שולחן ערוך, אורח חיים

Choulhan Aroukh — Orah Haim, siman 568

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · Les vœux de jeûne
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Qui a fait vœu de jeûner ce jour-ci et a oublié et mangé accomplit son jeûne. Un jour non fixé, on peut l'emprunter et le rendre. Un jeûne de rêve à Yom Tov exige un jeûne de compensation. Le jour de la mort du père se jeûne le jour de la mort, non de l'enterrement. Qui est en jeûne ne se donnera pas de délices.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETLes vœux de jeûne
À FAIREVœu de « ce jour-ci » et oubli
S’il a oublié et mangé, il accomplit néanmoins son jeûne — de même jeûne de rêve, jeûne public, jour connu (mort du père ou du maître)
À FAIREJour non fixé
Qui a voué dix jours tel jour qu’il voudra peut emprunter et rendre un autre jour (mitsva, honneur d’un grand, souffrance)
À FAIREReculer des jeûnes
Qui a voué tel nombre de jeûnes peut les reculer jusqu’aux jours d’hiver ; emprunter un jour long et rendre un jour court : chaque jour s’appelle un jour
À FAIREJour de la mort du père ou de la mère
On jeûne le jour de la mort, non le jour de l’enterrement
À FAIREAdar embolismique
Le jour de la mort tombant en Adar : on jeûne en Adar II
À FAIREJeûnes de suite et jeûne d’obligation
Le jeûne d’obligation qui survient leur monte
À FAIREVœu d’aller sur les tombes des justes
S’il s’est attardé puis a été embauché pour y aller : cette allée suffit
À ÉVITERDélices pendant le jeûne
Ne pas se donner de délices, ne pas prendre à la légère, ne pas être joyeux et de bon cœur, mais inquiet et en deuil
À ÉVITEREmprunter un jeûne déjà fixé
Acceptation à minha pour « demain », « ce jour-ci » nommé, lundi-jeudi de toute l’année, jeûne de rêve, jeûne public : on n’emprunte pas
OUIVœu d’un jour ou deux, oubli d’un kezayit
Il a perdu le jeûne et doit jeûner un autre jour
OUIJeûne de rêve à Yom Tov, Hol Hamoed, Roch Hodech, Hanouka, Pourim, veille de Kippour
Siéger un jeûne pour son jeûne, comme un jeûne de rêve un Chabbat
OUIYahid à Bavel
Pas de jeûne public à Bavel pour interdire le travail et cesser de manger de jour encore, hors Tich'a Beav ; le yahid qui accepte un jeûne n’est pas suspecté d’avoir accepté un jeûne public — tout lui est permis ; lekhat'hila dire : « Me voici en jeûne de yahid demain »
OUIJour de la mort un Chabbat ou Roch Hodech
On recule au lendemain (Mekhaber)
REMACertains, même pour « ce jour-ci », jeûnent encore un autre jour bien qu’il soit tenu d’accomplir. « Ce jour-ci » nommé, lundis-jeudis de l’année, jeûne de rêve ou public : pas d’emprunt. BH"B / dix jours de techouva + milah : mitsva de manger sur place, sans délier ; un envoi à domicile n’oblige pas à manger ; déjà accepté à minha : jeûner. Rachat par argent si grande souffrance : seulement jeûne ordinaire, pas un vœu. Adar : certains jeûnent au premier ; si le décès fut en Adar II d’une année embolismique, usage au second ; usage courant au premier ; certains jeûnent aux deux. Chabbat / Roch Hodech / jours sans Tahanoun : on n’a pas l’usage de reculer — on ne jeûne pas du tout. Deux jours de suite pour un faible, trois pour un sain, n’égalent quarante jours que s’il s’agit d’affliction de techouva non suivie ; un vœu de quarante jours, ou les quarante jours avant Kippour, s’accomplissent tels quels.
Un jour nommé (ou déjà accepté à minha) s’accomplit ; un jour non fixé s’emprunte et se rend. Oubli d’un kezayit sur un vœu non daté : le jeûne est perdu. Jour de la mort du père, pas de l’enterrement. Qui jeûne ne se donne pas de délices.

