שולחן ערוך, אורח חיים

Choulhan Aroukh — Orah Haim, siman 328

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · le holeh le Chabbat · 49 seifim
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Mihush, makka shel hallal, pikuah nefesh, amira le-akum, retia, shehiqat samim, et soins sans sakana.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETle holeh le Chabbat (Malades et soins)
À FAIRESauvetage vital (Pikuah nefesh)
Mitsva de profaner le Chabbat pour un danger (makka shel hallal, etc.), sans attendre, de préférence par des adultes juifs.
À ÉVITERSoigner un simple malaise (mihush)
Aucune guérison n'est permise pour celui qui marche comme un bien-portant (pour éviter de broyer des drogues).
À ÉVITERTeindre les tissus
Interdit de poser un vêtement directement sur une plaie saignante (il faut laver le sang avant).
OUIBlessure interne ou infection grave
On profane le Chabbat pour les affections internes (dents incluses), la fièvre très chaude, une morsure de chien enragé, etc.
OUIPercer un abcès
Permis si l'unique but est de faire sortir le pus.
OUIUtiliser des aliments courants
Permis de manger/boire des aliments de bien-portants même dans un but thérapeutique évident.
OUIRemettre un os
Permis de remettre en place un os sorti de son lieu.
NONBlessure externe sans danger
On ne profane pas le Chabbat soi-même sans l'avis d'un expert ou s'il n'y a aucun risque vital.
NONPercer pour élargir la plaie
Interdit car cela s'apparente à l'acte du médecin et à la finition d'un travail (makeh be-patish).
NONProvoquer le vomissement
Interdit d'utiliser une drogue à cet effet le Chabbat.
NONFrotter une luxation dans l'eau froide
Interdit de frotter abondamment si c'est pour un but thérapeutique explicite.
REMALes besoins d'un mineur sont assimilés à ceux d'un malade alité sans danger. Demander à un non-juif de retirer une dent douloureuse est permis.
Le respect du Chabbat s'efface totalement face au risque vital. Pour les malaises mineurs ou sans danger, les actes médicaux, la préparation de remèdes (broyage) et les gestes cliniques professionnels restent interdits ou nécessitent l'intervention d'un non-juif.

מי שיש לו מיחוש בעלמא והוא מתחזק והולך כבריא אסור לעשות לו שום רפואה ואפי' ע"י עכו"ם גזירה משום שחיקת סמנים:

Celui qui a un mihush (malaise) seulement, et il se tient ferme et va comme un bari (bien-portant) : il est interdit de lui faire nulle refoua (guérison), et même par un akum (non-juif), gezerah (décret) à cause de shehiqat samim (broyage de drogues).

מי שיש לו חולי של סכנה מצוה לחלל עליו את השבת והזריז הרי זה משובח והשואל הרי זה שופך דמים:

Celui qui a un holi shel sakana (maladie de danger) : c'est une mitsva de profaner sur lui le Chabbat, et le zriz (empressé) voici celui-ci est loué, et celui qui demande voici celui-ci verse le sang.

כל מכה של חלל דהיינו מהשינים ולפנים ושינים עצמם בכלל מחללין עליה את השבת ודוקא שנתקלקל א' מהאיברים הפנימים מחמת מכה או בועה וכיוצא בזה אבל מיחושים אין נקראים מכה: הגה מיהו מי שחושש בשינו ומצטער עליו להוציאו אומר לעכו"ם להוציאו (ב"י בשם אורחות חיים ואסור והיתר וארוך):

Toute makka shel hallal (blessure de cavité), c'est-à-dire de la bouche des dents et à l'intérieur, et les dents elles-mêmes sont comprises : on profane sur elle le Chabbat. Et spécifiquement que s'est gâté l'un des membres intérieurs à cause d'une makka ou d'un boua (abcès) et ce qui lui ressemble ; mais des mihushim ne sont pas appelés makka. (Rema : toutefois, celui qui a mal à sa dent et souffre pour la faire sortir : il dit à un akum de la faire sortir (Beth Yossef au nom de Orhot Hayim et Issour veHeter haArokh).)

