שולחן ערוך, אורח חיים

Choulhan Aroukh — Orah Haim, siman 559

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · Usages de Tich'a Beav et milah à Tich'a Beav
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On prie à voix basse, on lit Eikha et les qinot assis à terre. Pas de Tahanoun. On circoncit après les qinot. Le ba'al berit porte des habits de Chabbat après les qinot, non des blancs. On ne prépare le repas qu'après midi.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETUsages de Tich'a Beav et milah à Tich'a Beav.
À FAIRENuit
Arvit, Eikha et qinot ; ensuite l’ordre de Qedusha en commençant de Veata qadosh.
À FAIRES’asseoir
Nuit et jour à terre à la synagogue jusqu’à minha. Usage actuel : sur les bancs dès la sortie de shaharit ; qinot allongées jusqu’un peu avant midi.
À FAIRELumière
Une seule lumière la nuit, pour Eikha et les qinot.
À FAIREConsolation
Usage de dire un peu de consolation après les qinot, pour conclure par la consolation.
À FAIREEndeuillé de la ville
Il va à la synagogue la nuit, et le jour jusqu’à la fin des qinot.
À FAIREMilah
Après les qinot (usage ; yesh omrim : après midi). Berakha de milah sans aromates. Si l’accouchée est présente : elle boit la coupe, à condition d’avoir entendu la berakha et de ne pas parler entre-temps ; sinon on fait goûter aux petits.
À ÉVITERTsidqatkha
Si Tich'a Beav tombe à motseï Chabbat : on ne dit pas Tsidqatkha à minha de Chabbat.
À ÉVITERVeyehi noam
Si le jeûne tombe à motseï Chabbat : on ne le dit pas.
À ÉVITERTahanoun, selihot, nefilat apayim
On ne les dit pas : le jour est appelé mo'ed.
À ÉVITERParler ou sortir pendant les qinot
Interdit, afin que le cœur ne s’interrompe pas du deuil ; à plus forte raison s’entretenir avec un non-Juif.
À ÉVITERÉgorger et préparer le repas
Usage : seulement après midi.
OUIBa'al berit
Porte d’autres vêtements, mais non des blancs à proprement parler.
OUIMilah si le jeûne est reculé au dimanche
Le ba'al berit prie minha de jour encore, se lave, et n’achève pas le jeûne : c’est son Yom Tov.
REMAHavdala la nuit dans la tefila comme les autres motseï Chabbat ; oubli : siman 294 seif 3. On prie doucement et en pleurant, comme des endeuillés ; de même pour Eikha. À chaque Eikha on élève davantage la voix. Hashivénou : la communauté le dit à voix haute, le hazan achève, puis communauté et hazan le répètent. Pas de Lamenatseah binguinot ni de Veyiten lekha. On ôte le parokhet de l’arche (« Il a rompu sa parole »). Lecture : Ki tolid banim ; haftara : Yirmeyahou Assof assifem. Qaddishim après Eikha jusqu’à la sortie du lendemain : pas de Titqabel. Pas d’El erekh apayim, ni Lamenatseah, ni Pitoum haqetoret. On n’est pas tenu de changer de place. Ba'alei berit = père, mohel et sandak : habits de Chabbat après les qinot, pas de blancs. On va sur les tombes dès que l’on quitte la synagogue. Un mort à Tich'a Beav : on ne dit pas Tsidouq hadin.
Jour de deuil public appelé mo'ed : Eikha et qinot à terre (bancs après shaharit selon l’usage), une lumière, pas de Tahanoun. Milah après les qinot, sans aromates ; ba'al berit en vêtements autres que blancs. Préparer le repas seulement après midi. Motseï Chabbat : havdala dans la tefila, sans Veyehi noam ; parokhet ôté.

