שולחן ערוך, אורח חיים

Choulhan Aroukh — Orah Haim, siman 649

Rabbi Yossef Karo · Rema : Rabbi Moche Isserles · Défauts communs aux quatre espèces
En bref - de quoi parle ce chiour ?

Vol, prêt, idolâtrie, défauts de forme : ce qui est pasoul le premier jour seulement, ce qui l’est tous les sept jours, et la conduite dans la détresse.

Attention : ceci n’est pas la halakha. C’est seulement une synthèse des points de cette page. La halakha est donnée par les rabanim.

SUJETDéfauts communs aux quatre espèces
À FAIREAcquisition
Qu'un non-juif coupe de la terre et qu'on l'achète de lui (Rema).
À FAIREBénédiction sur les espèces d'autrui
Le 2ème jour, bénir sur celles du prochain avec son accord s'il nous manque du casher (Rema).
À FAIREDétresse
Prendre les pasouls sans berakha si l'on ne trouve rien de casher (le Rema tolère avec berakha pour un loulav ou hadas sec).
À ÉVITERCouper soi-même
Un Israélite ne doit pas couper d'un sol non-juif, pour éviter un vol (Rema).
À ÉVITEREtrog rongé
Ne pas le prendre à cause du dégoût, même les autres jours.
À ÉVITERMorceau d'etrog
Ne pas couper un etrog en morceaux pour s'en acquitter, même en détresse (Rema).
OUIDéfauts ou manques
Le manque (ex: pitma ôtée) est pasoul le 1er jour, mais casher à partir du lendemain.
OUILoulav d'autrui
L'emprunté est invalide le 1er jour (il faut "le vôtre"), mais valide les autres jours, même pris à l'insu de l'ami (Rema).
NONVol ou idolâtrie
Le volé/dérobé est invalide. Les espèces issues d'une ashera d'Israélite sont pasoules.
NONAltérations graves
Un végétal sec, marbré ou avec une dartre (Rema) est pasoul tous les sept jours.
REMALe volé et la dartre rendent pasoul les sept jours. L'emprunté est permis dès le deuxième jour. En grande détresse, la berakha est permise sur loulav/hadas secs, mais l'etrog coupé reste invalide.
Le premier jour de la fête exige la stricte propriété des espèces et l'absence totale de vol. Les jours suivants sont plus indulgents sur la propriété ou certains défauts mineurs (manques). Toutefois, les tares majeures (sec, marbré, idolâtrie) rendent les espèces inaptes pour toute la semaine.

Glossaire

yéouch
désespoir du propriétaire, qui fait perdre l’espoir de récupérer l’objet volé
lakhem
« le vôtre » : le premier jour l’espèce doit vous appartenir
ir hanidahat
ville vouée à l’interdit pour idolâtrie
ashera
arbre voué au culte idolâtre
shinoui maassé
changement d’acte qui fait acquérir l’objet volé

כל ארבעה המינים פסולים בגזול ובגנוב בין לפני יאוש בין לאחר יאוש אבל גזול וקנאו בלא סיוע המצוה כגון גזל לולב ושיפהו כשר דקנייה בשינוי מעשה ומיהו לא יברך עליו ויש מי שאומר דלא נפסל גזול וגנוב אלא לגנב ולגזלן עצמו אבל לאחרי' כשר בשאר הימי' חוץ מיום ראשון: הגה ומשום זה יש ליזהר שלא יקצץ הישראל בעצמו אחד מארבעה המינים שבלולב לצורך לולבו דקרקע אינה נגזלת וסתם עכו"ם גוזלי קרקע הם ויבא בגזילה לידו אלא יקצצנו עכו"ם ויקנה מהם [תשובת הרשב"א סי' תתנ"ב הגהות אשירי ס"פ לולב הגזול] ואין חילוק בזה בין א"י או חוצה לארץ [אור זרוע]. לולב שאגדו עכו"ם ועשאו כשר כמו סוכת עכו"ם [מרדכי הלכות קטנות]:

Les quatre espèces sont pasoules si elles sont volées ou dérobées, avant le désespoir du propriétaire comme après. Mais un objet volé que l’on a acquis sans le concours de la mitsva — par exemple on a volé un loulav et on l’a raboté — est casher, car on l’acquiert par un changement d’acte ; toutefois on ne bénira pas dessus. Certains disent que le volé et le dérobé ne sont pasouls que pour le voleur et le ravisseur eux-mêmes, mais pour autrui ils sont casher les autres jours, hors le premier jour. « (Rema : » Pour cette raison, il faut prendre garde qu’un Israélite ne coupe pas lui-même l’une des quatre espèces du loulav pour son loulav, car le sol n’est pas susceptible d’être volé et les non-juifs sont présumés ravisseurs de terres : l’espèce lui arriverait par vol. Qu’un non-juif la coupe et qu’il l’achète d’eux. Il n’y a pas de différence en cela entre la terre d’Israël et l’extérieur. Un loulav qu’un non-juif a lié et confectionné est casher, comme une souka de non-juif.)