מכה של חלל אינה צריכה אומד שאפי' אין שם בקיאים וחולה אינו אומר כלום עושים לו כל שרגילים לעשות לו בחול אבל כשיודעים ומכירים באותו חולי שממתין ואין צריך חילול אסור לחלל עליו אע"פ שהיא מכה של חלל:

Une makka shel hallal n'a pas besoin d'omed (évaluation) : que même s'il n'y a pas là de beqim (experts) et que le holeh (malade) ne dit rien, on lui fait tout ce qu'on a l'habitude de lui faire en semaine. Mais lorsqu'on sait et que l'on reconnaît en cette maladie qu'elle attend et n'a pas besoin de hilloul (profanation) : il est interdit de profaner sur lui, bien que ce soit une makka shel hallal.

מכה שאינה של חלל נשאלין בבקי ובחולה ואין מחללין עליו שבת עד שיאמר אחד מהם שהוא צריך לחילול או שיעשה אצל א' מהם סכנת נפשות (וע"ל סי' תרי"ח):

Une makka qui n'est pas shel hallal : on demande au baqi et au holeh, et l'on ne profane pas sur lui le Chabbat jusqu'à ce que l'un d'eux dise qu'il a besoin de hilloul, ou que se fasse chez l'un d'eux un sakana (danger) de nefashot (vies) (et vois plus haut siman 618).

מכה שעל גב היד וגב הרגל וכן מי שבלע עלוקה וכן מי שנשכו כלב שוטה או א' מזוחלי עפר הממיתים אפילו ספק אם ממית אם לאו הרי הם כמכה של חלל:

Une makka qui est sur le dos de la main et le dos du pied, et de même celui qui a avalé une alouqa (sangsue), et de même celui qu'a mordu un kelev shoteh (chien enragé) ou l'un des zohalei afar (rampants de terre) qui tuent, même un safek (doute) s'il tue ou non : voici ils sont comme une makka shel hallal.

מחללין שבת על כל מכה שנעשית מחמת ברזל ועל שחין הבא בפי הטבעת ועל סימטא והוא הנקרא פלוקנרו בלע"ז ועל מי שיש בו קדחת חם ביותר או עם סימור:

On profane le Chabbat sur toute makka faite à cause de fer, et sur un shehin (ulcère) qui vient à la bouche du tabaat (anus), et sur une simta, qui est appelée floknero en laaz, et sur celui en qui il y a une qadahat (fièvre) très chaude, ou avec simour (frisson).

מי שאחזו דם מקיזין אותו אפי' הולך על רגליו ואפי' ביום הראשון:

Celui qu'a saisi le sang : on le saigne, même s'il marche sur ses pieds, et même le premier jour.

החושש בעיניו או בעינו ויש בו ציר או שהיו שותתות ממנו דמעות מחמת הכאב או שהיה שותת דם או שהיה בו רירא ותחלת אוכלא (פי' תחילת חולי) מחללין עליו את השבת:

Celui qui a mal à ses yeux ou à son œil, et qu'il y a en lui du tsir (pus), ou que coulaient de lui des larmes à cause de la douleur, ou qu'il coulait du sang, ou qu'il y avait en lui du rira (chassie), et tehilat okhla [c'est-à-dire le début de la maladie] : on profane sur lui le Chabbat.

כל חולי שהרופאים אומרים שהיא סכנה אע"פ שהוא על הבשר מבחוץ מחללין עליו את השבת ואם רופא א' אומר צריך ורופא א' אומר אינו צריך מחללין ויש מי שאומר שאין צריך מומחה דכל בני אדם חשובים מומחין קצת וספק נפשות להקל: הגה וי"א דוקא ישראלים אבל סתם עכו"ם שאינן רופאים לא מחזקינן אותם כבקיאים [איסור והיתר הארוך]. מי שרוצים לאנסו שיעבור עבירה גדולה אין מחללין עליו השבת כדי להצילו עיין לעיל סי' ש"ו [ב"י בשם הרשב"א]:

Toute maladie dont les rofeim (médecins) disent qu'elle est un sakana, bien qu'elle soit sur la chair du dehors : on profane sur elle le Chabbat. Et si un rofe dit : il a besoin, et un rofe dit : il n'a pas besoin : on profane. Et il y a qui dit qu'il n'est pas besoin d'un moumheh (spécialiste), car tous les hommes sont considérés moumhin un peu, et safek nefashot (doute de vies) est à être meqil (indulgent). (Rema : et certains disent : spécifiquement des Israel ; mais un akum ordinaire qui ne sont pas rofeim, on ne les tient pas pour beqim [Issour veHeter haArokh]. Celui qu'on veut anos (contraint) à passer une grande aveira (faute) : on ne profane pas sur lui le Chabbat afin de le sauver ; vois plus haut siman 306 [Beth Yossef au nom du Rashba].)