Glossaire

קינות
qinot, élégies de Tich'a Beav
איכה
Eikha, Lamentations
השיבנו
Hashivénou, verset de consolation d'Eikha
סדר קדושה
ordre de Qedusha (Ouva letsion)
ואתה קדוש
Veata qadosh
ויהי נעם
Veyehi noam
צדקתך
Tsidqatkha
תתקבל
Titqabel, passage du qaddish
אל ארך אפים
El erekh apayim
פטום הקטורת
Pitoum haqetoret
סנדק
sandak, qui tient l'enfant à la milah
צדוק הדין
Tsidouq hadin, justification du jugement

חל תשעה באב במוצאי שבת אין אומרים צדקתך במנח' בשבת: הגה ומבדילין בלילה בתפלה כשאר מוצאי שבת (הגהות מרדכי הלכות תשעה באב) ואם שכח מלהבדיל ע"ל סי' רצ"ד סעיף ג' ומתפללים בנחת ודרך בכי כאבלים וכן עושים בקריאת איכה (הגהות מיימוני) ובכל איכה מגביה קולו יותר (מהרי"ל) וכשמגיע החזן לפסוק השיבנו אומרים אותו הקהל בקול רם ואח"כ מסיים החזן וחוזר הקהל ואומר השיבנו בקול רם וכן החזן (הגהות מיימוני):

Si Tich'a Beav tombe à motseï Chabbat, on ne dit pas Tsidqatkha à minha de Chabbat. (Rema : On fait havdala la nuit dans la tefila, comme les autres motseï Chabbat. S'il a oublié de faire havdala, voir plus haut siman 294 seif 3. On prie doucement et en pleurant, comme des endeuillés ; de même on fait pour la lecture d'Eikha. À chaque Eikha, on élève davantage la voix. Quand le hazan arrive au verset Hashivénou, la communauté le dit à voix haute, puis le hazan achève, et la communauté répète Hashivénou à voix haute, et de même le hazan.)

בליל תשעה באב (מתפללים ערבית ואומרים איכה וקינות) (הגהות מיימוני ומהרי"ל) ואומר אחר קינות ואיכה סדר קדושה ומתחיל מואתה קדוש ואם חל במ"ש אין אומרים ויהי נועם: הגה ולא למנצח בנגינות ולא ויתן לך (כל בו) ומסירין הפרוכת מלפני הארון על שם בצע אמרתו (מנהגים):

La nuit de Tich'a Beav, on prie arvit et l'on dit Eikha et les qinot. Après les qinot et Eikha, on dit l'ordre de Qedusha, et l'on commence de Veata qadosh. S'il tombe à motseï Chabbat, on ne dit pas Veyehi noam. (Rema : Ni Lamenatseah binguinot, ni Veyiten lekha. On ôte le parokhet de devant l'arche, d'après « Il a rompu sa parole ».)

ליל תשעה באב ויומו יושבים בבית הכנסת לארץ עד תפלת המנחה: (ועכשיו נהגו לישב על ספסליהם מיד אחר שיצאו מב"ה שחרית ומאריכין עם הקינות עד מעט קודם חצות) ואין מדליקין נרות בלילה כי אם נר אחד לומר לאורו קינות ואיכה:

La nuit de Tich'a Beav et son jour, on s'assoit à la synagogue à terre jusqu'à la tefila de minha. À présent, on a l'usage de s'asseoir sur les bancs dès que l'on sort de la synagogue à shaharit, et l'on allonge les qinot jusqu'un peu avant midi. On n'allume pas de lumières la nuit, sinon une seule lumière pour dire à sa clarté les qinot et Eikha.

אין אומרים תחנון (ולא סליחות) (הגהות אשירי) בת"ב ואין נופלין על פניהם משום דמקרי מועד: הגה וקורין בתורה כי תוליד בנים ומפטירין בירמיה אסף אסיפם וכל הקדישים שאומרי' אחר איכה עד שיוצאים למחר מב"ה אין אומרים תתקבל ואין אומרים אל ארך אפים (טור ומנהגים) ולא למנצח (מנהגים) ולא פטום הקטורת (מרדכי) ואין צריך לשנות מקומו בת"ב:

On ne dit pas Tahanoun ni selihot à Tich'a Beav, et l'on ne tombe pas sur sa face, parce qu'il est appelé mo'ed. (Rema : On lit dans la Torah Ki tolid banim, et l'on fait la haftara dans Yirmeyahou Assof assifem. Tous les qaddishim que l'on dit après Eikha jusqu'à ce que l'on sorte le lendemain de la synagogue, on ne dit pas Titqabel. On ne dit pas El erekh apayim, ni Lamenatseah, ni Pitoum haqetoret. On n'est pas tenu de changer de place à Tich'a Beav.)

