שולחן ערוך, אורח חיים

Choulhan Aroukh — Orah Haim, siman 336

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · marcher sur les herbes et se servir d'un arbre · 13 seifim
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On ne se sert pas du mehoubar ; herbes, atsic, zore'a, hadas, et tsidei tsidadin.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETMarcher sur les herbes et se servir d'un arbre (mehoubar)
À FAIREMarcher sur l'herbe
Permis de marcher sur des herbes (fraîches ou sèches) si l'on n'a pas l'intention d'arracher.
À ÉVITERUtiliser un arbre
Il est interdit de monter, de se suspendre ou de se servir d'un arbre ou de ses racines (si élevées de plus de 3 tefahim), de peur d'arracher une feuille.
À ÉVITERArroser ou semer
Interdit de se laver les mains sur l'herbe d'un jardin (cela l'arrose) ou de jeter des graines dans un lieu pluvieux (sauf ration courte pour poules ou lieu piétiné).
OUIUtiliser les côtés des côtés (tsidei tsidadin)
Permis d'appuyer une échelle sur un piquet lui-même planté dans l'arbre.
OUIDéboucher une gouttière
On peut écraser avec ses pieds (en changeant sa façon de faire) des herbes qui bouchent une gouttière pour éviter une perte (eau dans la maison).
OUISentir des plantes
Permis de sentir un myrte attaché, mais pas un fruit comestible de peur de le cueillir.
NONDéplacer un pot de fleurs
Interdit d'arracher d'un pot (même non perforé) ou de le déplacer du sol vers des piquets (et inversement).
NONFaire tremper des graines
Interdit de tremper blé ou orge dans l'eau (dérivé de semer).
REMAOn peut utiliser des roseaux tendres comme l'herbe. Il est permis de toucher un arbre sans le faire bouger. Un fruit sur un rameau fendu la veille de Chabbat peut être arraché. On peut descendre dans un puits profond sans crainte d'arracher de la terre.
Tout usage direct des plantes et arbres fixés au sol est strictement encadré (ou interdit) pour prévenir l'arrachage, le semis ou la culture involontaire, bien que les usages très indirects (tsidei tsidadin) ou actions sans conséquence agricole (marcher sans intention) soient tolérés.

אין עולין באילן בין לח בין יבש ואין נתלים בו ואין משתמשין במחובר לקרקע כלל גזירה שמא יעלה ויתלוש עלה באילן בשבת בשוגג מותר לירד במזיד אסור לירד ואם עלה מבעוד יום בכל גוונא מותר לירד משחשיכה ויש אומרים דהני מילי כשהיה דעתו לירד מבעוד יום אבל לא היה דעתו לירד מבעוד יום לא ירד משחשיכה כיון שהיה דעתו לישב שם באיסור: הגה ודוקא אדם שעלה שם אבל אם הניח שם חפץ מבעוד יום אסור ליטלו משם בשבת (המגיד פרק כ"א) וכל זה באילן וכיוצא בו אבל קנים הרכים כירק מותר להשתמש בהם אע"פ שמחוברים בקרקע דאין אסור להשתמש בירק (הגהות אשירי פרק בכל מערבין בשם א"ז וב"י):

On ne monte pas dans un ilan (arbre), qu'il soit frais, qu'il soit sec, et l'on ne s'y suspend pas, et l'on ne se sert pas du mehoubar la-qarqa (attaché au sol) du tout, gezeira (décret) de peur qu'il monte et arrache une feuille. S'il est monté dans un ilan le Chabbat be-shogeg (par erreur), il est permis de descendre ; be-mezid (volontairement), il est interdit de descendre. Et s'il est monté mibe'od yom (de jour encore), en tout cas il est permis de descendre mishshehashikha (une fois la nuit tombée). Et certains disent : ces paroles, lorsqu'il avait en tête de descendre mibe'od yom ; mais s'il n'avait pas en tête de descendre mibe'od yom, qu'il ne descende pas mishshehashikha, du moment que son intention était de s'asseoir là dans l'interdit. (Rema : et spécifiquement un homme qui y est monté ; mais s'il y a posé un objet mibe'od yom, il est interdit de l'en prendre le Chabbat (Maggid pereq 21). Et tout ceci dans un ilan et ce qui lui ressemble ; mais des qanim (roseaux) tendres comme un yereq (herbe) : il est permis de s'en servir, bien qu'ils soient mehoubarim au sol, car il n'est pas interdit de se servir d'un yereq (Hagahot Asheri, pereq Bakol me'arvin, au nom de Or Zaroua, et Beth Yossef).)