חולה שיש בו סכנה שאמדוהו ביום שבת שצריך לעשות לו רפואה ידועה שיש לו מלאכת חילול שבת שמנה ימים אין אומרים נמתין עד הלילה ונמצ' שלא לחלל עליו אלא שבת אחת אלא יעשו מיד אע"פ שמחללין עליו שתי שבתות ולכבות הנר בשביל שישן ע"ל סימן רע"ח:

Un holeh en qui il y a un sakana, qu'on a omdu (évalué) le jour du Chabbat qu'il a besoin qu'on lui fasse une refoua connue, en laquelle il y a une melakha (travail interdit) de hilloul Chabbat de huit jours : on ne dit pas : nous attendrons jusqu'à la nuit, et voici on ne profanera sur lui qu'un seul Chabbat ; seulement on fait tout de suite, bien qu'on profane sur lui deux Chabbats. Et pour éteindre la lampe afin qu'il dorme, vois plus haut siman 278.

כשמחללין שבת על חולי שיש בו סכנה משתדלין שלא לעשות ע"י עכו"ם וקטנים ונשים אלא ע"י ישראל גדולים ובני דעת: הגה וי"א דאם אפשר לעשות בלא דיחוי ובלא איחור ע"י שינוי עושה ע"י שינוי ואם אפשר לעשותו ע"י עכו"ם בלא איחור כלל עושין ע"י עכו"ם [א"ז וש"ג ומ"מ בשם ראב"ן] וכן נוהגים אבל במקום דיש לחוש שיתעצל העכו"ם אין לעשות ע"י עכו"ם [תוספות ור"ן]:

Lorsqu'on profane le Chabbat sur un holi en lequel il y a un sakana : on s'efforce de ne pas faire par un akum et des qetanim (mineurs) et des nashim (femmes), seulement par des Israel gedolim (adultes) et benei daat (gens de jugement). (Rema : et certains disent : s'il est possible de faire sans dihoui (report) et sans retard par un shinoui (changement), il fait par un shinoui ; et s'il est possible de le faire par un akum sans aucun retard, on fait par un akum [Or Zaroua, et Shiltei haGiborim, et Mordekhai au nom de Ravan]. Et ainsi l'on pratique. Mais en un lieu où il y a à craindre que l'akum se paresse, il n'y a pas à faire par un akum [Tossafot et Ran].)

כל הזריז לחלל שבת בדבר שיש בו סכנה הרי זה משובח אפי' אם מתקן עמו דבר אחר כגון שפירש מצודה להעלות תינוק שנפל לנהר וצד עמו דגים וכן כל כיוצא בזה:

Tout zriz à profaner le Chabbat en une chose en laquelle il y a un sakana : voici celui-ci est loué, même s'il arrange avec lui une autre chose, par exemple qu'il a tendu un piège pour faire monter un petit enfant tombé dans un fleuve et qu'il a pêché avec lui des poissons, et de même tout ce qui lui ressemble.

היה חולה שיש בו סכנ' וצריך בשר שוחטין לו ואין אומרי' נאכילנו נביל' אבל אם הי' החול' צריך לאכילה לאלתר והנביל' מוכנת מיד והשחיט' מתאחרת לו מאכילין אותו הנבילה:

Il y avait un holeh en qui il y a un sakana, et il a besoin de viande : on shehate (égorge) pour lui, et l'on ne dit pas : nous lui ferons manger de la nevela (charogne). Mais si le holeh avait besoin de manger tout de suite, et que la nevela est prête tout de suite, et que la shehita (abattage) se retarde pour lui : on lui fait manger la nevela.

אמדוהו [פי' התבוננו במחלתו ושיערו] הרופאים שצריך גרוגרת אחת ורצו עשרה והביאו לו כל א' גרוגרת כולם פטורים ויש להם שכר טוב מאת ה' אפילו הבריא בראשונה:

On l'a omdu [c'est-à-dire : on a considéré sa maladie et l'on a évalué] les rofeim qu'il a besoin d'une grogeret (figue sèche), et dix ont couru et lui ont chacun apporté une grogeret : tous sont petourim (exempts), et ils ont un bon salaire d'auprès de H', même s'il a guéri à la première.