Glossaire

לוה ופורע
emprunter et rendre [un jour de jeûne]
כזית
kezayit, volume d'une olive
אונס / oness
contrainte
לכתחילה / lekhathila
a priori
שנה מעוברת
année embolismique
עידונין
délices, confort

נדר להתענות יום זה ושכח ואכל משלים תעניתו והוא הדין אם היה תענית חלום או שהיה תענית צבור או שהיה יום ידוע לו להתענות כיום שמת בו אביו או רבו אבל אם נדר להתענות יום א' או שני ימים וכשהתחיל להתענות שכח ואכל כזית איבד תעניתו וחייב לצום יום אחר (ויש מחמירין דאפי' בנדר להתענות יום זה דחייב להשלים מ"מ מחמירין להתענות יום אחר) (ת"ה סימן קנ"ו):

S'il a fait vœu de jeûner ce jour-ci et a oublié et a mangé, il accomplit son jeûne. Il en va de même s'il s'agissait d'un jeûne de rêve, ou d'un jeûne public, ou d'un jour connu de lui pour jeûner, comme le jour où mourut son père ou son maître. Mais s'il a fait vœu de jeûner un jour ou deux jours, et que quand il a commencé à jeûner il a oublié et a mangé un kezayit, il a perdu son jeûne et est tenu de jeûner un autre jour. Il y a qui sont stricts : même pour un vœu de jeûner ce jour-ci, bien qu'il soit tenu d'accomplir, ils sont néanmoins stricts à jeûner un autre jour.

הנודר לצום עשרה ימים באיזה יום שירצה והיה מתענה ביום אחד מהם והוצרך לדבר מצוה או מפני כבוד אדם גדול (או שמצטער) (טור) הרי זה לוה ופורע יום אחר שהרי לא קבע הימים בתחלת הנדר אבל אם לא קבל עליו קודם לכן להתענות יום אחד אלא במנחה קבל עליו להתענות למחר מקרי תענית זה ואינו יכול ללותו: הגה וכל שכן יום זה ממש כגון שאמר בתחלת נדרו אתענה יום פלוני או אתענה שני וחמישי כל השנה או כדומה לזה (ת"ה סי' רע"ה וכל בו) וכן אם היה תענית חלום אינו יכול ללותו: הגה וכ"ש שאינו יכול ללות לפרוע תענית צבור (ת"ה סי' קנ"ו וכל בו ורבי' ירוחם) מיהו תענית שני וחמישי ושני שנוהגים להתענות אחר פסח וסוכות או אפי' בעשרת ימי תשובה ואירע ברית מילה מצוה לאכול וא"צ התרה כי לא נהגו להתענות בכהאי גונא ודוקא כשאוכלים שם אבל אם שולחים לו לביתו אין לו לאכול ואם קיבל עליו התענית במנחה צריך להתענות (הגהת מיימוני פ"א) יש אומרים שאם מצטער הרבה בתעניתו יכול לפדותו בממון והוא הדין באונס אחר (הרא"ש בשם הראב"ד ור' ירוחם נ"ה ח"א) ונראה דוקא בקיבל עליו תענית בעלמא אבל אם קבלו דרך נדר צריך לקיים נדרו:

Qui a fait vœu de jeûner dix jours, tel jour qu'il voudra, et jeûnait l'un d'eux, et a eu besoin d'une chose de mitsva ou de l'honneur d'un grand homme, ou qu'il souffre : celui-ci emprunte et rend un autre jour, car il n'a pas fixé les jours au début du vœu. Mais s'il n'a pas accepté auparavant de jeûner un jour, seulement à minha il a accepté de jeûner demain, cela s'appelle « ce jeûne » et il ne peut l'emprunter. (Rema : À plus forte raison « ce jour-ci » à proprement parler, par exemple qu'il a dit au début de son vœu : « je jeûnerai tel jour », ou « je jeûnerai lundi et jeudi toute l'année », ou semblable.) De même s'il s'agissait d'un jeûne de rêve, il ne peut l'emprunter. (Rema : À plus forte raison ne peut-il emprunter pour rendre un jeûne public. Toutefois le jeûne du lundi, jeudi et lundi que l'on a l'usage de jeûner après Pessa'h et Soukot, ou même aux dix jours de techouva, et qu'il survient une milah : mitsva de manger, et l'on n'a pas besoin de délier, car on n'a pas pris l'usage de jeûner en tel cas ; et seulement quand on mange là-bas, mais si on lui envoie chez lui, il n'a pas à manger. S'il a accepté le jeûne à minha, il doit jeûner. Il y a qui disent que s'il souffre beaucoup dans son jeûne, il peut le racheter par de l'argent ; il en va de même pour une autre contrainte (oness). Il me semble que c'est seulement s'il a accepté un jeûne ordinaire ; mais s'il l'a accepté en forme de vœu, il doit accomplir son vœu.)

מי שנדר להתענות כך תעניות יכול לדחותם עד ימות החורף (ויכול ללות יום ארוך ולשלם יום קצר דכל א' מקרי יום) (פסקי מהרא"י סי' ס' והגהות מרדכי):

Qui a fait vœu de jeûner tel nombre de jeûnes peut les reculer jusqu'aux jours d'hiver. Il peut emprunter un jour long et rendre un jour court, car chacun s'appelle un jour.

יש מי שאומר ששני ימים ושני לילות רצופים יש להשוותם לארבעים תעניות שאינם רצופים: הגה ויש אומרים דבאדם חלש סגי לו בב' ימים רצופים אבל אדם בריא ג' ימים (הגהות מנהגים בשם מהר"י ברי"ן) ונ"ל דכל זה לא מיירי אלא במי שנתחייב לצום מ' ימים שאינן רצופים מכח תשוב' כדי להצטער ואז משוינן האי צער להאי צער ועל כיוצא בזה נאמרו דינים אלו בדברי האחרונים ז"ל אבל מי שנדר לצום מ' יום צריך לקיים מה שנדר דלא גרע מיום זה דאינו לוה ופורע ואפי' למ"ד אפי' יום זה לוה ופורע הכא מודה דצריך לקיים נדרו כ"ש מ' יום שלפני י"כ שמתענים לזכר עליית משה בהר שמי שקבל עליו שאין להם תשלומין בשני או שלשה ימים רצופים:

Il y a qui dit que deux jours et deux nuits de suite sont à égaler à quarante jeûnes qui ne se suivent pas. (Rema : Il y a qui disent que pour un homme faible, deux jours de suite lui suffisent, mais pour un homme sain, trois jours. Il me semble que tout cela ne parle que de qui s'est obligé à jeûner quarante jours non suivis, au titre de techouva, afin de s'affliger ; alors on égale cette affliction à cette affliction. C'est sur de tels cas que ces dinim ont été dits chez les Derniers. Mais qui a fait vœu de jeûner quarante jours doit accomplir ce qu'il a voué, car cela n'est pas moindre que « ce jour-ci », que l'on n'emprunte ni ne rend. Même pour l'avis qui dit que même « ce jour-ci » on emprunte et rend, ici il convient qu'il doive accomplir son vœu. À plus forte raison les quarante jours avant Yom Kippour que l'on jeûne en souvenir de la montée de Moshe sur la montagne : qui les a acceptés n'a pas de compensation en deux ou trois jours de suite.)

