שולחן ערוך, אורח חיים

Choulhan Aroukh — Orah Haim, siman 618

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · Statut du malade à Yom Kippour
En bref - de quoi parle ce chiour ?

On écoute le malade ou le médecin selon les cas ; on nourrit par petites quantités sous la mesure ; boulimos ; yaalé veyavo au birkat hamazon.

SUJETStatut du malade à Yom Kippour
À FAIREParole du médecin
médecin compétent, même non-Juif : s’il dit que le mal pourra s’aggraver et qu’il sera en danger, on nourrit sur sa parole ; à plus forte raison s’il mourrait ; même si le malade dit qu’il n’a pas besoin
À FAIREParole du malade
s’il dit « j’ai besoin », même cent médecins disent qu’il n’a pas besoin, on écoute le malade
À FAIREUn contre un
un médecin dit « il a besoin » et un dit « il n’a pas besoin » : on le nourrit
À FAIREPeu à peu
afin que cela ne se cumule pas jusqu’à la mesure : environ les deux tiers d’un œuf moyen, attendre le temps d’une consommation de quatre œufs ; boisson : moins qu’une pleine gorgée mesurée sur le malade, attendre le temps d’une consommation de quatre œufs, à tout le moins le temps de boire un réviit
À FAIREBoulimos
yeux ternes et il ne peut voir : on le nourrit jusqu’à ce que ses yeux s’éclairent ; s’il n’y a pas d’aliment permis, aliment interdit ; s’il y a deux interdits, d’abord le plus léger
OUIMesures insuffisantes ou doute
si l’on estime que ces mesures ne suffisent pas, ou que le malade le dit, ou que l’on est dans le doute : on le nourrit et on l’abreuve selon tout son besoin, aussitôt
NONMédecin qui ne reconnaît pas la maladie
comme un homme ordinaire : ses paroles n’élèvent ni n’abaissent
REMADeux contre deux : on nourrit, même si certains sont plus compétents. Deux disent besoin : on nourrit, même contre cent et contre le malade. Malade + un médecin « besoin » contre cent : on nourrit ; on ne craint pas qu’il le dise seulement parce qu’il croit ce médecin. Malade + un médecin « pas besoin » contre un médecin « besoin », ou malade silencieux + un besoin contre deux pas besoin : on ne nourrit pas. Malade « pas besoin » et médecin dans le doute : on nourrit. Médecin « pas besoin » et malade « je ne sais pas » : on ne nourrit pas. Si la plupart des gens voient qu’il est en danger s’il ne mange pas : on nourrit.
REMAViande : s’il a besoin de viande et qu’il y a une bête à égorger et de la viande de nevela toute prête, voir siman 328 seif 14. Malade qui a mangé et dont l’esprit s’est remis au point de bénir : yaalé veyavo dans בונה ירושלים.
On penche vers nourrir dès qu’un avis fiable de danger existe, surtout si le malade dit « j’ai besoin ». On donne d’abord moins que la mesure, par portions espacées ; si ce n’est pas assez, on donne tout le besoin aussitôt. Le boulimos se soigne jusqu’à ce que les yeux s’éclairent, même avec un aliment interdit.

Glossaire

boulimos
malaise de famine aiguë, avec assombrissement de la vue
nevela
bête morte sans shehita valide
yaalé veyavo
passage liturgique inséré aux jours saints dans le birkat hamazon
birkat hamazon
bénédiction après le repas
pessot mikshiour
moins que la mesure engageant le karet

חולה שצריך לאכול אם יש שם רופא בקי אפי' הוא עכו"ם שאומר אם לא יאכילו אותו אפשר שיכבד עליו החולי ויסתכן מאכילין אותו על פיו ואין צריך לומר שמא ימות אפי' אם החולה אומר אינו צריך שומעים לרופא ואם החולה אומר צריך אני אפילו מאה רופאים אומרים אינו צריך שומעים לחולה:

Un malade qui a besoin de manger : s’il y a là un médecin compétent, même non-Juif, qui dit que si on ne le nourrit pas le mal pourra s’aggraver et qu’il sera en danger, on le nourrit sur sa parole. Il n’est pas besoin de dire : au cas où il mourrait. Même si le malade dit qu’il n’a pas besoin, on écoute le médecin. Si le malade dit « j’ai besoin », même cent médecins disent qu’il n’a pas besoin, on écoute le malade.

רופא אחד אומר צריך ורופא אחד אומר אינו צריך מאכילין אותו: הגה והוא הדין לשנים נגד שנים ואפילו קצתן יותר בקיאים מקצתן כנ"ל:

Un médecin dit « il a besoin » et un médecin dit « il n’a pas besoin » : on le nourrit. (Rema : Il en va de même pour deux contre deux, même si certains sont plus compétents que d’autres.)

אם החולה ורופא אחד עמו אומרים שאינו צריך ורופא (אחר) אומר צריך או שהחולה אינו אומר כלום ורופא אחד אומר צריך ושנים אומרים אינו צריך אין מאכילין אותו:

Si le malade et un médecin avec lui disent qu’il n’a pas besoin, et qu’un autre médecin dit qu’il a besoin, ou que le malade ne dit rien, qu’un médecin dit qu’il a besoin et que deux disent qu’il n’a pas besoin : on ne le nourrit pas.

