שולחן ערוך, אורח חיים

Choulhan Aroukh — Orah Haim, siman 46

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · berakhot du matin et autres berakhot · 9 seifim
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Elokai neshama et les birkot ha-shahar selon les actes, cent berakhot, she-lo assani, ha-noten la-yaef koah, et ne pas lire de versets avant birkat ha-Torah.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETBerakhot du matin et autres berakhot
À FAIREAu réveil
Dire « Elokai neshama ». Puis les birkot ha-shahar selon les actes : voix du coq, vêtir, mains sur les yeux, s’asseoir, se redresser, pieds à terre, souliers, marcher, ceinture, kova, netilat yadayim, puis « ha-maavir shena » et « yehi ratson » jusqu’à « gomel hassadim tovim le-amo Israel »
À FAIREÀ la synagogue
Usage actuel : on les ordonne à la synagogue (mains non nettes, amei ha-arets) ; on répond amen et l’on s’acquitte
À FAIRECent berakhot
L’homme est tenu de bénir chaque jour cent berakhot au moins
À FAIREShe-lo assani
Chaque jour : « she-lo assani goi », « she-lo assani eved », « she-lo assani isha »
À ÉVITERAmen au milieu
Ne pas répondre amen après « ha-maavir shena me-enai » avant le sceau « gomel hassadim tovim » : le tout est une seule berakha
À ÉVITERBerakhot ajoutées
Bénir d’autres berakhot en plus de celles-ci : c’est une erreur
À ÉVITERVersets avant birkat ha-Torah
Même à la manière de tehinounim ; il convient de craindre la première sevara
NONZoqef avant matir
S’il a déjà béni « zoqef kefoufim » avant « matir assourim », qu’il ne bénisse plus « matir assourim »
NONActe manquant
S’il n’a pas entendu le coq, pas marché, pas vêtu ou pas ceint : dire cette berakha sans mention du Nom
NONHa-noten la-yaef koah
Certains ont l’usage de la bénir ; leurs paroles ne semblent pas
REMAPour « ozer Israel » : ou lorsqu’il vêt l’avnet qui sépare le cœur de l’erva. Un ger peut bénir ainsi, mais pas « she-lo assani goi » (il était goi au début). Les femmes disent « she-assani ki-retsono ». « Ha-noten la-yaef koah » : l’usage simple chez les Ashkenazim est de la dire. Même sans s’être tenu à l’acte, on bénit (la berakha porte sur les besoins du monde) : ainsi est l’usage, il n’y a pas à changer. Versets avant birkat ha-Torah : l’usage suit la dernière sevara (selihot puis birkat ha-Torah ; versets et tehinounim à l’entrée de la synagogue) ; on ordonne birkat ha-Torah juste après asher yatsar. Bon de dire le matin, après « Chema Israel », « Baroukh shem kevod malkhouto le-olam va-ed ».
Les birkot ha-shahar suivent les actes du réveil, mais on les dit aujourd’hui à la synagogue. Cent berakhot par jour, plus she-lo assani. On craint les versets avant birkat ha-Torah ; l’usage les dit en tehinounim et place birkat ha-Torah après asher yatsar.

כשיעור משנתו יאמר אלהי נשמה כששומע קול התרנגול יברך הנותן לשכוי בינה כשלובש יברך מלביש ערומים כשיניח ידיו על עיניו יברך פוקח עורים כשישב יברך מתיר אסורים כשזוקף יברך זוקף כפופים כשיניח רגליו בארץ יברך רוקע הארץ על המים כשנועל מנעליו יברך שעשה לי כל צרכי כשהולך יברך המכין מצעדי גבר כשחוגר חגורו יברך אוזר ישראל בגבורה: הגה: או לובש האבנט המפסיק בין לבו לערוה. (ב"י בשם הראב"ד) כשמשים כובע או מצנפת בראשו יברך עוטר ישראל בתפארה. כשיטול ידיו יברך על נטילת ידים. כשירחץ פניו יברך המעביר שינה מעיני וכו' ויהי רצון וכו' עד בא"י גומל חסדים טובים לעמו ישראל ואין לענות אמן אחר המעביר שינה מעיני עד שיחתום גומל חסדים טובים לעמו ישראל שהכל ברכה אחת היא:

Lorsqu'il s'éveille de son sommeil, qu'il dise « Elokai neshama ». Lorsqu'il entend la voix du coq, qu'il bénisse « ha-noten la-sekhvi bina » (Qui donne au coq l'intelligence). Lorsqu'il se vêt, qu'il bénisse « malbish aroumim » (Qui vêt ceux qui sont nus). Lorsqu'il pose ses mains sur ses yeux, qu'il bénisse « poqeah ivrim » (Qui ouvre les yeux des aveugles). Lorsqu'il s'assied, qu'il bénisse « matir assourim » (Qui délie les enchaînés). Lorsqu'il se redresse, qu'il bénisse « zoqef kefoufim » (Qui redresse les courbes). Lorsqu'il pose ses pieds à terre, qu'il bénisse « roqa ha-arets al ha-mayim » (Qui étend la terre sur les eaux). Lorsqu'il chausse ses souliers, qu'il bénisse « she-assa li kol tsorki » (Qui m'a fait tout ce dont j'ai besoin). Lorsqu'il marche, qu'il bénisse « ha-mekhin mitsadei gaver » (Qui prépare les pas de l'homme). Lorsqu'il ceint sa ceinture, qu'il bénisse « ozer Israel bi-gevoura » (Qui ceint Israel de force). (Rema : ou qu'il vêt l'avnet (ceinture) qui sépare entre son cœur et l'erva (nudité) (Beth Yossef au nom du Raavad).) Lorsqu'il met un kova ou une mitsnefet sur sa tête, qu'il bénisse « oter Israel be-tif'ara » (Qui couronne Israel de splendeur). Lorsqu'il prendra ses mains, qu'il bénisse « al netilat yadayim ». Lorsqu'il lavera son visage, qu'il bénisse « ha-maavir shena me-enai » etc., et « yehi ratson » etc., jusqu'à « Baroukh ata ה' gomel hassadim tovim le-amo Israel ». Et il n'y a pas à répondre amen après « ha-maavir shena me-enai » jusqu'à ce qu'il scelle « gomel hassadim tovim le-amo Israel », car le tout est une seule berakha.

עכשיו מפני שאין הידים נקיות וגם מפני עמי הארצו' שאינם יודעים אותם נהגו לסדרם בבה"כ ועונין אמן אחריהם ויוצאים ידי חובתן:

Maintenant, parce que les mains ne sont pas nettes, et aussi à cause des amei ha-arets (gens du commun) qui ne les savent pas : on a eu l'usage de les ordonner à la synagogue, et l'on répond amen après elles, et ils s'acquittent de leur obligation.

חייב אדם לברך בכל יום מאה ברכות לפחות:

L'homme est tenu de bénir chaque jour cent berakhot au moins.

צריך לברך בכל יום שלא עשני גוי שלא עשני עבד שלא עשני אשה: הגה: ואפי' גר יכול לברך כן [ד"ע] אבל לא יאמר שלא עשני גוי שהרי היה גוי מתחלה [אבודרה"ם] והנשים מברכות שעשני כרצונו:

Il faut bénir chaque jour « she-lo assani goi » (Qui ne m'a pas fait non-Juif), « she-lo assani eved » (Qui ne m'a pas fait esclave), « she-lo assani isha » (Qui ne m'a pas fait femme). (Rema : et même un ger (converti) peut bénir ainsi (ses propres paroles). Mais qu'il ne dise pas « she-lo assani goi », car il était goi au début (Aboudraham).) Et les femmes bénissent « she-assani ki-retsono » (Qui m'a faite selon Sa volonté).