אמדוהו לשתי גרוגרות ולא מצאו אלא שתי גרוגרות בשני עוקצין וג' בעוקץ א' כורתים העוקץ שיש בו ג' ואם היו ב' בעוקץ א' וג' בעוקץ א' לא יכרתו אלא העוקץ שיש בו ב' הגה ואם הדבר בהול אין מדקדקין בכך שלא יבא לידי דיחוי ועיכוב [הגהות מרדכי פרק מפנין]:

On l'a omdu pour deux grogerot, et l'on n'a trouvé que deux grogerot en deux ouqtsin (queues) et trois en un ouqets : on coupe l'ouqets en lequel il y a trois. Et s'il y en avait deux en un ouqets et trois en un ouqets : qu'on ne coupe que l'ouqets en lequel il y a deux. (Rema : et si la chose est behoul (urgente), on n'y est pas pointilleux, afin de ne pas en venir à dihoui et à retard [Hagahot Mordekhai, pereq Mefanin].)

חולה שנפל מחמת חלי למשכב ואין בו סכנה הגה או שיש לו מיחוש שמצטער וחלה ממנו כל גופו שאז אע"פ שהולך כנפל למשכב דמי [המגיד פ"ב] אומרים לעכו"ם לעשות לו רפואה אבל אין מחללין עליו את השבת באיסור דאוריית' אפי' יש בו סכנת אבר ולחלל עליו ישראל באיסור דרבנן בידים יש מתירים אפי' אין בו סכנת אבר ויש אומרים שאם יש בו סכנת אבר עושין ואם אין בו סכנת אבר אין עושין ויש אומרים שאם אין בו סכנת אבר עושין בשינוי ואם יש בו סכנת אבר עושין בלא שינוי ויש אומרים אפי' יש בו סכנת אבר אין עושין לו דבר שהיא נסמך למלאכה דאוריית' ודברים שאין בהם סמך מלאכה עושין אפי' אין בו סכנת אבר ודברי הסברא השלישית נראין: הגה מותר לומר לעכו"ם לעשות תבשיל לקטן שאין לו מה לאכול דסתם צרכי קטן כחולה שאין בו סכנה דמי (ר' ירוחם ני"ב ח"ט ורמב"ם ורשב"א) וכל שאסור לעשותו ע"י ישראל אפי' ע"י החולה בעצמו אסור אבל כשעושה לו העכו"ם מותר לחולה לסייעו קצת דמסייע אין בו ממש (ב"י גמ' ביצה דף כ"ב):

Un holeh qui est tombé à cause de sa maladie au mishkav (lit) et il n'y a pas en lui de sakana (Rema : ou qu'il a un mihush dont il souffre et dont tout son corps est malade, car alors bien qu'il marche c'est comme tombé au mishkav [haMagid pereq 2].) On dit à un akum de lui faire une refoua ; mais on ne profane pas sur lui le Chabbat en un issour deoraita (interdit de la Torah), même s'il y a en lui sakanat ever (danger de membre). Et pour profaner sur lui un Israel en un issour derabbanan (interdit des Sages) des mains : certains permettent, même s'il n'y a pas en lui sakanat ever ; et certains disent : s'il y a en lui sakanat ever on fait, et s'il n'y a pas en lui sakanat ever on ne fait pas ; et certains disent : s'il n'y a pas en lui sakanat ever on fait par un shinoui, et s'il y a en lui sakanat ever on fait sans shinoui ; et certains disent : même s'il y a en lui sakanat ever on ne lui fait nulle chose qui s'appuie à une melakha deoraita, et des choses en lesquelles il n'y a pas d'appui de melakha on fait, même s'il n'y a pas en lui sakanat ever. Et les paroles du troisième avis apparaissent. (Rema : il est permis de dire à un akum de faire un mets pour un qatan qui n'a pas quoi manger, car les besoins ordinaires d'un qatan sont comme un holeh en qui il n'y a pas de sakana (Rabbenou Yerouham netiv 12 heleq 9, et Rambam et Rashba). Et tout qu'il est interdit de le faire par un Israel, même par le holeh lui-même c'est interdit ; mais lorsque l'akum le lui fait, il est permis au holeh de l'aider un peu, car un messayea (aidant) n'a pas de substance (Beth Yossef, Guemara Betsa daf 22).)