אם שנים אומרים צריך אפי' מאה אומרים אינו צריך ואפי' החולה אומר עמהם שאינו צריך מאכילים אותו מאחר ששנים אומרים צריך: הגה וה"ה אם החולה ורופא א' עמו אומרים צריך אע"פ שמאה רופאים אומרים אינו צריך מאכילין אותו (טור) ולא חיישינן דהחולה אומר צריך משום דמאמין לרופא זה שאומר צריך: (ב"י בשם מהרי"א):

Si deux disent qu’il a besoin, même cent disent qu’il n’a pas besoin, et même si le malade dit avec eux qu’il n’a pas besoin, on le nourrit, puisque deux disent qu’il a besoin. (Rema : Il en va de même si le malade et un médecin avec lui disent qu’il a besoin, bien que cent médecins disent qu’il n’a pas besoin : on le nourrit. On ne craint pas que le malade dise « j’ai besoin » seulement parce qu’il croit ce médecin qui dit qu’il a besoin.)

אם החולה אומר אינו צריך והרופא מסופק מאכילין אותו אבל אם הרופא אומר אינו צריך והחולה אומר איני יודע אין מאכילין אותו:

Si le malade dit qu’il n’a pas besoin et que le médecin est dans le doute, on le nourrit. Mais si le médecin dit qu’il n’a pas besoin et que le malade dit « je ne sais pas », on ne le nourrit pas.

אם הרופא אומר שאינו מכיר החולי הרי הוא כאדם דעלמא ואין דבריו מעלין ולא מורידין: הגה מיהו אם נחלש הרבה עד שנראה לרוב בני אדם שאצלו שהוא מסוכן אם לא יאכל מאכילין אותו (א"ו הארוך):

Si le médecin dit qu’il ne reconnaît pas la maladie, il est comme un homme ordinaire, et ses paroles n’élèvent ni n’abaissent. (Rema : Toutefois, s’il s’est beaucoup affaibli au point que la plupart des gens auprès de lui voient qu’il est en danger s’il ne mange pas, on le nourrit.)

כשמאכילין את העוברות או את החולה מאכילין אותם מעט מעט כדי שלא יצטרף לשיעור הילכך מאכילין אותו כשני שלישי ביצה בינונית וישהו כדי אכילת ארבעה ביצים והשתיה יבדקו בחולה עצמו כמה היא כדי שיסלקנו לצד אחד ויראה כמלא לוגמיו:

Quand on nourrit les femmes enceintes ou le malade, on les nourrit peu à peu afin que cela ne se cumule pas jusqu’à la mesure. Aussi on lui donne environ les deux tiers d’un œuf moyen, et l’on attend le temps d’une consommation de quatre œufs. Pour la boisson, on vérifie sur le malade lui-même quelle quantité il faut pour la pousser d’un côté et qu’elle paraisse une pleine gorgée.

וישקוהו פחות מאותו שיעור וישהו בין שתיה לשתיה כדי אכילת ארבעה ביצים ולפחו' ישהו בין שתיה לשתיה כדי שיעור שתיית רביעית ואם אמדוהו שאין השיעורים הללו מספיקים לו או שהחולה אומר כן או שנסתפקו בדבר מאכילים ומשקים אותו כל צרכו (מיד):

On lui fera boire moins que cette mesure, et l’on attendra d’une boisson à l’autre le temps d’une consommation de quatre œufs ; à tout le moins, on attendra d’une boisson à l’autre le temps de boire un réviit. Si l’on a estimé que ces mesures ne lui suffisent pas, ou que le malade le dit, ou que l’on est dans le doute, on le nourrit et on l’abreuve selon tout son besoin, aussitôt.

מי שאחזו בולמוס והוא חולי שבא מחמת רעבון וסימנו שעיניו כהות ואינו יכול לראות מאכילין אותו עד שיאירו עיניו ואם אין שם מאכל של היתר מאכילין אותו מאכל איסור ואם יש כאן שני מיני איסורים אחד חמור מחבירו מאכילין אותו הקל תחלה: הגה אם צריך לבשר ויש כאן בהמה שצריכין לשוחטה ובשר נבילה מוכנת ע' לעיל סי' שכ"ח סעיף י"ד:

Celui qu’a saisi le boulimos, mal qui vient de la faim, et dont le signe est que ses yeux sont ternes et qu’il ne peut voir : on le nourrit jusqu’à ce que ses yeux s’éclairent. S’il n’y a pas là d’aliment permis, on le nourrit d’un aliment interdit. S’il y a là deux sortes d’interdits, l’un plus grave que l’autre, on le nourrit d’abord du plus léger. (Rema : S’il a besoin de viande et qu’il y a là une bête qu’il faudrait égorger et de la viande de nevela toute prête, voir plus haut siman 328 seif 14.)

חולה שאכל ביום הכפורים ונתיישב דעתו בענין שיכול לברך צריך להזכיר של יום הכפורים בברכת המזון שאומר יעלה ויבא בבונה ירושלים:

Un malade qui a mangé à Yom Kippour et dont l’esprit s’est remis au point qu’il peut bénir doit mentionner Yom Kippour dans le birkat hamazon : il dit yaalé veyavo dans בונה ירושלים.