המתענה תענית חלום ביו"ט או בחולו של מועד או בראש חודש או בחנוכה ופורים או בערב יום הכפורים צריך למיתב תעניתא לתעניתיה כדין המתענ' תעני' חלום בשבת (וע"ל סי' רפ"ח סעיף ד'):

Qui jeûne un jeûne de rêve à Yom Tov, ou à Hol Hamoed, ou à Roch Hodech, ou à Hanouka et Pourim, ou la veille de Yom Kippour, doit siéger un jeûne pour son jeûne, comme le din de qui jeûne un jeûne de rêve un Chabbat.

אין תעני' צבור בבבל ליאסר במלאכ' ולהפסיק מבעוד יום אלא תשעה באב בלבד הילכך יחיד שקיבל עליו תענית לא חיישינן שמא תעני' צבור קיבל עליו ומותר בכולן ומכל מקום לכתחילה טוב לו' בשעת קבלת התענית הריני בתעני' יחיד לפניך מחר:

Il n'y a pas de jeûne public à Bavel pour s'interdire le travail et cesser de manger de jour encore, sinon Tich'a Beav seulement. Aussi un yahid qui a accepté sur soi un jeûne, on ne craint pas qu'il ait accepté un jeûne public, et tout lui est permis. Néanmoins, lekhathila (a priori) il est bon de dire au moment de l'acceptation du jeûne : « Me voici en jeûne de yahid devant Toi demain. »

כשאירע יום שמת אביו או אמו באדר והשנה מעובר' יתענה באדר ב': הגה ויש אומרים דיתענה בראשון (מהרי"ל ומהר"י מינץ) אם לא שמת בשנת העיבור באדר שני דאז נוהגים להתענות בשני (ת"ה סי' רצ"ה) וכן המנהג להתענות בראשון מיהו יש מחמירין להתענות בשניהם (פסקי מהר"י בשם מהר"י מולין):

Quand le jour où mourut son père ou sa mère tombe en Adar et que l'année est embolismique, il jeûnera en Adar II. (Rema : Il y a qui disent qu'il jeûnera au premier. Sauf s'il est mort l'année embolismique en Adar II : alors on a l'usage de jeûner au second. Ainsi est l'usage de jeûner au premier. Toutefois il y a qui sont stricts à jeûner aux deux.)

אין צריך להתענות אלא ביום מיתת אביו ולא ביום קבורה:

On n'est tenu de jeûner que le jour de la mort du père, et non le jour de l'enterrement.

אם אירע יום מיתת אביו בשבת או בראש חודש ידחה למחר: הגה ואין נוהגין כן אלא אין מתענין כלל וכן בשאר ימים שאין בהם תחנון:

Si le jour de la mort de son père tombe un Chabbat ou un Roch Hodech, on le recule au lendemain. (Rema : On n'a pas cet usage : on ne jeûne pas du tout. De même aux autres jours où il n'y a pas de Tahanoun.)

הנודר לילך על קברי צדיקים שבמקום פלוני ונתעכב ימים רבים ואחר כך אירע שהשכירוהו ללכת שם די בהליכה זו:

Qui a fait vœu d'aller sur les tombes des justes en tel lieu, et s'est attardé de nombreux jours, et ensuite il est advenu qu'on l'a embauché pour y aller : cette allée suffit.

הנודר לצום סכום ימים רצופים ואירע בהם תעני' חובה עולין לו:

Qui a fait vœu de jeûner un nombre de jours de suite, et qu'il y survient un jeûne d'obligation, ils lui montent.

כל השרוי בתעני' בין שהיה מתענה על צרתו או על חלומו בין שהי' מתענ' עם הציבור על צרתם הרי זה לא ינהג עידונין בעצמו ולא יקל ראשו ולא יהי' שמח וטוב לב אלא דואג ואונן כענין שנא' מה יתאונן אדם חי:

Quiconque est en jeûne, qu'il jeûne pour sa détresse ou pour son rêve, ou qu'il jeûne avec le tsibbour pour leur détresse, celui-ci ne se donnera pas de délices, ne prendra pas à la légère, ne sera pas joyeux et de bon cœur, mais inquiet et en deuil, selon qu'il est dit : מה יתאונן אדם חי.