הקיז דם ונצטנן עושים לו מדורה אפי' בתקופת תמוז:

Il a été saigné et s'est refroidi : on lui fait un foyer, même dans teqoufat Tamouz (période de Tamouz).

חולה שאין בו סכנה מותר בבישולי עכו"ם:

Un holeh en qui il n'y a pas de sakana : il est permis en bishoulei akum (cuits d'un akum).

אין נותנין יין לתוך העין וליתנו על גביו אם פותח וסוגר העין אסור ואם אינו פותח וסוגר מותר ורוק תפל אפי' על גביו אסור דמוכחא מלתא דלרפואה קעביד:

On ne met pas de vin dans l'œil ; et le mettre dessus : s'il ouvre et ferme l'œil, c'est interdit ; et s'il n'ouvre et ne ferme pas, c'est permis. Et du roq tafel (crachat fade), même dessus, c'est interdit, car la chose est évidente que c'est pour refoua qu'il fait.

שורה אדם קילורין מערב שבת ונותן על גב העין שאינו נראה אלא כרוחץ והוא דלא עמיץ ופתח ולא חיישינן משום שחיקת סמנים דכיון שלא התירו לו לשרותן אלא מע"ש איכא הכירא:

Un homme fait tremper des qilorin (collyres) erev Chabbat et met sur l'œil, car cela n'apparaît que comme lavant, à condition qu'il n'amets (ne cligne) et n'ouvre pas. Et l'on ne craint pas à cause de shehiqat samim, car du moment qu'on ne lui a permis de les faire tremper que me-erev Chabbat, il y a une hekera (marque).

מעבירין גלדי המכה וסכין אותה בשמן אבל לא בחלב מפני שהוא נימוח ואפילו בגמר מכה דליכא אלא צערא שרי אבל אין נותנין עליה שמן וחמין מעורבים יחד ולא ע"ג מוך ליתנו עליה אבל נותן הוא חוץ למכה ושותת ויורד לתוכה:

On ôte les galdei (croûtes) de la makka et l'on l'oint d'huile, mais non de helev (graisse), parce qu'elle se fond. Et même à la fin de la makka, où il n'y a que tsaara (douleur), c'est permis. Mais on ne met pas dessus de l'huile et du chaud mêlés ensemble, ni sur un mokh (étoupe) pour le mettre dessus. Mais il met hors de la makka, et cela coule et descend en elle.

נותנין ספוג וחתיכות בגדים יבשים וחדשים שאינן לרפואה אלא כדי שלא יסרטו הבגדים את המכה אבל לא ישנים שהם מרפאים וה"מ ישנים שלא נתנו מעולם על המכה אבל אם היו כבר על המכה אפילו ישנים שרי דשוב אינם מרפאים:

On met une sefog (éponge) et des morceaux de vêtements secs et neufs, qui ne sont pas pour refoua, seulement afin que les vêtements ne raturent pas la makka. Mais non des vieux, car ils guérissent. Et ces paroles, des vieux qui n'ont jamais été mis sur la makka ; mais s'ils étaient déjà sur la makka, même vieux c'est permis, car désormais ils ne guérissent plus.

נותנים עלה על גב מכה בשבת שאינו אלא כמשמרת חוץ מעלי גפנים שהם לרפואה (ואין נותנין גמי על המכה שהוא מרפא) (טור):

On met une feuille sur la makka le Chabbat, car ce n'est que comme une mishmeret (garde), hors des feuilles de vignes qui sont pour refoua. (Et l'on ne met pas de gemi (jonc) sur la makka, car il guérit) (Tour).

רטייה שנפלה מעל גב המכה על גבי קרקע לא יחזירנה נפלה על גבי כלי יחזירנה ועל ידי עכו"ם מותר להניחה אפי' לכתחלה: הגה ומותר לומר לעכו"ם לעשות רטייה על מכה או חבורה (א"ו הארוך) ואסור ליתן עליה אפר מקלה דמרפא כי אם ע"י עכו"ם (מרדכי פרק שמונה שרצים):

Une retia (cataplasme) tombée de dessus la makka sur le sol : qu'il ne la remette pas. Tombée sur un keli : qu'il la remette. Et par un akum, il est permis de la poser même lekhathila (à priori). (Rema : et il est permis de dire à un akum de faire une retia sur une makka ou une haboura (contusion) (Issour veHeter haArokh). Et il est interdit de mettre dessus de l'efer miqle (cendre calcinée), car elle guérit, sinon par un akum (Mordekhai, pereq Shemona sheratsim).)