וכן שאול ביום ראשון משום דבעינן לכם: הגה והמודר הנאה מלולבו של חבירו או מלולבו של עצמו אינו יוצא בו ביום א' דלא הוי שלכם (תשובת רשב"א סימן תשמ"ו ותשמ"ז):

De même l’emprunté, le premier jour, car il faut « le vôtre ». « (Rema : » Celui qui a fait vœu de ne tirer aucun profit du loulav de son prochain, ou de son propre loulav, ne s’acquitte pas avec le premier jour, car ce n’est pas « le vôtre ».)

וכן של עיר הנדחת ושל אשרה של ישראל פסול אבל של עכו"ם לכתחל' לא יטול ואם נטל יצא מיום ראשון ואילך דלא בעינן לכם: הגה ודוקא שלא נתכוין לזכות בו אבל אם נתכוין לזכות בו הוי ליה של ישראל דאינו יוצא בו ודוקא קודם שנתבטל אבל אם נתבטל ביד עכו"ם אפי' מכוין לזכות בו אח"כ יוצא בדיעבד [רבינו ירוחם נ"ח ח"ג ור"ן] ועיין לעיל סי' תקפ"ו:

De même celui d’une ville vouée à l’interdit et celui d’une ashera d’Israélite sont pasouls. Mais celui d’un non-juif, lekhathila (a priori) on ne le prendra pas ; si on l’a pris, on s’est acquitté à partir du lendemain du premier jour, car on n’exige plus « le vôtre ». « (Rema : » Seulement s’il n’a pas eu l’intention d’en acquérir la propriété ; s’il a eu l’intention de l’acquérir, il devient d’un Israélite et l’on ne s’acquitte pas avec. Cela seulement avant qu’il n’ait été annulé ; s’il a été annulé entre les mains du non-juif, même s’il a ensuite l’intention de l’acquérir, on s’acquitte bediavad (après coup). Voir plus haut siman 586.)

גנות הצעירים וכיוצא בהם מבתי שמשיהם מותר ליטול משם לולב או שאר מינים למצוה [ואפי' האילן נטוע לפני ע"א כל זמן שאין עובדין האילן] [רבינו ירוחם נ"ח ח"ג]:

Les jardins des officiants du culte et leurs pareils, attachés aux maisons de leurs bedeaux : il est permis d’y prendre un loulav ou les autres espèces pour la mitsva, même si l’arbre est planté devant une idole, tant qu’on ne sert pas l’arbre.

כל אלו שאמרנו שהם פסולים מפני מומין שביארנו או מפני גזל וגניבה ביום טוב הראשון בלבד אבל בשאר ימים הכל כשר: הגה ויש פוסלין בגזול כל ז' ימים והכי נהוג אבל שאול יוצא בו [טור והמגיד בשם פוסקים] ומותר ליטול לולב של חבירו בלא דעת חבירו בשאר ימים דניחא ליה לאינש למיעבד מצוה בממוניה והוי כשאול [תה"ד סי' ק' ופסקיו סי' קנ"ט] וחסר כשר בשאר ימים [טור] וניטל פטמתו או עוקצו דינו כחסר וכשר מיום ראשון ואילך [רבינו ירוחם נ"ח ח"ג] מיהו אם נקבוהו עכברים לא יטלנו אף שאר הימים משום מאוס [כל בו] עד שיסיר ניקור העכברים אבל אם היה יבש או מנומר שפסול כל שבעת ימים אף אם חתך היבשות או הנמור פסול כל שבעה הואיל ובא מכח פסול (הגהות אשירי פ"ק לולב הגזול) ומותר לכתחלה להתנות על אתרוג שיהיה כולו ליום ראשון ושאינו בודל ממנו כל בין השמשות של ליל שני ואילך ומותר אז לכתחלה לאכול ממנו מיום שני ואילך ולצאת ידי מצוה עם הנשאר (ב"י בשם הרא"ש) אלא שאין אנו בקיאין בתנאים כדלעיל בס"ס תרל"ח בהג"ה. והפיסול שהוא משום עבודת אלילים או מפני שאותו אתרוג אסור באכילה או מפני שאינם מינם או שהם חסרים השיעור בין ביום טוב ראשון בין בשאר ימים פסול (וחזזית פוסלת כל שבעת הימים) (רבינו ירוחם נ"ח ח"ג ור"ן פרק לולב הגזול) והעושים שני ימים טובים פסולי ראשון נוטלין בשני אבל ברוכי לא מברכינן (ואם יש לחבירו לולב ואתרוג כשר יברך על של חבירו מדעתו) (ד"ע):