שרשי אילן הגבוהים מן הארץ ג' טפחים אסור להשתמש בהם פחות מכאן מותר להשתמש בהם דכקרקע חשיבי ואם באים מלמעלה ויורדים למטה במקום שגבוהים שלשה אסורים ובמקום שאין גבוהים שלשה מותרים היו גבוהים שלשה וחלל תחתיהם אע"פ שמצד אחד אין חלל תחתיהם והרי הן שוים לארץ אסור לישב אפי' על צד השוה לארץ:

Des sharashei ilan (racines d'arbre) élevées de la terre de trois tefahim (palmes) : il est interdit de s'en servir. Moins que cela, il est permis de s'en servir, car elles sont considérées comme le sol. Et si elles viennent d'en haut et descendent en bas : à l'endroit où elles sont élevées de trois, elles sont interdites, et à l'endroit où elles ne sont pas élevées de trois, elles sont permises. Si elles étaient élevées de trois et qu'il y a un hallal (vide) sous elles : bien que d'un côté il n'y ait pas de hallal sous elles et qu'elles soient égales à la terre, il est interdit de s'asseoir même sur le côté égal à la terre.

מותר לילך על גבי עשבים בין לחים בין יבשים כיון שאינו מתכוין לתלוש אבל האוכלים בגנות אסורים ליטול ידיהם על העשבים שמשקים אותם אע"פ שאינם מכוונים פסיק רישיה הוא אבל מותר להטיל בהם מי רגלים או שאר משקים שאינם מצמיחין: הגה ולכן טוב להחמיר שלא לאכול בגנות אם ישתמש שם מים דבקושי יש ליזהר שלא יפלו שם מים (ב"י בשם סה"ת):

Il est permis de marcher sur des asavim (herbes), qu'elles soient fraîches, qu'elles soient sèches, du moment qu'il n'a pas l'intention d'arracher. Mais ceux qui mangent dans les gannot (jardins) : il leur est interdit de prendre leurs mains sur les asavim, car ils les arrosent ; bien qu'ils n'aient pas l'intention, c'est pesiq reisheih (sa tête est tranchée, c'est-à-dire résultat inévitable). Mais il est permis d'y jeter des mei raglayim (eaux de pieds) ou d'autres liquides qui ne font pas pousser. (Rema : et c'est pourquoi il est bon d'être strict de ne pas manger dans les gannot s'il s'y servira d'eau, car c'est avec peine qu'il y a à se garder que des eaux n'y tombent (Beth Yossef au nom de Sefer ha-Terouma).)

יש ליזהר מלהשליך זרעים במקום ירידת גשמים שסופן להצמיח ואם ישליך לתרנגולים לא ישליך אלא כשיעור שיאכלו בו ביום או ליומים ואם הוא במקום דריסת רגלי אדם מותר שאין סופו לצמוח:

Il y a à se garder de jeter des zera'im (semences) en un lieu de descente de pluies, car leur fin est de pousser. Et s'il jette aux poules, qu'il ne jette que la mesure qu'elles mangeront ce jour-là ou pour deux jours. Et s'il est en un lieu de foulée des pieds de l'homme, c'est permis, car sa fin n'est pas de pousser.

עשבים שעלו על אוזן הכלי מלחות הכלי חשובים כמחוברים לקרקע והתולשן חייב:

Des asavim qui sont montés sur l'oreille du keli (ustensile) de l'humidité du keli : ils sont considérés comme mehoubarim la-qarqa, et celui qui les arrache est hayav (passible).

עשבים שתחבן בעפר מבעוד יום כדי שיהיו לחים מותר לאחוז בעלי' ולהוציאן והו' שלא השרישו וגם צריך שאינו רוצ' בהשרשתן אבל אם נתכוין לזריע' אסו':

Des asavim qu'il a fichés dans la poussière mibe'od yom afin qu'ils soient frais : il est permis de saisir par les feuilles et de les sortir, à condition qu'ils n'aient pas pris racine, et aussi il faut qu'il ne veuille pas leur enracinement. Mais s'il a eu l'intention de zeri'a (semer), c'est interdit.

אסור לתלוש אפילו מעציץ שאינו נקוב:

Il est interdit d'arracher même d'un atsic (pot) qui n'est pas perforé.

עציץ (פי' חצי כד שזורעין שם עשבים. ערוך) אפילו אינו נקוב יש ליזהר מליטלו מעל גבי קרקע ולהניחו על גבי יתדות או איפכא בין שהוא של עץ בין של חרס: הגה יחור של אילן שנפשח מערב שבת מן האילן ובו פירות מותר לתלוש הפירות ממנו בשבת (רבינו ירוחם ני"ב ח' ב' חולין דף קכ"ד):

Un atsic (c'est-à-dire une demi-jarre où l'on sème des herbes. Aroukh), même s'il n'est pas perforé : il y a à se garder de le prendre de dessus le sol et de le poser sur des yatedot (piquets), ou l'inverse, qu'il soit de bois, qu'il soit de heres (terre cuite). (Rema : un yihour (rameau) d'ilan qui s'est fendu erev Chabbat (la veille du Chabbat) de l'ilan, et il y a en lui des fruits : il est permis d'arracher les fruits de lui le Chabbat (Rabbenou Yerouham, netiv 12 heleq 2, Houlin daf 124).)