מגלה קצת רטייה ומקנח פי המכה וחוזר ומגלה קצתה השני ומקנחה ורטייה עצמה לא יקנח מפני שהוא ממרח:

Il découvre un peu de la retia et essuie la bouche de la makka, et revient découvrir son second peu et l'essuie. Et la retia elle-même, qu'il ne l'essuie pas, parce qu'il memareah (étale).

מכה שנתרפא נותנין עליה רטייה שאינו אלא כמשמרה:

Une makka qui a guéri : on met dessus une retia, car ce n'est que comme la gardant.

המפיס שחין בשבת כדי להרחיב פי המכה כדרך שהרופאים עושים שהם מתכוונים ברפואה להרחיב פי המכה הרי זה חייב משום מכה בפטיש שזו היא מלאכת הרופא ואם הפיסה כדי להוציא ממנה הליחה שבה הרי זה מותר:

Celui qui mefis (perce) un shehin le Chabbat afin d'élargir la bouche de la makka, à la manière que font les rofeim, qui ont l'intention dans la refoua d'élargir la bouche de la makka : voici celui-ci est hayav (passible) à cause de makeh be-patish (dernier coup), car ceci est la melakha du rofe. Et s'il l'a percée afin d'en faire sortir la liha (humeur) qui est en elle : voici celui-ci est permis.

מי שנגפה ידו או רגלו צומתה ביין כדי להעמיד הדם אבל לא בחומץ מפני שהוא חזק ויש בו משום רפואה ואם הוא מעונג אף היין לו כמו החומץ ואסור:

Celui dont la main ou le pied a été blessé : il la tsomet (resserre) dans du vin afin d'arrêter le sang ; mais non dans du vinaigre, parce qu'il est fort et qu'il y a en lui à cause de refoua. Et s'il est meounag (délicat), même le vin lui est comme le vinaigre, et c'est interdit.

מי שנשמט פרק ידו או רגלו ממקומו לא ישפשפנה הרבה בצונן שזהו רפואתו אלא רוחץ כדרכו ואם נתרפא נתרפא:

Celui dont l'articulation de sa main ou de son pied s'est déplacée de son lieu : qu'il ne la frotte pas beaucoup dans du froid, car ceci est sa refoua ; seulement il lave à sa manière, et s'il a guéri, il a guéri.

צפורן שפרשה וציצין שהם כמין רצועות דקות שפירשו מעור האצבע סביב הציפורן אם פרשו רובן כלפי מעלה ומצערות אותו להסירן ביד מותר בכלי פטור אבל אסור לא פירשו רובן ביד פטור אבל אסור בכלי חייב חטאת ופירש"י כלפי מעלה כלפי ראשי אצבעותיו ור"ת פירש דהיינו כלפי הגוף וצריך לחוש לשני הפירושים:

Un tsiporen (ongle) qui s'est détaché, et des tsitsin qui sont comme de minces lanières détachées de la peau du doigt autour de l'ongle : s'ils se sont détachés en leur majorité kelapei maala (vers le haut) et le font souffrir, les ôter à la main est permis ; avec un keli : patour (exempt) mais interdit. Ils ne se sont pas détachés en leur majorité : à la main, patour mais interdit ; avec un keli : hayav hatat (passible d'un sacrifice de faute). Et Rashi a expliqué : kelapei maala, vers les bouts de ses doigts ; et Rabbenou Tam a expliqué : c'est-à-dire vers le corps. Et il faut craindre les deux peroushim (explications).

החושש בשיניו לא יגמע בהן חומץ ויפלוט אבל מגמע ובולע או מטבל בו כדרכו החושש בגרונו לא יערענו בשמן אבל בולע הוא שמן ואם נתרפא נתרפא:

Celui qui a mal à ses dents : qu'il n'y prenne pas du vinaigre en gorgée et recrache ; mais il prend en gorgée et avale, ou y trempe à sa manière. Celui qui a mal à sa gorge : qu'il ne se gargarise pas d'huile ; mais il avale de l'huile, et s'il a guéri, il a guéri.