Tous ceux dont nous avons dit qu’ils sont pasouls à cause des défauts exposés, ou à cause du vol et du larcin, ne le sont que le premier Yom Tov ; les autres jours, tout est casher. (« Rema : » Certains déclarent pasoul le volé tous les sept jours, et c’est ainsi que l’on pratique ; mais avec l’emprunté on s’acquitte. Il est permis de prendre le loulav de son prochain à son insu les autres jours, car il plaît à l’homme que l’on fasse une mitsva avec son bien, et c’est comme emprunté. Ce qui manque est casher les autres jours. Celui dont on a ôté la pitma ou le pédoncule a le statut de ce qui manque, et il est pasoul le premier jour et casher à partir du lendemain. Toutefois, si des souris l’ont rongé, on ne le prendra pas même les autres jours, à cause du dégoût, jusqu’à ce que l’on ôte le rongé des souris. Mais s’il était sec ou marbré, ce qui est pasoul tous les sept jours, même si l’on a coupé le sec ou le marbré, il est pasoul tous les sept, puisqu’il vient d’un statut pasoul. Il est permis lekhathila de stipuler sur un etrog qu’il soit tout entier pour le premier jour et que l’on ne s’en retire pas tout le crépuscule de la seconde nuit et au-delà ; il est alors permis lekhathila d’en manger du second jour et au-delà et de s’acquitter de la mitsva avec le reste. Seulement nous ne sommes pas experts en conditions, comme plus haut à la fin du siman 638 dans le Rema.) Le défaut dû au culte des idoles, ou parce que cet etrog est interdit à la consommation, ou parce qu’ils ne sont pas de leur espèce, ou parce qu’ils n’ont pas la mesure, est pasoul le premier Yom Tov comme les autres jours. (« Rema : » La dartre rend pasoul tous les sept jours.) Ceux qui font deux jours de Yom Tov prennent le second jour les pasouls du premier, mais on ne bénit pas. (« Rema : » S’il a un prochain qui a un loulav et un etrog casher, il bénira sur ceux du prochain avec son accord.)

בשעת הדחק שאין נמצא כשר כל הפסולין נוטלים ואין מברכין: הגה ויש מכשירין לולב יבש אפי' לברך עליו (רמב"ם פ"ח והמגיד) וכן נוהגין לברך על לולבין יבשים אפי' בדאיכא אחרים לחין (אגור) אבל בשאר מינים אין לנהוג הכי ויש מקילין אפי' בהדס יבש (הגהות מיימוני ומרדכי) ויש לסמוך עלייהו בשעת הדחק ואע"ג דחסר כשר בשאר ימים אין לחתוך אתרוג לב' או לג' חלקים ולחלקו ולצאת בו אפילו בשעת הדחק דדוקא חסר ונשאר העיקר קיים כשר אבל כי האי גוונא מיקרי חתיכת אתרוג ולא אתרוג (ר"ן ופסקי מהרא"י סי' נ"ב) וכל זה לענין לברך עליו אבל בלא ברכה יכול ליטול כל הפסולין ולא לברך עליהם (טור):

Dans la détresse, quand on ne trouve rien de casher, on prend tous les pasouls et l’on ne bénit pas. « (Rema : » Certains déclarent casher un loulav sec même pour bénir dessus. C’est ainsi que l’on pratique de bénir sur des loulavim secs, même s’il y en a d’autres frais. Mais pour les autres espèces on ne fera pas ainsi. Certains sont indulgents même pour un hadas sec ; on peut s’appuyer sur eux dans la détresse. Bien que ce qui manque soit casher les autres jours, on ne coupera pas un etrog en deux ou trois morceaux pour le partager et s’en acquitter, même dans la détresse : seulement ce qui manque et dont le principal subsiste est casher ; mais un tel cas s’appelle morceau d’etrog et non etrog. Tout cela pour bénir dessus ; mais sans berakha on peut prendre tous les pasouls et ne pas bénir dessus.)