צנור המקלח מים מן הגג שעלו בו קשים ועשבים שסותמים ומעכבים קילוחו ומימיו יוצאים ומתפשטים בגג ודולפים לבית ממעכן ברגליו בצנעה דכיון דמתקן על ידי שינוי הוא שאינו עושה אלא ברגליו במקום פסידא לא גזרו רבנן:

Un tsinor (gouttière) qui verse des eaux du toit, dans lequel sont montés des pailles et des asavim qui bouchent et retiennent son jet, et ses eaux sortent et s'étendent sur le toit et gouttent dans la maison : il les écrase avec ses pieds bi-tsin'a (en discret), car du moment qu'il répare par un shinoui (changement), qu'il ne fait qu'avec ses pieds, en un lieu de pessida (perte) les Rabbanan n'ont pas décrété.

הדס מחובר מותר להריח בו אבל אתרוג ותפוח וכל דבר הראוי לאכילה אסור להריח בו במחובר שמא יקוץ אותו לאכלו:

Un hadas (myrte) mehoubar : il est permis d'en sentir. Mais un etrog et une tapouah (pomme) et toute chose propre à la consommation : il est interdit d'en sentir en mehoubar, de peur qu'il le coupe pour le manger.

השורה חטים ושעורים וכיוצא בהם במים ה"ז תולדות זורע וחייב בכל שהוא: הגה ומותר להעמיד ענפי אילנות במים בשבת ובלבד שלא יהיו בהם פרחים ושושנים שהם נפתחים מלחלוחית המים (מהרי"ל ועיין לקמן סימן תרנ"ד):

Celui qui fait tremper des hitim (blés) et se'orim (orges) et ce qui leur ressemble dans l'eau : voici c'est toldot zore'a (dérivées de semer), et il est hayav en n'importe quelle quantité. (Rema : et il est permis de tenir des branches d'ilanot dans l'eau le Chabbat, à condition qu'il n'y ait pas en elles de fleurs et de shoshanim (roses) qui s'ouvrent de l'humidité de l'eau (Maharil ; et vois plus loin, siman 654).)

תאנים שיבשו באיביהן וכן אילן שיבשו פירותיו בו התולש מהם בשבת חייב אע"פ שהם כעקורים לענין טומאה:

Des te'enim (figues) qui ont séché sur leur ib (branche), et de même un ilan dont les fruits ont séché en lui : celui qui en arrache le Chabbat est hayav, bien qu'elles soient comme déracinées pour le sujet de toum'a (impureté).

אסור להשתמש בצדדי האילן אבל בצדי צדדין מותר לפיכך אסור לסמוך הסולם לצידי האילן דכי סליק ביה משתמש בצדדין אבל אם יש יתד תקועה בצדי האילן מותר לסמוך סולם עליו דהוי ליה יתד צדדין וסולם צידי צדדין ואם נעץ בו יתד ותולה בו כלכלה היתד נקרא צדדין והכלכלה כצדי צדדין: הגה ומותר ליגע באילן ובלבד שלא ינידנו (ב"י בשם אורחות חיים) בור עמוק אפי' מאה אמה מותר לירד ולעלות ומטפס ויורד ומטפס ועולה ולא חיישינן שמא יעקור קרקע בירידתו ועלייתו: (טור):

Il est interdit de se servir des tsidadin (côtés) de l'ilan, mais en tsidei tsidadin (côtés des côtés) c'est permis. C'est pourquoi il est interdit d'appuyer l'échelle aux côtés de l'ilan : car lorsqu'il y monte, il se sert des tsidadin. Mais s'il y a un yated (piquet) fiché dans les côtés de l'ilan, il est permis d'appuyer une échelle sur lui : car le yated est tsidadin, et l'échelle tsidei tsidadin. Et s'il y a fiché un yated et y suspend une kalkala (corbeille) : le yated s'appelle tsidadin, et la kalkala comme tsidei tsidadin. (Rema : et il est permis de toucher à l'ilan, à condition qu'il ne le fasse pas bouger (Beth Yossef au nom de Orhot Haim). Un bor (puits) profond, même de cent amot (coudées) : il est permis d'y descendre et de monter, et il grimpe et descend et grimpe et monte, et l'on ne craint pas qu'il déracine de la terre en sa descente et sa montée (Tour).)