גונח מותר לינק חלב מהבהמה דבמקום צערא לא גזרו רבנן וי"א שאם אין לו אלא צער של רעב אסור לינק מהבהמה בשבת:

Un goneah (geignant) : il est permis de téter du lait de la bête, car en un lieu de tsaara les Sages n'ont pas décrété. Et certains disent : s'il n'a qu'une douleur de faim, il est interdit de téter de la bête le Chabbat.

לא תיקל אשה חלב מדדיה לתוך הכוס או לתוך הקדירה ותינק את בנה:

Qu'une femme n'exprime pas de lait de ses seins dans le kos (coupe) ou dans la marmite et allaite son fils.

מותר לאשה לקלח מהחלב כדי שיאחוז התינוק הדד ויניק: (הגה אבל אסור להתיז מחלבה על מי שנשף בו רוח רעה דלית בו סכנה (ב"י בשם שבולי לקט):

Il est permis à une femme de jaillir du lait afin que le petit enfant saisisse le sein et tète. (Rema : mais il est interdit de projeter de son lait sur celui en qui a soufflé un rouah raa (esprit mauvais), car il n'y a pas en lui de sakana (Beth Yossef au nom de Shibolei haLeqet).)

אין לועסין מצטכי (עסי' רי"ו סי"ג פירושו) ולא שפין בו השינים לרפואה ואם משום ריח הפה מות':

On ne mâche pas de mastsakhi (vois siman 216 seif 13, son explication) et l'on n'en frotte pas les dents pour refoua. Et si c'est à cause de l'odeur de la bouche, c'est permis.

כל אוכלים ומשקין שהם מאכל בריאים מותר לאכלן ולשתותן לרפואה אע"פ שהם קשים לקצת בריאים ומוכחא מילתא דלרפואה עביד אפילו הכי שרי וכל שאינו מאכל ומשקה בריאים אסור לאכלו ולשתותו לרפואה ודוק' מי שיש לו מיחוש בעלמ' והוא מתחזק והולך כבריא אבל אם אין לו שום מיחוש מותר: (הגה וכן אם נפל למשכב שרי [ב"י]:

Tous les aliments et les boissons qui sont aliment de bariim (bien-portants) : il est permis de les manger et de les boire pour refoua, bien qu'ils soient durs à quelques bariim et que la chose soit évidente que c'est pour refoua qu'il fait : même ainsi c'est permis. Et tout qui n'est pas aliment et boisson de bariim : il est interdit de le manger et de le boire pour refoua. Et spécifiquement celui qui a un mihush seulement et se tient ferme et va comme un bari ; mais s'il n'a nulle mihush, c'est permis. (Rema : et de même s'il est tombé au mishkav, c'est permis [Beth Yossef].)

מותר לאכול שרפים מתוקים ולגמוע ביצה חיה כדי להנעים הקול:

Il est permis de manger des sherafim (sués) doux et d'avaler un œuf cru afin d'adoucir la voix.

אין עושין אפיקטוזין (פי' הערוך אפיק טפי זון כלומר להוציא עודף המזון] דהיינו גרמת קיא אפי' בחול משום הפסד אוכלים ואם מצטער מרוב מאכל בחול מותר אפילו בסם ובשב' אסור בסם ומותר ביד:

On ne fait pas d'apiqtozin [c'est-à-dire, l'Aroukh : apiq tfei zon, c'est-à-dire faire sortir le surplus de la nourriture], c'est-à-dire provoquer le vomissement, même en semaine, à cause de la perte des aliments. Et s'il souffre de trop d'aliment : en semaine c'est permis, même avec un sam (drogue) ; et le Chabbat, c'est interdit avec un sam et permis à la main.

החושש במעיו מותר ליתן עליהם כוס שעירו ממנו חמין אע"פ שעדיין יש בו הבל:

Celui qui a mal à ses entrailles : il est permis de mettre sur elles un kos dont on a versé du chaud, bien qu'il y ait encore en lui de la vapeur.

