ראשים הם מצד אחד של הקשר והד' ראשים מצד האח' אם נפסקו שני ראשים מצד אחד כשר דודאי שני חוטין הם והרי נשתייר מכל אחד הראש השני שהוא יותר מכדי עניבה. ולרבינו תם לא מכשירים אלא בנשתיירו ב' חוטין שלמים דהיינו ארבע ראשים שכל א' מהראשים ארוך י"ב גודלים אז מכשירים כשנתפסקו השני חוטין אחרים אם נשתייר בהם כדי עניבה אבל אם נפסקו ג' חוטין אע"פ שנשתייר בהם כדי עניבה פסולים. ומפני כך כשנחתכו ג' ראשים אם לא דקדק בעת עשיית הציצית שיהיו ניכרים הד' ראשים שמצד אחד של הקשר חיישינן שמא כל ראש הוא מחוט א' ונמצא שאין כאן אלא חוט א' שלם הלכך מספיקא פסול. הגה: וכל שכן אם דקדק שיהיו ניכרין הד' ראשים שבצד אחד ונפסקו ג' ראשים בצד אח' דפסול דאז ודאי נפסקו ג' חוטין ואם נפסקו בב' צדדין נמי פסול שמא שלשה חוטין הם (ב"י בשם בן חביב). אבל אם לא נחתכו אלא ב' ראשים מכשרינן בכדי עניבה והלכה כסברא ראשונה מיהו היכא דאפשר טוב לחוש לסברת רבינו תם. הגה: ונוהגין כר"ת (אגודה סימן ט"ו).

Si tous les fils du coin se sont coupés, et qu'il en reste kedei aniva (de quoi faire un nœud-boucle) de tous les fils coupés ensemble : c'est kasher. S'il ne reste pas kedei aniva, même un seul fil entièrement coupé rend pasoul. Dès lors, puisque chacun est plié en deux : si deux bouts se sont coupés, c'est pasoul, de peur qu'un seul fil se soit coupé. Et selon l'usage que nous avons de veiller, lors de la confection des tsitsit, à mettre un signe aux quatre bouts, de sorte que toujours les quatre bouts sont d'un côté du nœud et les quatre bouts de l'autre côté : si deux bouts se sont coupés d'un même côté, c'est kasher, car ce sont certainement deux fils, et voici qu'il reste de chacun le second bout, qui est plus que kedei aniva. Et selon Rabbenou Tam, on ne kasherise que s'il reste deux fils entiers, c'est-à-dire quatre bouts, chacun des bouts long de douze goudalim : alors on kasherise lorsque les deux autres fils se sont coupés, s'il en reste kedei aniva. Mais si trois fils se sont coupés, même s'il en reste kedei aniva, ils sont pasoul. C'est pourquoi, lorsque trois bouts ont été coupés, s'il n'a pas veillé lors de la confection des tsitsit à ce que soient reconnaissables les quatre bouts d'un côté du nœud, nous craignons que chaque bout soit d'un fil différent, et voilà qu'il n'y a plus qu'un seul fil entier : dès lors, par safek (doute), c'est pasoul. (Rema : et à plus forte raison s'il a veillé à ce que soient reconnaissables les quatre bouts d'un côté, et que trois bouts se sont coupés de l'autre côté : c'est pasoul, car alors certainement trois fils se sont coupés. Et s'ils se sont coupés des deux côtés, c'est aussi pasoul, de peur que ce soient trois fils (Beth Yossef au nom de Ben Haviv).) Mais si seulement deux bouts ont été coupés, on kasherise avec kedei aniva. Et la halakha est selon le premier avis. Toutefois, là où c'est possible, il est bon de craindre l'avis de Rabbenou Tam. (Rema : et l'on a l'usage comme Rabbenou Tam (Agouda, siman 15).)

היכא דצריך כדי עניבה ומתוך שהחוטים עבים אינו יכול לענבם ואלו היו דקים היה בהם כדי עניבה כשר. הגה: ומשערין בחוטין בינונים (דברי עצמו).

Là où il faut kedei aniva, et que du fait que les fils sont épais on ne peut les nouer, mais que s'ils étaient fins il y aurait en eux kedei aniva : c'est kasher. (Rema : et l'on évalue avec des fils moyens (ses propres paroles).)

כדי עניבה לרש"י מן הענף ולר"י אפי' נחתך כל הענף ולא נשאר כדי עניבה אלא מן הגדיל כשר ומנהג העולם כרש"י והיכא דלא אפשר יש לסמוך על ר"י.

Kedei aniva, selon Rachi : à partir de l'anaf. Selon Ri : même si tout l'anaf a été coupé et qu'il ne reste kedei aniva que du gedil, c'est kasher. Et l'usage du monde est comme Rachi ; et là où ce n'est pas possible, on peut s'appuyer sur Ri.