אם קדם וברך זוקף כפופים קודם שבירך מתיר אסורים לא יברכנה:

S'il a devancé et béni « zoqef kefoufim » avant d'avoir béni « matir assourim », qu'il ne la bénisse pas.

יש נוהגין לברך הנותן ליעף כח ואין דבריהם נראים: הגה: אך מנהג פשוט בבני אשכנזים לאומרה:

Certains ont l'usage de bénir « ha-noten la-yaef koah » (Qui donne au fatigué la force), et leurs paroles ne semblent pas. (Rema : toutefois l'usage simple chez les benei Ashkenazim est de la dire.)

יש נוהגים לברך ברכו' אחרות נוספות על אלו וטעות הוא בידם:

Certains ont l'usage de bénir d'autres berakhot ajoutées à celles-ci, et c'est une erreur en leurs mains.

כל הברכות האלו אם לא נתחייב באחת מהן כגון שלא שמע קול התרנגול או שלא הלך או לא לבש או לא חגר אומר אות' ברכה בלא הזכרת השם: הגה: וי"א דאפי' לא נתחייב בהן מברך אותן דאין הברכה דוקא על עצמו אלא מברכין שהקב"ה ברא צרכי העולם. וכן המנהג ואין לשנות [טור ותוס' הרא"ש פרק הרואה ור"ן פ"ק דפסחים וכל בו]:

Toutes ces berakhot : s'il ne s'est pas tenu à l'une d'elles, par exemple qu'il n'a pas entendu la voix du coq, ou qu'il n'a pas marché, ou n'a pas vêtu, ou n'a pas ceint : qu'il dise cette berakha sans mention du Nom. (Rema : et certains disent que même s'il ne s'y est pas tenu, il les bénit : car la berakha n'est pas seulement sur lui-même, mais on bénit que le Saint béni soit-Il a créé les besoins du monde. Et ainsi est l'usage, et il n'y a pas à changer (Tour, Tosafot, haRoch pereq haRoeh, et Ran premier pereq de Pesahim, et Kol Bo).)

לא יקרא פסוקים קודם ברכת התורה אע"פ שהוא אומרה דרך תחנונים וי"א שאין לחוש כיון שאינו אומרם אלא דרך תחנונים ונכון לחוש לסברא ראשונה: הגה: אבל המנהג כסברא אחרונה שהרי בימי הסליחות מתפללין הסליחות ואח"כ מברכין על התורה עם סדר שאר הברכו' וכן בכל יום כשנכנסין לב"ה אומרים כמה פסוקים ותחנונים ואח"כ מברכין על התורה ונהגו לסדר ברכת התורה מיד אחר ברכת אשר יצר ואין לשנות [וכן משמע בתוס' ומרדכי פ"ק דברכות] וטוב לומר בשחרית אחר שמע ישראל וגו' בשכמל"ו כי לפעמים שוהין עם ק"ש לקרותה שלא בזמנה ויוצא בזה [טור]:

Qu'il ne lise pas de versets avant birkat ha-Torah, même s'il les dit à la manière de tehinounim (supplications). Et certains disent qu'il n'y a pas à craindre, puisqu'il ne les dit que à la manière de tehinounim. Et il convient de craindre la première sevara (opinion). (Rema : mais l'usage est selon la dernière sevara : car aux jours des selihot on prie les selihot, et ensuite on bénit sur la Torah avec l'ordre des autres berakhot. Et de même chaque jour, lorsqu'on entre à la synagogue, on dit plusieurs versets et tehinounim, et ensuite on bénit sur la Torah. Et l'on a eu l'usage d'ordonner birkat ha-Torah aussitôt après la berakha d'asher yatsar, et il n'y a pas à changer (et ainsi il ressort des Tosafot et du Mordekhai, premier pereq de Berakhot). Et il est bon de dire le matin, après « Chema Israel » etc., « Baroukh shem kevod malkhouto le-olam va-ed » : car parfois on tarde avec keriat Chema à la lire hors de son temps, et il s'acquitte par cela (Tour).)