מי שנשתכר שרפואתו לסוך כפות ידיו ורגליו בשמן (ומלח) מותר לסוכם בשבת:

Celui qui s'est enivré, dont la refoua est d'oindre les paumes de ses mains et de ses pieds d'huile (et de sel) : il est permis de les oindre le Chabbat.

אין מתעמלים דהיינו שדורס על הגוף בכח כדי שייגע ויזיע ואסור לדחוק כריסו של תינוק כדי להוציא הרעי:

On ne mitamel (exerce) pas, c'est-à-dire qu'il presse sur le corps avec force afin qu'il se fatigue et sue. Et il est interdit de presser le ventre d'un petit enfant afin de faire sortir le rei (excrément).

מותר לכפות כוס חם על הטבור ולהעלותו ולהעלו' אזנים בין ביד בין בכלי ולהעלות אונקלי' דהיינו תנוך שכנגד הלב שנכפף לצד פנים שכל א' מאלו אין עושים בסמנים כדי שניחוש לשחיקה ויש לו צער מהם:

Il est permis de renverser un kos chaud sur le tabour (nombril) et de le faire monter, et de faire monter des oreilles, que ce soit à la main, que ce soit avec un keli, et de faire monter un onqli, c'est-à-dire le cartilage qui est vis-à-vis du cœur qui s'est plié vers l'intérieur : car chacune de celles-ci, on ne les fait pas avec des samim afin que nous craindions le broyage, et il a de la tsaara d'elles.

רוחצין במי גרר ובמי חמתן ובמי טבריה ובמים היפים שבים הגדול אע"פ שהם מלוחים שכן דרך לרחוץ בהם וליכ' הוכחה דלרפואה קא עביד אבל לא במים הרעים שבים הגדול ובמי משרה שהם מאוסים ואין דרך לרחוץ בהם אלא לרפואה ודוק' ששוהא בהם אבל אם אינו שוהא בהם מותר שאינו נראה אלא כמיקר:

On se lave dans mei Garar et mei Hamatan et mei Teverya et dans les bonnes eaux de la mer grande, bien qu'elles soient salées, car ainsi est la manière de s'y laver et il n'y a pas de preuve que c'est pour refoua qu'il fait. Mais non dans les mauvaises eaux de la mer grande et dans mei mishra (eaux de trempage) qui sont dégoûtantes, et dont la manière n'est de s'y laver que pour refoua. Et spécifiquement qu'il s'y attarde ; mais s'il ne s'y attarde pas, c'est permis, car cela n'apparaît que comme se refroidissant.

לוחשים על נחשים ועקרבים בשביל שלא יזיקו ואין בכך משום צידה:

On murmure sur des serpents et des scorpions afin qu'ils ne nuisent pas, et il n'y a pas en cela à cause de tseda (chasse).

נותנין כלי על גב העין להקר והוא שיהא כלי הניטל בשבת:

On met un keli sur l'œil pour refroidir, à condition que ce soit un keli qu'on tiltel (déplace) le Chabbat.

עצם שיצ' ממקומו מחזירין אותו:

Un os sorti de son lieu : on le remet.

אסור להניח בגד על מכה שיוצ' ממנו דם מפני שהדם יצבע אותו ואסור להוציא דם מהמכה לכך יש לרחוץ המכה במים או ביין תחלה להעביר דם שבמכה וי"א שכורך קורי עכביש על המכה ומכסה בהם כל הדם וכל החבורה ואח"כ כורך עליו סמרטוט:

Il est interdit de poser un vêtement sur une makka dont sort du sang, parce que le sang le teindra. Et il est interdit de faire sortir du sang de la makka ; c'est pourquoi il y a à laver la makka dans de l'eau ou dans du vin d'abord, pour ôter le sang qui est dans la makka. Et certains disent qu'il enroule des qourei akavish (toiles d'araignée) sur la makka et en couvre tout le sang et toute la haboura, et ensuite il enroule dessus un semartout (chiffon).

אסור לשום פתילה בפי הטבעת כדרך שנוהגים לעשות למי שהוא עצור אלא אם כן ישים אותה בשינוי שיאחזנה בשתי אצבעותיו ויניחנה בנחת:

Il est interdit de mettre une petila (mèche) à la bouche du tabaat, à la manière qu'on a l'usage de faire pour celui qui est atsour (constipé), à moins qu'il ne la mette par un shinoui : qu'il la tienne entre deux doigts et la pose doucement.