בשעת הקינות אסור לספר דבר ולצאת חוץ כדי שלא יפסיק לבו מן האבלות וכל שכן שלא ישיח עם העכו"ם (ונוהגין לומר קצת נחמה אחר הקינות לפסוק בנחמה) (הגהות מיימוני):

Pendant les qinot, il est interdit de parler d'une chose et de sortir dehors, afin que son cœur ne s'interrompe pas du deuil ; à plus forte raison de ne pas s'entretenir avec le non-Juif. On a l'usage de dire un peu de consolation après les qinot, pour conclure par la consolation.

אם יש אבל בעיר הולך בלילה לבית הכנסת וגם ביום עד שיגמרו הקינות:

S'il y a un endeuillé dans la ville, il va la nuit à la synagogue, et aussi le jour jusqu'à ce que l'on ait achevé les qinot.

אם יש תינוק למול מלין אותו אחר שגומרים הקינות ויש ממתינים למולו עד אחר חצות ומברכין ברכת המילה בלא בשמים (והמנהג כסברא ראשונה) ואם היולדת מצויה במקום המילה יברך על הכוס ותשתה ממנו היולדת והוא שתשמע הברכה ולא תפסיק בדברים בין שמיעת הברכה לשתיית הכוס ואם אינה שם יברך על הכוס ויטעים לתינוקות:

S'il y a un enfant à circoncire, on le circoncit après que l'on a achevé les qinot. Il y a qui attendent pour le circoncire jusqu'après midi. On bénit la berakha de la milah sans aromates. L'usage suit le premier avis. Si l'accouchée est présente au lieu de la milah, on bénira sur la coupe et l'accouchée en boira, pourvu qu'elle entende la berakha et n'interrompe pas par des paroles entre l'audition de la berakha et la boisson de la coupe. Si elle n'y est pas, on bénira sur la coupe et l'on fera goûter aux petits.

בעל ברית לובש בגדים אחרים אך לא לבנים ממש: הגה ואבי הבן והמוהל והסנדק כולם נקראים בעלי ברית (ב"י) ומותרים ללבוש בגדי שבת לאחר שגמרו הקינות ובאין למול התינוק אבל לא ילבשו לבנים: (מהרי"ל)

Le ba'al berit porte d'autres vêtements, mais non des blancs à proprement parler. (Rema : Le père de l'enfant, le mohel et le sandak sont tous appelés ba'alei berit. Ils ont le droit de porter des habits de Chabbat après que l'on a achevé les qinot et qu'ils viennent circoncire l'enfant ; mais ils ne porteront pas de blancs.)

ט' באב שחל להיות בשבת ונדחה ליום ראשון בעל ברית מתפלל מנחה בעוד היום גדול ורוחץ ואינו משלם תעניתו לפי שיום טוב שלו הוא:

Tich'a Beav qui tombe un Chabbat et est reculé au dimanche : le ba'al berit prie minha tandis que le jour est encore grand, se lave, et n'accomplit pas son jeûne jusqu'au bout, parce que c'est son Yom Tov.

נוהגים שלא לשחוט ושלא להכין צורכי סעודה עד אחר חצות: הגה והולכין על הקברות מיד שהולכים מבית הכנסת [ב"י בשם תוס'] ואם אירע מת בט' באב אין אומרים צדוק הדין (תשב"ץ):

On a l'usage de ne pas égorger et de ne pas préparer les besoins du repas qu'après midi. (Rema : On va sur les tombes dès que l'on quitte la synagogue. Si un mort survient à Tich'a Beav, on ne dit pas Tsidouq hadin.)